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mardi 16 juin 2015

Pourquoi ?


Tous les jours, on travaille, on s'occupe des enfants, il y a la cuisine, les courses le ménage, le jardin parfois, le chien qui attend son moment, lui aussi, les routines les exceptions les sorties, le film du vendredi soir, les vacances parfois et voilà la vie de privilégié de petit bourgeois du 21 ème siècle que nous sommes... Et après ?

Des fois, quand j'explique l'histoire à mes enfants, on parle de napoléon, la révolution, les famines, les rois, les guerres, les idées nouvelles et je ne peux pas m'empêcher de penser que cette révolution est venue des bourgeois. Voulaient t-ils simplement prendre la place des puissants ? Voulaient-ils partager le pouvoir ?. Avant tout, ils questionnaient, ils espéraient, mais quoi ?

Et nous, qu'espérons nous ?

Tous les jours je vois défiler mes petits patients, des familles touchées par les difficultés, le problème si angoissant d'un enfant qui n'arrive plus à apprendre, tous les jours je vis une vie étrange où tout est si banal et si absurde à la fois. Et je regarde ma propre obstination à suivre un mouvement toujours si incroyable, et je pense, je questionne en silence...

Tant de questions...

Pourquoi la télévisions qui prend la place du temps de famille ?
Pourquoi la famille si on fuit l'être ensemble ?
Pourquoi des enfants si on les envoie se faire éduquer par les autres ?
Pourquoi l'école s'appelle t-elle « éducation » et non « instruction »  ?
Pourquoi les colonies de vacances qui prolongent le temps loin des parents ?
Pourquoi le travail s'il détruit l'individu ?
Pourquoi assoir une organisation des idées politiques en « partis politiques » s'ils portent les germes d'un antagonisme à la démocratie ?
Pourquoi la France si nos lois sont Européennes ?
Pourquoi parler de démocratie si on prône la gouvernance ?
Pourquoi la démocratie si les peuples rêvent encore des rois ?
Pourquoi plus d'argent quand notre assiette est déjà pleine ?
Pourquoi acheter encore le bonheur vendu à la télé s'il était mensonger la fois d'avant ?
Pourquoi mettre des pesticides sur ce que l'on mange, si le « cide » veut dire tuer ?
Pourquoi rajouter de la chimie est moins cher que de ne rien mettre ?
Pourquoi continuer ainsi si nos enfants en sont malades ?
Pourquoi les vieux sont-ils parqués ensemble ?
Pourquoi est-il si difficile pour un groupe, une société, de changer autrement que par un choc, alors que chaque individu voudrait sûrement éviter le choc ?
Pourquoi ceux qui meurent de solitude devant des écrans ne rejoignent-ils pas ceux qui croulent sous les tâches les empêchant même d'avoir encore le temps de penser ?
Pourquoi mesurons nous l'intelligence animale sur ce qui est valorisé par les humains ?
Pourquoi nous pensons nous une espèce intelligente si on n'a jamais autant détruit ?
Pourquoi appelons nous certaines espèces nuisibles parce qu’elles nous dérangent et pas la notre nuisible de détruire toutes les autres ?
Pourquoi nous interrogeons nous plus sur comment nous pourrions communiquer avec des extra-terrestre alors que nous ne sommes pas capables de communiquer avec les autres animaux de la planète ?
Pourquoi craindre des planètes belliqueuses si nous ne craignons pas de haïr nous même le peuple voisin ?
Pourquoi basons nous l'enseignement à nos enfants sur un système de comparaison et de compétition entre eux alors que leur survie dépendra de leur capacité à coopérer et vivre ensemble ?
Pourquoi croire en une religion si on sait que celle à laquelle on croira ne dépendra que de notre siècle et du lieu de notre naissance ?
Pourquoi se sentir différent d'un autre humain sur un critère de teinte de la peau et pas sur la teinte de ses cheveux ou sur la forme de son oreille ?
Pourquoi pensons nous que notre paradigme de l'univers est intéressant alors que nous savons que nous n'en avons compris que 5 % ?
Pourquoi y a t-il 75 % de la matière que nous ne comprenons pas dans l'univers alors qu'on observe les effets gravitationnels de la matière noire ?
Pourquoi comprendre l'énergie noire n'est-elle pas la plus grande quête de l'humanité ?
Pourquoi quand on cherche à comprendre les troubles cognitifs d'un enfant, quand on prétend mesurer son attention on mesure sa vitesse ?
Pourquoi si les microtubules produisent des phénomènes quantiques, les phénomènes quantiques ne compteraient-ils pas dans la conscience ?
Pourquoi sépare t-on la psychologie des phénomènes biologiques liés à l'état du corps alors qu'elle ne flotte manifestement pas à côté du cerveau ?
Pourquoi ne s'affole t-on pas de la disparition des abeilles si elles nous fournissent l'indispensable pollinisation de ce que nous mangeons tous les jours ?
Pourquoi mangeons nous tant de viande si nous savons que cet excès nuit à notre corps et que cela nuira à nos enfants?
Pourquoi serait-il cruel de manger un chaton et délicieux de manger un agneau ?
Pourquoi écoutons-nous des médias achetés par des personnes qui ont des intérêts opposés aux nôtres puisque nous le savons?
Pourquoi les phénomènes de foule seraient-ils finalement moins que la somme de leurs parties ?
Pourquoi séparer le quantique du classique, si l'observable n'est que la moyenne du quantique ?
Pourquoi la différence est-elle toujours si inquiétante ?
Pourquoi tous ces pourquois qui m'étouffent ?

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Edit du matin sur l'atavisme...

