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mardi 6 mars 2012

Des grandes idées pour la recherche...

La recherche est une passion, un mode de vie, une philosophie, un regard perpétuellement émerveillé sur la vie.
On vit, au bord du monde, les pieds au bord d'un gouffre infini d'inconnu, le regard rivé sur ce néant envoutant et les bras tendus vers cette aventure, armés des maigres outils de la connaissance fragilement acquise par les autres humains. On n'avance que par millimètres minuscules, créant le sol de connaissance sous nos pieds qui nous met en contact avec toujours plus d'inconnu...

C'est une des plus grandes aventures du genre humain, celle qui nous ouvre des horizons infinis, celle qui n'a pas de limites, qui n'a pas de fin. Celle que n'importe qui peut faire, mais oui, nul n'a le monopole de l'infini des choses à comprendre.

Ces dernières années, je n'avais pas de labo, pas de salaire, pas de subventions, et parfois même j'ai cru que je n'avais pas d'avenir. Vu que pour des raisons mercantiles de plus en plus de publications scientifiques sont devenus payantes et chères, donc inaccessibles je ne pouvais suivre les publications de mes pairs que grâce à la gentillesse de certains amis qui m'envoyaient les articles que je demandais, ou parfois grâce à la gentillesse des auteurs à qui je demandais directement leur article par mail...

Mais mon cerveau s'est retrouvé comme libéré, des puzzles complexes qui me semblaient impossibles à reconstituer auparavant se sont encastrés dans ma tête. Peut être même que le fait d'être un peu écartée des effets de mode de mes compères m'a libérée aussi de cette contrainte invisible de "penser pareil". J'ai eu des idées...

Des idées de recherche, des idées sur le fonctionnement cérébral, des idées sur comment valider expérimentalement mes idées, des tas d'idées, dans un cadre bien ordonné dans un modèle cohérent.

Et je suis toujours comme un enfant émerveillé et cela doit sûrement être terriblement contagieux car ils sont nombreux les chercheurs à avoir envoie de suivre la piste de ces idées avec moi... Et puis, vendredi dernier, j'ai trouvé des financements pour lancer la création de mon premier prototype de test...

Une immense et belle aventure !... 

Que ces idées soient validées ou invalidées, peu importe, elles nous portent, elles nous apprendront quelque chose...
La science devrait toujours ressembler à cela !

jeudi 29 septembre 2011

Alzheimer et dépression, pourquoi ?

Aujourd'hui, grande publicité est faite à un gros ponte qui publie dans une revue de vulgarisation*. Et qui "va publier" (on espère) un article scientifique sur les relations entre la survenue d'une maladie d'Alzheimer et la prise prolongée de Benzodiazépines (ce sont des somnifères ou des tranquillisants, les plus connus.. Témesta, Valium, Stilnox, Xanax, Lexomil, etc.).

En France, champions du monde des médocs "psy" on fournit sur les deniers de la sécu 120 millions de boîtes de ces machins là.

Ça ne guérit personne mais c'est vachement plus fastoche de prescrire un médoc remboursé qui va "parer au plus pressé"... (qui va être pas mal addictif ensuite, mais c'est un détail), que d'essayer de soigner les gens de leur mal être.
Mais bon, il n'y a pas que les docs qui sont responsables, loin de là, si vous regardez bien le machin, c'est toute la société qui l'est, eh oui, nous tous. Coupables d'accepter une organisations sociale pathogène sans rien remettre en cause.

Bon, revenons au sujet...
L'année dernière, il y a un article très intéressant qui est sortit dans une (vraie) revue scientifique ("Neurology") d'une équipe Américaine. (sources: Recurrent depressive symptoms and the incidence of dementia and mild cognitive impairment. Dotson VM, Beydoun MA, Zonderman AB. National Institute on Aging, NIA/NIH/IRP, Baltimore, MD, USA. Neurology. 2010 Jul 6;75(1):27-34.).

Ils disaient que des épisodes répétés de dépression augmentent l'incidence de survenue de troubles cognitifs du vieillissement (supposés Alzheimer)... 14% d'augmentation du risque de survenue ultérieure d'une démence Alzheimer et le double au second épisode... Quand même hein...

Maintenant notre ponte français nous dit que peut être c'est dû aux médocs...

Il va devenir urgent de comprendre si c'est dû aux lésions directement liées au stress chronique ou bien à des lésions (lesquelles) secondaires aux traitements, ou bien aux 2...

Ohhhh c'est bête, il y a une petite équipe, très loin des grands seigneurs, qui avait déposé une demande de financement pour ça et n'avait intéressé personne !!!

Il est vrai qu'il est tellement urgent de financer la recherche appliquée qui rapporte des vrais sous aux gens déjà très riches en permettant de produire viiiite des nouveaux médocs pour remplacer ceux où (après de nombreuses années d'utilisation) ça finit par se voir qu'ils ont été lancés sur des mauvaises bases. Alors que la recherche fondamentale, hein, comprendre le pourquoi du comment il fonctionne le cerveau pfffttt une perte de temps !