Ce matin,le Chum est partit de bonne heure, les grandes sont en voyage scolaire, je suis donc seule avec le Titi.
Mon petit garçon débarque dans ma chambre et avant même le bonjour du matin, avant que mon pied ne se pose par terre, la première question de la journée fuse dans l''air, il s'était précipité pour me la poser au réveil, probablement qu'elle l'a tenue une bonne partie de la nuit...
- "Maman.... Est ce que les noyaux des fruits sont vivants ?"
- Je réponds en me levant sur la différence entre un "être" vivant et une "cellule" vivante... Avant de dire bonjour avec un grand sourire à mon petit soleil.
- Nous nous retrouvons au petit déjeuner et je le vois, bien pensif... Je sais que les questions suivantes vont tomber...
Et bien sûr...
- "Les requins, est ce qu'ils respirent dans l'air comme les dauphins ?"
- "L'orque, c'est un dauphin ou une baleine ?"
- " Le carbone, il peut s'attacher à combien d'autres "choses" ?"
- " Tu crois que la maîtresse elle va aimer mon cadeau ? (il a décidé de lui sculpter dans un bout de bois un cadeau de fin d'année, un porte clé, ça fait plusieurs soirs qu'il le lime après ses devoirs mais il sait que d'autres ont "acheté" un petit truc et il a peur de la comparaison).


jeudi 3 mars 2011

Pour bien vieillir, soyez heureux

Depuis plusieurs années, les scientifiques accumulent les indices liant les dépressions avec un risque accru d'avoir une démence en vieillissant, ou des troubles cognitifs modérés.

On avait d'abord observé que les personnes qui vivent très âgées en "bonne santé" ont un caractère plus gai en moyenne. Ensuite on a soupçonné que la dépression récurrente puisse abimer le cerveau.
Maintenant un article dans un grand journal scientifique* montre une corrélation entre le nombre d'épisodes dépressifs dans la vie et l'apparition d'une démence (essentiellement Alzheimer).

Je suis assez sûre que cela va faire le bonheur de l'industrie pharmaceutique produisant des anti-dépresseurs.
Cependant la société pourrait se poser la question du bonheur avant que d'autres y répondent à sa place !

Un bon conseil, vous vous préoccupez de la santé de vos proches vieillissant ?...
Alors, faites les rire, faites leur sentir qu'ils sont utiles, rendez les heureux !

Et puis, apprenez à vos enfants à voir le bon côté des choses, à évaluer positivement leur vie.
C'est valable pour tous d'ailleurs, qu'y a t-il de mieux qu'une vie remplie de rires ?

Bon, mais si je conclue maintenant je vais vous entendre râler.
Mouais bon elle est drôle celle là et comment qu'on fait pour faire rire les vieux et les moins vieux, hein?
OK, OK, quelques idées d'une grande finesse...
- Leur brancher internet et les laisser découvrir les requêtes les plus demandées du net... (hum)
- Leur confier les petits enfants quelques jours (si ça ne les rends pas heureux ça repose toujours les parents, ah ah ah).
- Les faire parler d'eux même, voir avec eux ce qu'ils pourraient faire d'intéressant, à quoi ils pourraient participer si ce n'est pas déjà le cas.
- Et puis, que chacun sorte ses ressources, posons nous tous la question : qu'est ce qui nous rends heureux? (Nb pour mon Chum, moi c'est un séjours au soleil, un hamac avec un bon bouquin et un beau mec qui me fait des papouilles... on peut toujours essayer non? ;-D)

* Dotson VM. & coll. Recurrent depressive symptoms and the incidence of dementia and mild cognitive impairment. Neurology. 2010 Jul 6;75(1):27-34.

jeudi 24 février 2011

Un hôte indésirable

Je vais faire une pause. Disons que je décrète les vacances avec 1 jour d'avance.
Nous avons ramené du Tour du monde probablement un hôte intestinal indésirable. Mais aucun des traitements "classiques" français ne nous en a débarassé, aucune analyse "classique" ne l'a décelé, ça fait 6 fois qu'on se traite à l'aveugle, à chaque fois, ça revient 2-3 semaines après la fin du traitement.
C'est chez moi que c'est le pire, j'ai le ventre tellement gonflé et douloureux que j'ai fait un test de grossesse !
Puis comme j'ai super mal dès que je mange, j'ai maigrit.
Et bien sûr, ça et le soleil qui s'est fait la malle, ça me rend morose.
Je suis claquée. J'ai du mal à avancer sur mon boulot.
Aller, Hop, vacances ! 
Et je cherche un spécialiste à Lyon, faut réagir là... Suis preneuse d'adresses efficaces.
Bises à tous, et pour ceux qui sont en vacances ou presque alors profitez bien :-)

mercredi 9 février 2011

Psychologues en grève

Les Psychologues sont en grève. Je les soutiens.

Les Psychologues, souvent des femmes, sont très souvent dans des situations extrêmement précaires. Les postes hospitaliers sont trop souvent à temps partiel, très mal payés, très mal considérés.
Ce sont parmi les premières victimes du manque de moyens des hôpitaux et des écoles.
... Il faut 5 ans d'études universitaires pour être Psychologue...

Les Neuropsychologues (psychologues ayant une formation plus poussée sur les troubles cognitifs), pourtant indispensables en Neurologie, en Gérontologie etc... Sont quasiment inexistants aux yeux de l'administration. bien qu'éléments utiles dans le diagnostic et dans la prise en charge de bien des troubles (enfants, personnes âgées, lésions neurologiques).
Ils n'ont jamais été reconnus par la sécurité sociale française, comme tous les Psychologues.

Je soutiens donc les Psychologues en situation précaire dans les hôpitaux et dans les écoles. Il parait particulièrement absurde de demander à une personne de prendre en charge des problèmes psychologiques des patients, souvent très très lourds, parfois de prendre aussi en charge le personnel médical confronté à des situation douloureuses, alors qu'elle même est en situation précaire...

Cependant, je voudrais dire à ces personnes en grève qu'ils ne devraient pas s'épargner une réflexion de fond...
Pourquoi sont-ils perçus comme inutiles par l'administration et rarement soutenus par les autres corps de métier ? Il faut revoir la formation et la formation continue. En France, les psy restent le plus souvent le cul entre 2 chaises, entre les connaissances issues de recherches scientifiques et les croyances empiriques. Le mot d'ordre étant de concilier la chèvre et le choux. Sommes nous sûrs que c'est pour notre bien ?
Au Canada, les Neuropsychologues exercent après une thèse et un an de stage, ils sont tous Docteurs, ils se réunissent ensuite durant leur carrière autour des nouveaux articles scientifiques sur le sujet, pour s'assurer une formation continue... 

jeudi 16 décembre 2010

Kafkaïen !

La sécurité sociale a décidé qu'ils se sont trompés en classant mon activité professionnelle et que, donc ils devaient faire passer mon dossier d'une caisse RSI à une autre caisse RSI, très subtil... Je leur ai demandé en recommandé accusé de réception de TRANSFERER mon dossier médical, aux uns, et de RECUPERER mon dossier médical, aux autres. Il s'agit pour eux d'une communication interne...
Je reçoit hier un recommandé comme quoi ils ont - encore- annulé ma prise en charge médicale à 100 % pour le cancer...

Donc je ne peux plus me faire soigner pour le cancer parce que j'ai décidé de travailler et que la sécu lèse de leurs droits les gens en conséquence de ses propres erreurs internes.

Ah ah ah !

Si vous connaissez un bon avocat pas trop cher (ou qui accepte d'être payé sur les indemnités réclamées à la sécu) je crois que je vais me fâcher...

lundi 15 novembre 2010

Intermède Géométrique...

Christine Lagarde sur France Info.

Je cites:

"Il (le nouveau gouvernement) est totalement révolutionnaire..."

"Le principe de la révolution, comme expliqué brillamment par Jean Louis Bourlanges... c'est que vous faites un tour complet à 360 degrés"


La révolution c'est donc, si j'ai bien compris, c'est de faire un tour en rond sur soit même pour repartir dans la même direction !
Très fort !

Aller va, on va tous en apprendre sur la géométrie politique je crois... Et n'oubliez pas de regarder le post sur notre Noël équitable en dessous et de donner vos avis, trucs, machins :-)

lundi 21 septembre 2009

Plaignez vous !

J'ouvre un cahier de toutes les doléances du monde entier !

C'est en allant chez Bellzouzou que j'ai eu l'idée, elle se plaint que le beau prof de math de son fils a changé pour une vielle bique et inaugure une semaine des plaintes que je m'empresse de PLAGIER !... ;-)

Elle a raison, c'est INADMISSIBLE !
D'ailleurs en ce moment j'ai l'impression que la météo s'est chargée de toutes nos doléances...

J'en ai quelques unes en stock...

- Où est passé ma maudite carte d'identité, ça fait 2 semaines que je remue toute la maison en vain, assez pour me rendre compte de ce que j'ai perdu d'autre...
- Et non de &§!**** où est passé mon alliance !
- Mais c'est pas possible cette baraque où on perd tout il y a un djin qui rigole à nos dépends !!! AAARRRRGGGG
- Et pourquoi ma cave que j'ai vidé de toutes les cochonneries s'est re-remplie TOUTE SEULE !
- Pourquoi le chirurgien en me parlant de reconstruction a osé dire qu'il y avait "de quoi prendre un beau lambeau sur mes fesses" J'AI PAS DES GROSSES FESSES !!! Juste un "tat" bien ferme qui atteste de ma totale intégration à mon Afrique natale !

Voilà, je vous laisse la parole, PLAIGNEZ VOUS !!! Merci Belzouzou ;-)

samedi 12 septembre 2009

Des bon Comiques

J'ai envie de Films !
De bon gros comiques, bien ficelés !
Je me suis commandé quelques vieux "Pierre Richard" (la Chèvre et le Grand blond avec une chaussure noire)...
Puis sous les conseils du Chum qui ne se rappelait pas trop de l'histoire en fait, on a regardé "Ca s'est passé près de chez vous", hier... Arrrg, j'ai détesté !
Me faut des films ! Envie de rire, envie d'histoires à savourer en famille...

Aller, faites claquer vos titres !!! :-D

Je donne mes préférés:
- Le père Noël est une ordure
- Le dîner de Cons
- Les visiteurs
- L'aile ou la cuisse

mardi 16 juin 2009

Livres de vécus du Cancer

La lecture du dernier message de Isabelle de Lyon m'a plongée dans une profonde réflexion que je vous invites à partager.

Elle y parle d'un livre, "La vie vaut mille maux" sur le Cancer.
Tu sais, Isabelle, je ne lis jamais ces livres...
Je n'ai pas dépassé le stade de la peur et ces récits, généralement très "médicaux" comme tu dis (j'en vois régulièrement des extraits) me "dérangent".