Un bon conseil de NeuroPsy...
En ce moment, les annonces sur Alzheimer sont super décevantes, polémique sur le résultat des traitements utilisés, polémique sur les autres traitements durant la vie etc...
Alors regardons les choses dont on est sûrs... Les études sur les personnes vivant très vielles et en bonne santé ont montré qu'elles partagent un trait de caractère qu'on peut dire "caractéristique", c'est la "bonne humeur, la capacité à être heureux avec ce qu'ils ont, l'humour"... J'avais adoré la réplique de Jeanne Calmant, cette très vielle dame, qui, à 120 ans, avait répondu au journaliste qui lui demandait comment elle acceptait toutes ses rides..."Monsieur je n'ai qu'une seule ride, c'est celle sur laquelle je m'assied" !

Au contrario les dépression récurrentes sont soupçonnées apporter des lésions cérébrales...
Conclusions ?
Névro a raison, un sourire chaque jour, c'est encore le remède le plus sûr ;-)

Et si nous cherchions, en tant que société, à améliorer le bien être du groupe ? Peut être en fait que cela couterait moins cher pour plus d'efficacité pour la société...



* Notes de lecture... Je râle un peu contre le fait que ça soit annoncé sur les médias étiquetés "science" alors qu'il s'agit manifestement de résultats qui n'ont pas encore été fournis à la communauté scientifique et sont annoncés dans une revue de vulgarisation sans le passage par la validation par les autres chercheurs. En soit, c'est plutôt très bien, la vulgarisation, mais je remarque que force publicité est faite à ce ponte et à cette étude alors qu'il n'a pas encore passé l'épreuve de la "publication dans une revue scientifique" qui seule garantit que l'article a été relu par d'autres scientifiques voir que les expériences ont été vérifiées... 
En tant que grand ponte il bénéficie d'une publicité "à l'avance" !Trop cool moi aussi j'aimerais bien avoir une telle publicité sur des "peut-être" et faire la une des médias scientifiques en faisant un article dans, pourquoi pas, le journal de Mickey !

mercredi 2 février 2011

Vivre sans la télévision, pour Qui, Pourquoi ?

Il parait, que nous ne sommes que 2 à 3 % de la population française à vivre sans télévision. Ces chiffres datent de 2009, je n'ai pas réussi à avoir des statistiques plus récentes et plus précises.

Récemment, je suis tombée sur un article intéressant d'un chercheur Français, un sociologue, Mr. Bertrand Bergier. Il a fait une enquête sur 566 familles qui n'ont pas la télévision. Cela m'a interpellé bien sûr parce que c'est notre cas.
Il a écrit un bouquin dessus apparemment, mais bon, en substance qu'a t-il trouvé ?
Si les gens n'ont pas la télé ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres, c'est par choix idéologique. Ce choix est majoritairement le fait de personnes diplômées du supérieur et pour 20 % d'enseignants…

Les motifs ? Variés, ça va de l'homme qui accepte de se débarrasser de la télé parce qu'elle est vectrice de disputes avec sa femme aux gens qui pensent que ça abruti surtout les enfants…
Dans l'étude, les enfants de ces foyers se sentent "décalés" par rapport à leurs camarades de classe jusqu'à 12 ans et après ils en sont fiers.

Lire un article sur ce chercheur ici: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/11/29/01016-20101129ARTFIG00718-qui-sont-donc-ces-francais-sans-television.php

Bon, et nous alors, je sais que vous nous avez déjà largement classés dans les "granos" alors que je n'avais encore jamais fait d'article sur cette particularités de notre foyer, c'est fichu là je crois ;-)

Pourquoi n'avons nous pas de télé ? 

Pourquoi aussi est ce que j'en parle si peu ?

Je vais répondre d'abord à la deuxième question, j'en parle généralement peu parce que nous avons rencontré des réactions diverses et variées de personnes découvrant ce choix de vie, qui allaient de l'approbation à la moquerie à l'agressivité en passant par le mépris et par l'inquiétude pour nos enfants. C'est surtout par rapport aux enfants qu'on nous agresse…

De l'institutrice qui nous a regardé comme si nous sortions d'une secte parce que nous avons bien été obligés de dire que notre fille ne pouvait pas faire l'exercice scolaire de découper dans le journal télé les titres de ses séries favorites (l'instit en question a ensuite révisé son jugement sur nous et nous a dit en substance que nos enfants étaient bien élevés et instruits) jusqu'à certains proches qui se moquent de notre vie "moyenâgeuse" (eh oui, je sais que vous me lisez ce sera l'occasion d'une meilleure compréhension mutuelle :-)).

Je crois que dans l'imagerie populaire de la question, on voit les gens qui font ce choix comme des sortes d'extrémistes obnubilés par une certaine vision de la réussite et désocialisés. Ou bien les gens ont peur que notre choix condamne le leur en quelques sortes et se sentent jugés.