C'est bien que cette dame parle de ses émotions, mais la notion de "livre" reste froide pour moi, car je ne conçoit laisser sortir ces sentiments que dans l'échange et la communication, sinon c'est de l'angoisse pure...
Lire dans un livre les angoisses d'une autre femme à laquelle je pourrais m'identifier, car elle a un cancer, car est trentenaire, car a des jeunes enfants c'est insoutenable pour moi. J'aurais envie de lui parler, de communiquer avec elle. Je ne pense pas que ses émotions sans "échanges" puisse m'apporter quelque chose. Car ces émotions liées au cancer, je suis forcée de les vivre, je n'ai pas choisi, et la façons dont je les affronte est unique, je ne peux pas "copier" les émotions d'une autre sauf à me noyer.
J'en ai lu un de livre, au demeurant très bien mais à chaque fois que je me reconnaissais dans l'émotion vécue par la jeune femme je ne pouvais pas m'empêcher de penser jusqu'où irait la ressemblance ? Et de me dire que même sur le chemin de la mort, nous ne sommes pas originaux. Non, décidément je préfère me sentir seule maîtresse de mes émotions et de mon chemin.

Je préfère les blogs pour partager les émotions avec d'autres cancéreux ou non. Car nous parlons de la vie, au présent, et chacun interagit avec les autres. Car notre avenir nous le construisons. Car rien n'est fixé tout est possible. Car nous laissons libre cours à nos instincts d'animal social qui se blottit dans le groupe pour se protéger de ses blessures.

Si je dois me retourner sur le cancer, je dirais que cela m'a appris à communiquer, à oser appeler au secours, mais j'ai beau positiver tout ce que je peux, cela me laisse quand même une immense blessure à l'âme.
La vie insouciante est finie, maintenant je vis chaque jour consciente de ma mortalité et de celle de ceux que j'aime.
Et c'est lourd à porter, avec tout ce que cela comporte de culpabilité et d'angoisse par rapport à nos jeunes enfants qui ont désespérément besoin d'une Maman, à nos parents, nos frères et sœurs qui sont toujours trop loin, qu'on ne voit jamais assez, nos amis qui auraient besoin de nous aussi. Tout ce petit monde qui pourrait souffrir d'une éventuelle victoire du cancer sur moi.

Bon sinon, rien à voir avec la choucroute mais j'ai téléphoné hier soir, la vétérinaire du Zoo dit que les bébé Hérissons vont très bien, elle a pu les débarrasser de leurs puces et ils tètent goulument.

mercredi 14 janvier 2009

bonané

Et vi, me revoilà, au terme d'un voyage normalement épique pour des gens qui voyagent avec 3 enfants.
Nous avons, il est vrai bénéficié de quelques jours de vacances de plus, offerts par l'aéroport de Madrid empêtré dans la neige et les grèves. Enfin quand je dis "offerts" c'est une façon de parler hein, la compagnie n'indemnise pas pour les catastrophes naturelles...
Donc nous avons pris le vol qui partait à 7 heures du matin. Celui que j'avais soigneusement évité en prenant mes billets, choisissant des billets plus chers pour ne pas avoir à lever mes enfants à 3 heures du matin...

Aéroport de Las Palmas, ma fille M. marche, lacets défaits dans une flaque d'urine dans les toilettes et me demande de l'aider à attacher ses lacets pendant tout le voyage.
Premier vol, tous serrés dans ces sièges où on ne peut pas croiser les jambes sans risquer que la personne de devant ne nous éclate le genou en abaissant son dossier.

Le petit, Titi, vomi un contenu gigantesque, arrosant son pull, son pantalon, son doudou et sa Maman...
Nous avions prévu du change pour le petit.
Aéroport de Madrid, il faut patienter, l'avion doit être dégivré. Ca rassure...
Deuxième vol, le stewart me renverse du coca dessus, pas grave dis je avec un sourire résigné.
Je lis le journal "Le monde" ramassé à l'aéroport, un article sur les pompiers de New York qui ont pleins de cancers. L'auteur évite soigneusement le mot "amiante" ou alors c'est de la censure ? Entout cas c'est agaçant.
Puis ma puce S. me renverse un verre d'eau plein sur les jambes et s'éclabousse au passage. Ca rafraichit tout de suite les idées. Le stewart terrifié me saute dessus pour me dire "surtout ne la grondez pas, c'est pas de sa faute !". ??? Il avait dû être traumatisé par des parents avant moi ?
Nous avions aussi un pantalon de rechange pour la puce.
Ben oui, on ne voyage pas léger, on est prévoyants.
La prochaine fois je prends aussi un pantalon pour moi (sic).
Je fais des bateaux et des chapeaux avec les grandes pages du "Monde", ça fait le bonheur des enfants, finalement il était pas mal ce journal :-)
Arrivés à Paris, en retard, il nous manque une valise.
Celle où il y avait tous mes vètements (ouiiiiinnnn) puis la caméra numérique (re-ouiiiiinnn).
Enfin ils sont pleins d'espoirs de la retrouver disent-ils avec le sourire au service des bagages perdus, n'empêche j'ai passé la journée en survêtement rapport au fait que j'ai vraiment rien à me mettre et que mon pantalon du voyage était légèrement sale...
J'ai vraiment pas le choix, demain je fais les soldes ! Enfin si la gastro que je sens arriver n'est pas trop pénible (re-re-ouiiiiinnn).

Voyage en avion normalement galérien quoi !

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C'est pas très élégant mais j'ai ri aux éclats alors je vous fait partager cette citation de "bonne année" envoyée par mon oncle ;-)

"Que les puces d'un millier de chiens galeux infestent le cul de celui qui vous gâchera une seule seconde de votre année 2009, et que les bras de cet abruti deviennent trop courts pour qu'il ne puisse jamais se le gratter..."

mardi 15 juillet 2008

Des jeunes bien habillés....

Début d’après midi, dans un RER direction Paris. Il n’y a pas grand monde, je suis dans le dernier wagon, face à la partie arrière, il y a ce petit espace clos pour les vélos, où il n’y a pas de sièges.
Il y a plein de places assises, pourtant un jeune homme, la vingtaine, reste seul dans cette partie. ll est grand blond les cheveux un peu long, le teint hâlé, très musclé, il est bien habillé, un look un peu “sportif chic”, il a la vingtaine. Station suivante monte un autre jeune, la peau très noire, les lunettes de vue, médaillon en or, beaux vêtements, seuls, à l’abris du mur, ils échangent très rapidement quelque chose, puis le jeune noir note un numéro sur le portable de l’autre, enfin ils se séparent. J’ai le blond en face, il ne regarde plus l’autre, on dirait qu’il ne le connaît pas, il descend à la station suivante. Le jeune noir reste debout, toujours dans l’espace vélo. Station suivante monte une jeune femme noire, très très maigre, lunettes de soleil et beaux vêtements, on la croirait sortie d’un magazine de mode. Ils ne sont pas seuls dans le compartiment vélo, rien ne se passe... Enfin le monsieur qui avait tardé à aller s'asseoir quitte le compartiment. Le jeune à lunettes s’approche alors de la jeune femme, ils échangent rapidement quelque chose, il lui prends aussi son téléphone portable pour noter probablement un numéro. La chose faite ils s’écartent, ne se regardent plus ne se parlent plus, elle descend à la station suivante...
Ils sont tous si jeune... la petite vingtaine au maximum, si bien habillés... Je ne sais pas quoi faire, je soupçonne mais n’ai rien vu. Faut-il être si soupçonneux ? Et que faire ? Que dire et à qui ? Je pense à mes enfants, pourrais je leur apprendre à se tenir éloignés ? Je pense aux parents de ces jeunes, le savent-ils ?

Je quitte le RER et me hâtes, j’ai mon RDV de radiothérapie, je ne dois pas laisser l’amertume m’envahir.

vendredi 11 juillet 2008

Le grand vide

Envie de RIEN même pas de dormir. Degré zéro des émotions...
Je me dis "je dois déprimer, sûrement". Mais non, je ne me sens pas triste, il n'y a rien en particulier qui n'aille pas, je suis juste "vide" et fatiguée...

Vivement qu'un beau bébé vienne éclairer cette ambiance, aller mon neveux, décides toi !

samedi 5 juillet 2008

Chacun SA Merde !

Mais c'est quoi ce titre horrible vous allez me dire !

Bon, c'est que j'ai fait quelque chose d'abominable que je m'en viens confesser ici pour soulager ma conscience...

Quoi que je suis SUUUUURE que j'ai fait ce que nombre d'entre vous rêveraient de faire !

Mais non, je ne me cherche pas d'excuses, c'est mal.

Enfin en ce moment je suis fatiguée et le moral est vascillant alors faut pas mettre la merde, ceci explique cela.

Non non, c'est pas un prétexte, c'est une ex-pli-ca-tion !

Bon les faits :

Sans tarder là tout de suite je vous raconte !

J'habite une rue tranquile et plutôt sympa. En général je cultive de bonnes relations avec mes voisins.
MAIS
Cela fait des mois que je cherche le responsable des crottes de chien que je dois nettoyer régulièrement sous les chaussures de mes enfants et j'en viens à loucher sur tous les clébards du quartier. Il y a une voisine qui a un chien et je lui ai déjà demandé de ne pas laisser les crottes sur le trottoir ce en quoi elle m'à répondu d'un ton méprisant. Maiiiiiiiissss je les pousse sur le caniveau moi madaaaaame. Et quand je lui ai dit qu'elle doit les ramasser elle a haussé les épaules en soufflant.

Et puis j'ai remarqué que les crottes incriminées sont toujours à peu près de la même taille et je me disais que j'avais sans doute à faire à une machine à M. de taille moyenne.

Aujourd'hui, le grand Caniche de la fameuse voisine du caniveau entre CHEZ MOI, devant ma porte (par la grille restée entrouverte) et vient déposer son paquet là, chez moi, dans mon entrée devant nous. Puis s'en retourne tranquillos.

Nous sortons tous à sa poursuite en l'appellant. La voisine de quelques maisons plus loin nous vois l'appeller l'air fâchés vite elle le rappelle et referme la porte de chez elle.

C'est alors que j'ai compris sa technique, elle n'accompagne même plus son machin dehors, elle l'envoie dans la rue déposer sa commission et le rappelles pour que le toutou revienne dans sa maison et son jardin à elle qui ainsi peut rester propre... Pratique non ?

Ben j'ai ramassé les choses, je les ai rapportées devant son entrée à elle, et les lui ai rendu devant sa porte. Et comme elle avait sa porte entrouverte et que j'ai supposé qu'elle m'entendait j'ai sortit la belle tirade du titre.

Voilà, conclusion, Tili faut pas l'Emmerder !

lundi 23 juin 2008

La poste / colissimo, toujours pire !

Vous vous souvenez de mon dernier coup de gueule sur la poste ? Celui où ce colissimo prépayé pour l’Europe n’a pas pu partir en France car “il doit sortir de France pour aller en Europe”.
Eh bien ils ont remis ça... avec le même colis (décidément).

J’avais donc décidé d’utiliser ce colis prépayé pour l’envoyer à ma soeur qui réside en Espagne, plus précisément aux Canaries. J’avais lu les indications portées sur le paquet, il était bien marqué que le colis pouvait partir en Espagne, sans aucune autre indication.