Paradoxalement, nous sommes au contraire très sociables, nous ne sommes pas obnubilés par la réussite scolaire de nos enfants d'autant que nous ne pouvons que constater à quel point, malheureusement, l'école n'est plus vectrice d'ascension sociale. Et, pour avoir connu nous même et la précocité scolaire et certaines grandes écoles nous avons un regard critique sur cette notion de réussite et nous nous soucions beaucoup plus d'aider nos enfants à trouver la voie de la confiance en eux, à ne surtout pas être détachés de la société, à être heureux avec les autres. Bien sûr nous voulons comme tous les autres qu'ils soient bien instruits mais nous ne relions pas ça au fait de ne pas avoir du tout de télé (pour ça limiter le temps passé devant aurait suffit).

Pourquoi j'en parle aujourd'hui ? Je vous fais plus confiance, il s'est instauré ici, sur cet espace, des dialogues respectueux et aussi je suis plus sûre de moi et de mes choix, mes enfants ainés sont à présent assez grands pour que mon inquiétude de Maman de "mal faire" se soit apaisée.
Et aussi, nous nous sommes rendu compte, que ce qui était une grande singularité de notre part il y a quelques années (cela fait plus de 10 ans que nous sommes en couple, sans télé) s'est répandu comme une trainée de poudre dans notre entourage. Le nombre d'amis autour de nous qui n'ont pas du tout la télévision ou bien qui l'ont mais la regardent extrêmement peu s'accroit rapidement, surtout parmi nos collègues et amis chercheurs… C'est chouette, on n'est plus des bêtes curieuses :-)

Alors je vais essayer de réponde au "pourquoi" ?

Franchement, ça à commencé tout simplement par habitude. Nous avons tous les 2 grandi en Afrique, sans télévision. Pour ma part, mes parents ont acheté une télévision quand j'étais adolescente. Le programme commençait à 18 heures. Il y avait l'énoncé fastidieux de la journée du Président Sénégalais, les informations en Français, les informations en Wolof, quelques chansons traditionnelles de chanteurs peu talentueux mais qui avaient sûrement un frère ou un cousin à la télé et basta. Le soir, avec ma famille nous faisions des jeux de société, les fins de semaine nous étions en brousse, sans électricité et sans eau du robinet, ma vie extra-scolaire c'était de courir pieds nus dans la brousse et d'observer les animaux sauvages. Non, ce n'est pas un conte, je vous dis juste la vérité.

Puis la télévision a commencé à diffuser un puis 2 films le soir… Fin de la vie de famille. Fin des jeux de société, le moment familial du samedi soir c'était de s'assoir tous ensemble devant un film idiot, en silence. Vous vous en souvenez, Papa, Maman ? J'ai rapidement préféré aller étudier dans ma chambre, finalement je dois peut être à ce manque d'intérêt au petit écran ma réussite scolaire…

Pour le Chum, c'est pareil, il n'a pas été habitué à la télé petit et quand elle est arrivée, ça ne l'a pas intéressé. Lui n'a jamais dévié de ça, ça ne l'a pas intéressé, point. Moi j'ai commencé à être hypnotisée par la télé pendant mes premières années de fac. Elle meublait ma solitude presque compulsivement. Mais un jour le poste est tombé en panne et j'ai refusé de le faire réparer et d'en racheter un autre. Je l'ai mis aux encombrants et je n'ai plus jamais eu de télévision chez moi depuis. Si je me sentais seule, je fonçais chez mes copines refaire le monde en paroles, danser, chanter et rire, une vraie vie d'étudiante.

C'est après, alors que l'habitude était déjà prise que nous avons pris la décision - réfléchie - de continuer à ne pas avoir de télévision. Après la naissance de nos filles. Nous avions eu l'occasion de voir la télévision en, France, en Angleterre, au Sénégal, en Syrie, au Canada, aux EU, en Espagne et… partout, nous avions trouvé ça, comment dire… Chiant ! Les information ultra-manipulée, ultra-tendancieuses, les reportages intéressants (qui nous adorons) plutôt rares et à des horaires idiots, les séries américaines réellement "abrutissantes " et porteuses de valeurs que nous n'aimons pas.

A cela s'ajoute toutes les informations reçues par ma profession, sur la corrélation entre les difficultés scolaires et le temps passé par les jeunes enfants devant le poste, les questions que se posent les psychologues et les sociologues sur l'influence qu'exercent les valeurs véhiculées par la télévision sur les jeunes générations. Sans oublier le désir, en tant que parents de choisir notre vie de famille et notamment de choisir de passer du temps avec nos enfants, le plaisir de leur faire découvrir mille choses pendants notre temps libre, l'envie -réalisée- de les emmener découvrir le monde avec leurs propres yeux et tous leurs sens.
Nous avons un équilibre heureux avec ce mode d'organisation familial, c'est peut être la plus banale des réponses en fait mais la plus pertinente. Nous faisons comme cela parce que cela nous plait.
De plus, nos enfants n'ont finalement jamais été stigmatisés pour ça et semblent plutôt heureux et bien intégrés dans leur nouvelle école. Le soir, nos filles dévorent des livres (en ce moment elle se sont attaquées à l'étalon noir, mes vieilles bibliothèques vertes et à Jules Verne).