Donc je refais mon colis, vais à la poste, me retape la queue, envoie mon colis.

OK...

Plusieurs semaines plus tard, il me revient, dans un état déplorable (je soupçonne qu’il a été ouvert) avec écrit en gros en Espagnol “Canarias, Andorre, extrangero !”... En gros après avoir appris que le France n’est pas en Europe, voilà à présent que la Poste m’informe que les Canaries ne sont pas en Espagne...

Bon, pour moi c’est clair, colissimo, plus jamais et la poste le moins possible !

vendredi 30 mai 2008

Pour la poste, la France n’est pas en Europe...

Cet après-midi, je me traîne jusqu’à la poste envoyer les colis aux vainqueurs, on est à 3 jours de la chimio, dire que je ne suis pas très en forme est un euphémisme...

L’association ASE m’avait donné un colis “chronoposte” pré-payé Européen et donc j’ai mis le lot de Anita dedans.
J’arrive au guichet après l’attente habituelle et là la préposée, toute embêtée me dit -“ça ne va pas passer, c’est un colis européen !”.

Anita habite en France....

Je la regarde assez surprise, je ne comprends pas le problème...

-“Mais la France est en Europe, Madame”.
-“Oui, oui, il faut que je vérifie”

Elle disparaît, loooooongue attente.
Elle revient
-“mon collègue va téléphoner pour savoir”

Je lui demandes...
-“La France est bien en Europe ?”
-“oui”
-“Ce colis est bien surpayé par rapport à sa destination et son poids?”
-“oui”
-“Alors ça ne doit pas poser de problème”

Elle me montre un code barre sur le colis...
-“le problème c’est que le colis doit sortir de France pour aller en Europe sinon le code barre n’est pas reconnu”.

Je dois aller attendre dans un coin pour savoir si ça va passer...

J’attends, l’heure tourne, je suis fatiguée, j’ai une réaction à la chaleur mon visage devient rouge vif, ça va être bientôt l’heure de sortie d’école.

Je fini par retourner au guichet dire que je m’en vais, qu’ils me renvoient le colis si jamais ça leur pose problème. La gentille dame (si elle était gentille et embêtée de l’absurdité de la chose) me prends mon numéro de téléphone au cas où.

2 heures plus tard un homme m’appelles depuis la poste. Mon colis ne peut pas partir il faut que je revienne le chercher. Je lui propose très sérieusement de l’envoyer via Madrid pour qu’il ait son tampon... Non non, il ne veut pas. Je reste polie jusqu’au bout, j’irai le récupérer lundi ou mardi, je raccroche et me précipite sur l'ordinateur pour vous dire discrètement ce que j’en pense:

- “AAAARG, MAIS BON SANG QU’ILS SONT CONS !!!”

mercredi 7 mai 2008

Lendemain de chimio

Je suis au lit.
Nervosité au plafond. Les corticoïdes ça aide pas hein. Je ne supporte rien ni personne, j'ai même crié sur mes enfants et sur ma mère, je crois que le pape aurait été là je lui aurait crié dessus aussi.
Dès que je me lève j'ai des malaises, je dois me tenir aux murs, donc couchée.

J'en ai marre de cette morosité.

Et si on se refaisait des photos ?

Aller, sortez vos appareils, photographiez moi ce beau printemps, ça vous dirait ?

Je vais refaire un concours, je réfléchis au lot. Thème, le printemps bien sûr !
Cela vous tenterais ?
Par contre a cause des histoires de vote compliqués (certains avec IP flottant peuvent voter plusieurs fois d'autres non), je proposerais plutôt un jury indépendant OK ?

Je réfléchis aux modalités, vous, dites moi si cela vous tentes !