Au fond, tous ce qui aurait pu m'intéresser dans la télévision, je le retrouve avec internet et avec d'autre mode d'organisation. Nous adorons voir des films et des documentaires… Qu'à cela ne tienne, nous en achetons (souvent au moment des soldes) nous les louons à une boîte à laquelle nous sommes abonnés qui nous les envoie par la poste 2 par 2 et qui a une grande cinémathèque consultable sur internet, nous échangeons nos DVD avec nos amis, parfois simplement en nous les envoyant par la poste. En ce moment, par exemple, nos voisins anglais qui n'ont pas la télé non plus nous font découvrir plein d'oeuvres anglophones super intéressantes, ma grande soeur chérie nous envoie des DVD en Espagnol pour m'aider dans mes penchants sadiques d'obliger mes enfants à comprendre leur langue maternelle… Tout plein de façons de se coller finalement devant un écran… Mais en gardant cette douce sensation d'avoir le choix ;-)

Et vous, les copains-copines du net, tous accros à l'ordinateur, vous en pensez quoi de la télé ?

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Edit du 29 sept 2011 sur les aspects Scientifiques, suite à la parution du livre du Scientifique (Dr en Neurosciences) Michel Desmurget... Il a compilé les études scientifiques et en résumé publié une plaidoirie contre la télé, le livre s'appelle "TVLobotomie"...
La télé... (cf l'excellent article sur Agoravox que vous pouvez voir ici), je cites :
"a. Augmente la consommation de tabac et d’alcool, et la font débuter plus tôt
b. Pousse au sexe de plus en plus jeune et génère des avortements juvéniles
c. Fait baisser le niveau universitaire
d. Accélère le déclin cognitif des séniors et favorise l'Alzheimer
e. Constitue une drogue, chez les enfants et les adultes, notamment en accaparent l’attention par le changement perpétuel
f. Fait apparaître des troubles du langage chez l’enfant
g. Contribue à l’isolement social
h. Pousse à la simplification et au manichéisme
i. Fait baisser le niveau scolaire général
j. Fait baisser le niveau de compétence langagière
k. Fait baisser le temps de lecture
l. Augmente le risque de décès
m. Diminue la pratique sportive
n. Augmente l’obésité par la consommation d’aliments gras et sucrés
o. Nous fait consommer des produits dont nous n’avons pas forcément besoin
p. Pousse à la violence
q. Favorise l’anorexie, la boulimie, la dépression et la mésestime de soi
r. Augmente le sentiment d’insécurité"

... Arg...

lundi 19 juillet 2010

Panique - Suite

Le médecin de mon assurance santé m'à conseillé de me rendre à l'hôpital le plus proche passer des examens neurologiques, si possible une IRM.
Je m'y suis rendue dès le lever, très tôt ce matin.
Examen Neurologique normal, Scanner cérébral (trop grosse liste d'attente pour l'IRM) parfaitement normal aussi.
Pas d'explication pour les odeurs fantômes et les maux de tête mais ils disent que le scanner ayant écarté le plus "gros" je peux poursuivre mon voyage en essayant d'organiser d'avoir une IRM cérébrale dès mon retour, par sécurité...
Je me sens rassurée, ouf....
Mon mari est là aujourd'hui qui me dit avec son beau sourire: "viens, on va s'amuser avec les enfants.."
Donc bye bye

Re Panique

Elle est encore là, de plus en plus présente et forte de mois en mois, cette odeur chimique désagréable.
Sauf que jour après jour, question après question, j'ai fini par me rendre compte qu'elle n'existe que pour moi. C'est une phantosmie.
Ce soir, pour la première fois, je cesse de croire que "ça doit sûrement être encore un effet secondaire du Tamoxifène" pour regarder sur internet.
La phantosmie ne figure pas dans les effets secondaires du Tamoxifène, par contre, sa première cause est une tumeur cérébrale...

Demain je vais aller consulter, ce soir, je panique, laissez moi tranquille.

mardi 13 avril 2010

Chuuuut je vais parler de cancer...

Chuuuut je vais parler de cancer...

Enfin de "l'après cancer", de la période sans nom.
Sans nom car on n'est ni guérit ni malade. On attend. On attend, durant 5 ans, période probatoire après laquelle, si aucun nouvel épisode cancéreux n'est apparu on pourra peut être prononcer le nom de "rémission complète" pour certains et "guérison" pour les plus optimistes.
Ces 5 ans correspondent au temps qu'il faut attendre pour être sûr qu'il n'y a pas une petite métastase quel que part qui aurait échappé aux traitements...