bises
Tili

lundi 21 avril 2008

A regarder mon fils


Il pleut. tout à l’heure le petit rayon de soleil m’a permis de planter quelques graines de Kokopelli qui venaient d’arriver, tandis que le petit allait faire un tour de manège avec sa Mamie. Puis je me suis effondrée de fatigue, j’ai cherché le sommeil, vainement une fois de plus. Toutes ces petites douleurs que j’arrive à dominer en concentrant mon attention sur autre chose se mettent à hurler ensemble dès que mon corps se relâche, nulle position ne me permet le repos.
Je quitte le lit pour aller m’installer dans le fauteuil du salon, mon fils est dans la salle de jeux attenante, il joue avec des petites voitures.
Je reste là dans ce fauteuil sans rien faire, trop fatiguée même pour lire.
Cinq minutes plus tard une voiture apparaît sur le tapis du salon, puis une autre, une autre encore, un cheval, un nounours, mon fils trimbale subrepticement tout son barda pour s’installer devant moi.
Je ne dis rien, je regardes faire avec délice ce petit bout d’homme de 2 ans 1/2. Son jouet phare semble être cette grosse Cadillac grise que son grand père lui avait un jour déposé dans les mains en souriant. Elle fait le tour du propriétaire, monte le long du canapé en passant exactement à l’endroit où un bout de tissus touche par terre, c’est la route, elle roule le long du creux du canapé, il enlève consciencieusement tous les coussins pour que la route soit bien lisse, elle repasse par la même route pour descendre du canapé et va s’aligner le long d’un “pistolet-tournevis”. Chacune des autres voiturettes va suivre exactement le même parcours, avec les bruitages adaptés, avant d’aller s’aligner exactement à côté de la Cadillac. c’est important l’alignement, rien ne doit dépasser ! La Cadillac repars, elle passe sur des ponts, les coussins jetés par terre, puis elle se dirige tranquillement vers mon fauteuil et remonte le long de ma jambe, un nouveau pont, elle redescends par l’autre côté, “deux ponts“ précises t-il. Je ne dis rien, je le laisses continuer, je suis entièrement absorbée dans la contemplation du jeu de mon petit homme.
Plus tard, je m’allonge sur le canapé. Il me regardes et fonce dans la salle de jeux, il en revient avec un énorme coussin qu’il me fait mettre sous la tête. “Dodo Maman?” dit-il, puis il m’enlève mes chaussons et repars pour revenir avec un autre gros coussin qu’il me place sur les jambes, un plaid aussi et enfin tous les coussins qu’il a pu trouver se sont retrouvé sur Maman. Il regardes son œuvre satisfait. “Dodo Maman!” déclame t-il enfin. Je réclame mon bisou d’avant le dodo, un énorme bisou baveux atterrit quelque part vers mon œil et il re-part à son jeu.
Le petit cheval en plastique ramené de la foire devient tour à tour personnage qui “monte” dans la voiture faire un tour, enfant devant un Papa cheval en plastique, voiture, qui se gare dans le même alignement que les autres et enfin mur du garage de la Cadillac. J’ai bien trop chaud sous les oreillers, je tente de men débarrasser subrepticement. Il m’a vue, il vient se coller à moi. “Maman, y-est-ou Papa?”, son père est en congrès à Oxford pour une semaine, je ré-explique, Papa travaille, il va revenir dans quelques jours, tout à l’heure il te parlera au téléphone. Il réclame ses soeurs aussi puis retourne jouer. Tout a coup il revient vers moi “a-en-bon”. Je devines que ça sent bon, je viens de sortir du four le gâteau de Yaourt que Sa Mamie nous a fait. Moi je ne sens rien, ni goût ni odorat, c’est très étrange et désagréable comme sensation. Tu en veux du gâteau ? Oui bien sûr qu’il en veut. Le gâteau est chaud, je lui demandes d’attendre un peu. “A faud ateau ?” Me dit-il...
Ah mon bonhomme si tu veux manger du gâteau il faudra me le dire correctement, GATEAU. “AAATEAU”. Je lui met sa main sous ma gorge, GA, GA, vas y. “GAAAAATEAU”. “A faud GAAAAAteau”. Je vois qu’il est très motivé, je lui pince doucement la bouche, pas faud, CHaud, il essaye et finit par y arriver “A CHaud GAAAteau”. Bravo mon coeur il est tiède maintenant tu l’as bien mérité. Il mange son gâteau et je retourne sur le fauteuil. Maintenant les voitures prétendent toutes devoir se garer sur le repose pied de mon fauteuil, quitte à pousser les pieds de Maman qui gênent. Je proteste pour la forme, il rigole de bon cœur, non, c’est là Maman nul part ailleurs ne serait aussi bon que là tout contre sa Maman.

jeudi 28 février 2008

Maux d’humeur

Je sors de ma deuxième chimiothérapie. J’ai retrouvé les gentilles infirmières et une d’entre elles, une adorable demoiselle au prénom exceptionnel m’a fait l’immense plaisir de m’appeler par mon nom que visiblement elle avait retenu ! Waaaa, moi qui ai une épouvantable mémoire des noms (mais excellente pour les visages) j’étais très admirative. Puis nous avons un peu discuté, elle a su me faire discrètement oublier la perfusion… Non vraiment ils sont formidables à Curie. Et puis maintenant que je suis une habituée, je commence à me faire des copines de chimio, ça fait toute une ambiance !… Pourtant je me sens lasse. Est-ce bien moi cette larve chauve affalée devant l’ordinateur pour oublier ses nausées ?

Vous avez entendu parler de cette histoire de roue qui tourne ? Eh bien après deux enterrements, une amputation, une ablation des ganglions, une aplasie, et deux chimiothérapies j’ai l’impression que la roue est exactement au dessus de moi. Elle m’écrase de sa masse immense. Et la mort me cherche et frappe aveuglément autour de moi, c’est un rêve épouvantable que je fais depuis quelques temps.

Mais le fait même que j’écris ces quelques lignes prouve que déjà elle tourne…
Depuis 3 semaines les événements se sont succédés à une cadence infernale, je n’ai eu qu’une journée de répit, c’était hier. J’ai commencé par sortir l’infernal tas de papiers administratifs en souffrance mais mon fils de 2 ans est venu me chercher (ses sœurs sont chez les grands parents) :
- « maman ven, maman-titi ».
J’ai fait la seule chose intéressante à faire, j’ai joué avec mon fils, toute la journée. Vous vous rendez compte que ce gredin de 2 ans et 3 mois fait TOUT SEUL un puzzle de 34 pièces ! ?
J’ai joué, j’ai câliné, j’ai reçu plein de grosses léchouilles baveuses, j’ai mangé des joues tellement rondes que ce sont définitivement mes « déposoirs à bisous » et puis j’ai croqué des petons, un gros bidon et des petites oreilles, j’ai volé puis rendu un petit nez qui coule un peu.
Tout ça, et tous ces gentils mots que je reçois de mes proches et de vous qui êtes si virtuellement présents, alors bien sûr, la roue, elle va tourner.