Vous le savez, pour ma part, j'ai arraché au sort une attente extraordinaire, une attente où je goutte chaque seconde de cette nouvelle vie dans un tour du monde incroyable.

Je sais que vous êtres quelque unes à me lire, qui avaient traversé cette épreuve, pas "la même", bien sûr, nous la vivons tous différemment mais il y a des choses qui nous rapprochent. Et d'autres qui recherchent dans mes écrits le moyen de soutenir des proches...

Alors je ne vais pas vous mentir.
Faire le tour du monde ne m'empêche pas d'y penser, d'avoir peur parfois...

Hier soir, par exemple je sentait une odeur désagréable, comme "chimique". Les enfants ne sentaient pas. Je demande à mon mari qui ne sentait pas non plus. Et là, d'un coup, la peur insupportable. Et si c'était le signe d'une tumeur cérébrale sur le cortex olfactif ?
Je me recroqueville dans le coin du canapé...
Le Chum me voit. Il connait cette réaction. Il y a quelques jours en arrière, après avoir dit en parlant d'un set de table "il est sur le four" au lieu de "il est sur le réfrigérateur", je me voyais déjà avec une maladie d'Alzheimer. Et heureusement que je me souvenais que ma mère avait eu cette même peur après sa chimio, au point que je l'adresse à un ami neurologue qui l'avait gentiment rassurée (merci encore Bruno pour ça).
Le Chum se penche vers moi et d'une voix très douce m'explique qu'il ne sent rien car il a le nez bouché et cette odeur est probablement celle de mon ordinateur qui chauffe...
C'est fini, je respire.

Ces moments de peur sont brefs mais intenses, voyager me permet d'investir mon énergie dans autre chose que la peur et la dépression, cela me tire en avant. Cela avance le temps de façon plus élégante, ce temps qui passe et qui sera durant encore 3 ans plus porteur de vie que de mort. L'étrangeté de cette situation du temps qui m'éloigne de la mort n'en fini pas de m'étonner.

Voilà, c'est tout ce que je voulais vous dire, j'aimerais en parler avec celles qui... Mais je ne voudrais pas les forcer à regarder cette chose là en face comme ça, juste parce que chacun doit le gérer en fonction de ses forces...

dimanche 12 juillet 2009

Mangeons moins ou comment mon père avait raison !

Mon père dit souvent qu'il faudrait avoir "encore un peu faim" quand on sort de table !
Eh bien papa, la science te donne raison !
Il s'agit d'un excellent article, publié dans la revue Science (pour le profanes, je précise que "Science" est une des revue scientifique les plus prestigieuses au monde).
Que disent-ils ?
Ils confirment chez le singe ce qu'on avait déjà observé chez la souris, à savoir que de diminuer de 30% l'apport calorique (par rapport à ce que les singes consomment naturellement donc par rapport à ce que nous appelons la satiété) augmente la longévité et en meilleure santé.
Et pas qu'un peu... Cela diminue de moitié le nombre de cancers et de maladies cardiovasculaires, fait quasiment disparaitre le risque de diabète et diminue fortement l'atrophie du cerveau (dont on pense, chez l'homme qu'elle est associé à un déclin des facultés mentales).

J'ajouterais que cela me semble aussi bon pour la planète que pour nous.

Alors bon, c'est pas souvent mais pour une fois mon père avait raison sur un truc.

Voir le résumé (en anglais) ici.

jeudi 12 février 2009

Publication Scientifique

Mon dernier article sera publié dans une revue scientifique au mois de mars :-) !

Un seul article pour 2 ans de travail, après plusieurs évaluations par mes pairs, demandes de précisions (avec obligation de répondre aux questions et de transmettre tous les résultats etc etc.). Pour une revue à l'Impact Factor de 3,5 seulement...
A part ça nous avons une "évaluation confortable" nous vilains chercheurs fainéants !

dimanche 8 février 2009

A nouveau dans la rue


Mardi les chercheurs et les enseignants chercheurs seront à nouveau dans la rue. Pourquoi ?
Lisez déjà déjà mon premier post sur ce sujet...

Depuis des années les chercheurs et enseignant-chercheurs ont eux même demandé la réforme de leur métier pour l’améliorer, se sont réunis dans les “assises de la recherche” par petits comités pour faire les assises de la recherche, ont élaboré ensemble, toutes disciplines réunies un plan de rénovation de la recherche.
Il faut savoir que les chercheurs sont un des corps de métier les plus évalués de France... Bien plus que les politiques qui les jugent ! Pour plus de neutralité les chercheurs Français ont pris l’habitude de se faire évaluer par des confrères étrangers. Ce que les chercheurs voulaient rénover c’est le système de notation des carrières, car des nouvelles disciplines sont apparues, car selon les disciplines on va publier 1 ou 15 articles par an et ça n’a pas la même valeur, donc comptabiliser uniquement le nombres d’articles provoquerait la mort de pans entiers de la recherche.
Et bien d’autres choses qu’ils voulaient rénover...