dimanche 3 février 2008

Carrefour des vanités




J’ai demandé à mon chum de prendre mes yeux en photo pour avoir une image de mes cils et sourcils avant qu’ils ne tombent… J’ai regardé ces photos en essayant d’imaginer ce que va représenter ce regard sans ses vêtements de poils.
Vanités…
Je n’avais pas osé écrire à des amis et anciens collègues médecins pour ne pas qu’ils me voient comme une « malade » pour ne pas changer mon image, pour ne pas passer du mauvais côté de la barrière.
Vanités…
J’ai pris garde de ne pas écrire jusqu’ici à quel point j’ai peur de mourir.
Vanités…
Je prends des notes dans les salles d’attente pour rester dans le bon camp, celui de ceux qui agissent, celui des analyseurs et non les analysés, pour garder le contrôle des événements.
Vanités…
A ceux qui ne veulent pas entendre que le cancer pourrait m’abattre qui pensent qu’il suffirait de se « battre », comme eux, pour rester immortelle.
Vanités..

mercredi 30 janvier 2008

Chroniques de salles d’attente N.4 : Femme brillante

Je suis une femme BRILLANTE ! si, si, à première vue cela ne se voit pas mais si vous approchiez un compteur Geiger de moi vous déclencheriez immédiatement une alerte de la sécurité nucléaire. Ben oui, ce matin je suis radioactive, on vient de m’injecter un isotope radioactif pour faire la scintigraphie osseuse.

C’est encore mon chum qui m’accompagne. Il y a 2 salles d’attentes dans ce sous sol où on irradie à volo. La première, que je qualifierai abusivement de « salle des radiothérapies » est celle où on stocke essentiellement les patients qui vont recevoir une radiothérapie et aussi celle où on séjourne rapidement avant d’être appelé dans la seconde, celle de la scintigraphie.
Dans les deux salles il y a une petite partie pour les enfants avec des livres d’enfants et des jouets. Heureusement elles sont vides d’enfants aujourd’hui, je souffre toujours dans mon âme de maman quand je vois passer ces petits cœurs chauves.

Nous nous installons dans la partie enfants de la salle des radiothérapies en attendant qu’on nous appelle. Evidemment nous repérons rapidement quelques BD intéressantes. Avais je besoin de préciser que nous sommes des « BDphiles » ? Mon chum se plonge immédiatement avec délice dans sa BD mais moi mon regard et mes oreilles sont attirés par deux femmes qui discutent des soins dans la partie adulte de la salle.
Les jours précédents, malgré le brouillard dans lequel je vivais, j’avais vaguement remarqué que, contrairement aux ambiances habituelles des salles d’attente, les gens se parlaient ici, enfin plus exactement les gens ME parlaient. Je me demande dans quelle mesure ce phénomène n’est pas du au fait que les regards sont attirés par la personne malade la plus jeune de la salle. Enfin bref, il est donc possible de rompre le silence oppressant de l’attente des soins.
Je me lève pour rejoindre la conversation de la façon la plus naturelle possible et suis accueillie avec des sourires. Ces femmes racontent le déroulement de la radiothérapie, elles m’expliquent les petits trucs, pommades, vêtements et autre, me montrent les brûlures. Rapidement nous commençons à en rire.
Pendant ce temps « Tintin », l’infirmier de la scintigraphie arrive. Il tombe tout d’abord sur mon chum qui lit sa BD en riant à voix haute (comme d’habitude d’ailleurs), il appelle mon nom et mon chum répond « ici » et devant l’air interloqué de Tintin précise « enfin là » en montrant du doigt le petit groupe de femmes en train de se montrer leurs blessures en riant.

De tous le personnel soignant de Curie, je crois que Tintin concoure pour le titre du plus sympathique. Ou alors c’est que nous voir arriver en riant a changé sa routine, mais non, je pense qu’il est fondamentalement gentil. Il nous amène devant la porte de la salle d’attente de la scintigraphie et commence à m’expliquer le protocole du jour et les précautions à prendre pendant le long intervalle entre l’injection et la prise d’images, du genre éviter les femmes enceintes et les enfants, ne pas rester collée à mon chum etc… Mon chum l’interrompt pour demander si ce sont bien des rayons gamma qui sont émis par l’isotope radioactif…
Regard mi soupçonneux mi amusé de Tintin « vous êtes physicien vous ». Ben oui, oh alors vous comprenez etc… L’affaire est entendue, pas besoin d’explications… Je regarde ces deux hommes et en particulier mon chum avec une vague envie de l’étrangler. Mais bon, je sors magnanime, OK, tu devras m’expliquer en détails alors.
Nous nous installons dans la salle d’attente. A peine le temps de lancer quelques lignes des chroniques sur mon bloc note que Tintin est déjà là pour me faire l’injection. Nous discutons pendant qu’il m’injecte son produit des chroniques, de la relation entre les patients et le personnel, de la communication… C’est vraiment passionnant et l’injection est faite si facilement que je regrette presque que ce soit aussi rapide. Je ressors en annonçant à mon chum « ça y est, je suis radieuse ! ».
Bon, nous avons plusieurs heures devant nous, nous décidons d’aller manger dans le coin. Je marche le plus loin possible de mon chum, j’évite de rester à côté des jeunes femmes ne sachant pas si elles peuvent être enceintes, je prends les escaliers plutôt que l’ascenseur… Heureusement que personne ne fait attention à notre manège sinon j’aurais l’air vraiment louche.
Apres le délais impartis nous revenons pour la scintigraphie, mais les résultats ne seront prêts que après lecture d’un médecin et ne pourrons m’être donnés que par un médecin de l’hôpital. Je réfléchis à quand j’aurais l’occasion de revoir un médecin… Zut ce sera lors de ma prochaine opération, pour le curage ganglionnaire. Il va me falloir attendre. C’était le dernier examen du bilan d’expansion, tout le reste était bon, je ne peux pas me réjouir avant de savoir pour mes os… Bon encore une attente en vue alors.