Le gouvernement, au lieu de les écouter, les a méprisés. Le discours sur la recherche de notre président est atterrant. Un ramassis de non-dits et d”idées préconçues une méconnaissance totale de ce métier. Les gouvernement ne cite même pas l’existence des assises de la recherche, il a pondu à la place une réforme aberrante.
Et le président d'assener au Français qu’il va imposer une évaluation aux chercheurs, voulant faire passer l’idée à la population que les chercheurs sont des fainéants qu’il va bousculer. Que la France serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement. Il a recours aux mensonges, sans hésiter à jeter le discrédit sur un corps de métier qui a pour grand tort de voter majoritairement à gauche...

Dans le projet du gouvernement, la fin du CNRS, se dessine en filigrane, et les chercheurs jugés “mauvais” par le gouvernement seront puni en devant enseigner aux étudiants !
Merci pour les étudiants, il est des pays où on considérerait plutôt que ce sont les meilleurs qui devraient transmettre leur savoir ! Le métier de chercheur est devenu si peu attractif qu’on voit déjà apparaître depuis plusieurs années un désintérêt grandissant des étudiants pour les carrières scientifiques.
Le gouvernement va continuer à précariser la recherche, depuis plusieurs années le nombre de chercheurs statutaires diminue au profit des contrats précaires, c’est le seul métier où il est légal de faire un contrat précaire de 5 ans, ensuite on jette le jeune chercheur devenu trop cher s’il fallait l’embaucher en lui disant, à 35 ans, qu’il est à présent trop vieux...
Pour le gouvernement, il faut donner une apparence d’indépendance aux universités, pour cela il veut nommer des présidents d’université qui auront tout pouvoir sur la carrière des enseignants-chercheurs, les évaluation par les pairs devenant uniquement “consultatives”. Donc un système de carrières et de charge de travail entièrement piloté par le gouvernement avec un système despotique augmentant la précarité des chercheurs.

L'idée de fond c'est que la recherche doit "rapporter plus" à la France. Il faut breveter, il faut privatiser, faire du commerce... LEs chercheurs protestent que c'est la fin de la recherche fondamentale, celle, indispensable qui bien avant la moindre idée d'application accroit les connaissances de l'humanité. Et l'idée encore là dessous c'est d'arrêter de participer à la connaissance en libre accès dans le monde. Car c'est bien là où le bat blesse... Chaque chercheur publie ses résultats qui seront donc accessibles à tous les autres scientifiques dans le monde entier et permettront un accroissement global de la connaissance. L'idée d'un petit malin là dedans serait "et pourquoi mon pays devrait continuer à verser dans l'écuelle mondiale de la connaissance là où ils peut se servir gratuitement sans avoir à participer ?".

Franchement il va falloir le vouloir, démarrer à 1800 euros après 9-10 ans d’études supérieurs et 5 à 10 ans de précarité plus des concours extrêmement difficiles, pour se retrouver sous la direction despotique d’un directeur politique qui ne connaîtra rien à votre sujet de recherche !

Quel autre choix que de manifester, se faire entendre des Français ? Que d’essayer d’obtenir le soutient de la population pour obliger le gouvernement à enfin ECOUTER les chercheurs, reconnaître l'existence des assises de la recherche et regarder ce que les chercheurs qui ont à cœur leur métier ont à dire pour l’améliorer encore !

Allez lire le site de “sauvons la recherche”, faites le savoir autour de vous, empêchons le gouvernement de propager des idées fausses et de saborder la recherche Française !

Le discours du président ici :

Des extraits commentés : http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrkfeature=channel_page
et
http://video.google.fr/videosearch?q=discours%20sarkozy%20recherche&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&um=1&ie=UTF-8&sa=N&hl=fr&tab=wv#

lundi 2 février 2009

Chercheuse

Chercheuse je suis et chercheuse je resterai toujours. Ce n’est pas une question d’avoir un poste ici ou là, c’est un état d’esprit, une façon de regarder le monde qui ne peut m’être retirée.
On ne peut pas devenir chercheur(euse) par hasard. Il faut tellement d’acharnement, tellement d’années d’études, d’heures de travail, il faut retirer toutes les barrières entre la vie privée et le monde professionnel. On VIT chercheur.

Pour moi, c’est une passion qui s’est révélée dans mon enfance, des heures passées à regarder les animaux et les plantes. Je me souviens d’une bataille entre des fourmis et des termites qui m’a laissée scotchée jusqu’à ce que la nuit tombe et que mes parents me retirent du jardin manu militari, je me souviens de mois passés à apprivoiser des chats sauvages, je me souviens de la main de ma grand mère caressant ses plantes avec passion et de moi buvant ses gestes et ses paroles, je me souviens de mon père fâché car j’avais une fois de trop “gâché” une pellicule à ne photographier QUE la nature, je me souviens des kilomètres dans la brousse, seule, à vivre dans la nature, je me souviens avoir admiré le ballet des crabes, je me souviens avoir essayé de dévier les fourmis de leur trajet pour voir si elles trouvaient leur chemin à l’odorat où à la vue... mes premières expériences sans doutes. Et je me souviens de la boîte du petit chimiste, le plus beau cadeau d’enfant, d’avoir fabriqué des boules puantes et distillé de l’alcool. Puis j’ai essayé de comprendre comment les conversations des grands se déroulaient et d’avoir expérimenté de les modifier ou les influencer en glissant le bon mot au bon moment, parfois juste pour les voir se disputer entre eux. Je les regardais se fâcher, fascinée et c’est sans doutes là que j’ai décidé que j’étudierai la manière dont les gens pensent, ce “qu’ils ont dans le cerveau”.
Sans doutes aussi parce que les hurlements ce n'était pas que destiné aux adultes. Je voulais comprendre ...
Il a fallu travailler très dur, rencontrer les bonnes personnes, travailler encore. Et je me souviens de la fierté de mes parents quand j’ai soutenu ma thèse.

J’ai travaillé dans plein de laboratoires, j’ai vu plein de bonnes choses et des mauvaises aussi. Des gens passionnés et bosseurs et des gens abusant de leur pouvoir sur les étudiants aussi. J’ai débuté avec une prof. qui m’a prise par la main pour tout m’apprendre, patiemment et surtout m’apprendre comment poser ma pensée pour en faire une question scientifique. Je lui dois tout. Petit à petit le visage de la recherche s’est modifié. Les professeurs sont devenus les gestionnaires de troupeaux d’étudiants, sans aucune considération pour leur avenir, gérant leur stock de matière première humaine pour en tirer le maximum avant de s’en débarrasser. Les labos sont composés de très peu de titulaires et une majorité de “non permanents”, façon élégante de désigner ceux qui n’ont pas de poste et vont devoir se battre entre eux pour arriver à un avoir un, vont devoir passer plusieurs années à louvoyer et remplir des dossiers pour faire émerger leur CV. A un moment personne ne se demande ce que ça fait, de jeter les gens les uns contre les autres, de favoriser l’individualité pour des recherches qui se font avant tout en équipe et où c’est un groupe qui devrait avancer ? Mort aux plus faibles, à ceux qui ne rapportent pas où “gênent” la recherche de fric, c’est ainsi que des pans entiers de la recherche ont disparu, faute de financement, je pense à l’éthologie notamment, une catastrophe en France.
J’ai vu aussi des gens indignes profiter de mes travaux pour asseoir leur poste, je me souviens de soit disant chercheurs qui devaient m’aider dans des travaux de neuropsychologie et qui non seulement n’ont rien fait mais en plus m’ont saboté une partie de mon travail. Le psychiatre malhonnête et incompétent a été récompensé par un poste hospitalier faisant valoir mon travail qu’il a présenté comme le sien et moi je n’ai eu qu’à m’expatrier.
J’ai vu aussi la recherche être attaquée, pensez aux créationistes, à tous ceux qui mentent en se faisant passer pour des chercheurs et en attaquant la recherche sur ce qu’elle a de fondamental, le doute. Il est facile de dire qu’un chercheur n’est pas sûr de lui car il tient toujours pour réfutable les arguments qu’il avance. Et dans un monde où les plus arrogants qui tirent les ficelles voudraient faire croire qu’ils maîtrisent tout, accepter que le propre de la recherche est d’avant tout être réfutable c’est difficile à avaler. Le doute, la réfutabilité, qui sont notre force, le fondement même de notre manière de penser sont perçus comme des faiblesses.

Aujourd’hui les chercheurs sont dans la rue. Encore. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Les chercheurs ont dit depuis longtemps que leur système devait être réformé, ils se sont pris par la main, ont fait les assises de la recherche, des milliers de chercheurs, par petit comités, ont réfléchi à ce qu’il fallait faire pour sauver et améliorer la recherche Française. Le plan à été finalisé et présenté au gouvernement... Qui l’a jeté à la poubelle !
Aujourd’hui le gouvernement nous propose une réforme qui ne reprend rien des propositions des chercheurs. Dans une logique totalitaire on veut changer l’esprit même de la recherche pour en faire un outil au service non du savoir mais de la production d’argent. La seule question posée sera “combien ça rapporte?”.
Le savoir est méprisé, c’est devenu la quête des faibles et des fainéants, selon ceux qui nous dirigent.
Qu’es ce qui ne va pas dans ce qui est proposé ?
Tout simplement une méconnaissance totale de ce qui fait la recherche. La liberté. Le gouvernement, en prenant le pouvoir sur les moyens de la recherche, entend limiter les moyens aux seules études qu’il estimera intéressantes. Le CNRS, qui pourtant fonctionnait bien, est menacé, il devrait se fondre dans les universités qui sont déjà asphyxiées.
Pourtant, si au 19 ème siècle le gouvernement avait tenu une telle position, pour développer les communications il aurait tout misé sur... les pigeons voyageurs !
La science doit être libre car elle est CREATIVE. On ne peut pas limiter la pensée d’un artiste sans gravement nuire à sa créativité.
C’est assez étrange, d’ailleurs, de voir un gouvernement “libéral” être aussi dirigiste sur la recherche.
Qui plus est, en rendant la recherche publique dépendante des entreprises et de l’état, on ôte tout moyen de rétrocontrôle sur les effets pervers d’une commercialisation rapide des découvertes.
Le système américain tant vanté a des pieds en argile, les gardes fous sur les toxicité et les pollutions ont été étranglés.
Savez vous que les premières découvertes sur le pouvoir addictif de la nicotine dans le tabac ont servi aux industriels à augmenter les doses de nicotine dans les cigarettes ? Et quand c’est devenu illégal ils ont tout simplement sélectionné les plants les plus riches en nicotine...
Quand la science est au service du profit et non de la connaissance !
Allez lire le site de “sauvons la recherche”, c’est édifiant.
http://www.sauvonslarecherche.fr/

Pour ma part avoir eu des enfants d’abord puis un cancer ensuite, a avancé mon âge au delà des limites d’âge (illégales et systématiques) pour avoir un poste.
Mais avoir vécu dans les laboratoires et vu la recherche se dégrader et ne profiter plus qu’aux plus mercantiles ne me donne pas non plus envie de me battre pour cela.
Je rêve d’une recherche libre où je puisse avancer sur mes idées sans contrainte. Continuer à travailler en équipes, si stimulantes, sans avoir une arrière pensée de compétition pour un poste ou sans devoir se dire qu’on tire un maximum de ce DEA, ce thésard ou ce post-doc sans lui offrir aucune possibilité d’avenir.
Pour cela une seule solution, travailler à mon compte. C’est possible car je suis aussi clinicienne. Je peux vendre mon expertise en tant qu’entreprise auprès des laboratoires publics, puisqu’il n’y a plus d’argent pour embaucher du personnel mais pleins de moyens pour collaborer avec le privé... Et ça me permettra aussi d’avoir le droit de donner mon avis.
Mais je n’ai aucune connaissance en économie ni en gestion, alors souhaitez moi bonne chance !
Aidez nous à sauver la recherche !

samedi 22 novembre 2008

Neurosciences et Publicité


Il y a longtemps, avant, dans une autre vie, j'ai été une chercheuse en Neurosciences. Et il y a longtemps, avant, dans une autre vie, je suis rentrée en contact avec deux sociétés Françaises qui tentent de lancer le marché des prestataires de services scientifiques auprès des publicitaires.

Je vous vois ouvrir la bouche rond comme des poissons rouge.

Mais oui, évidemment, utiliser les connaissances des neurosciences et notamment de l'imagerie cérébrale et du comportement pour améliorer l'impact de la publicité c'est une démarche tout à fait actuelle. Rien à voir avec de la science fiction.

De là à ce qu'une chercheuse qui maîtrise à la fois l'imagerie fonctionnelle cérébrale et le comportement, qui ait bossé sur les fonctions attentionnelle et qui se retrouve au chômage jetée par le système Français et ses limites d'âge à la con se retrouve contactée pour gagner BEAUCOUP d'argent en livrant ses connaissances pour améliorer la pub, c'est après tout absolument naturel.

Bon, je suis toujours pauvre. Mais je peux encore le faire, c'est une porte de sortie possible... Je dis ça juste pour qu'un riche passant ait pitié et m'envoit plein plein de fric pour que je garde ma moralité ;-)
Non, soyons sérieux.

Comment changer la conduite des individus en s'aidant de nos connaissances ?

Il y a quelques temps une étude à été financée par Coca-cola pour comparer l'impact de l'image de son logo en Imagerie par Résonance Magnétique Fonctionnelle (IRMf), par rapport à l'image du logo de son concurrant Pepsi... Une première étude, basée sur un test gustatif en aveugle (les gens ne savaient pas ce qu'ils buvaient) avait montré que les gens préféraient le goût du Pepsi. Mais si l'étude gustative ne se faisait plus en aveugle alors les gens disaient préférer le Coca.
L'étude en IRMf à consisté à regarder l'activité du cerveau au moment où on faisait un test gustatif, puis l'activité cérébrale quand on montrait chacune des deux marques. Au moment du test gustatif, c'était surtout le noyau putamen qui était activé (ventral) et pour les marques le cortex préfrontal et plus pour Coca...
Petite conclusion sur le contrôl du préfrontal sur le putamen...

Quand la personne de la Pub m'a relatée fièrement cette étude, j'ai posé plusieurs questions. Pourquoi faire de l'IRMf là dessus ? Quelles nouvelles informations scientifiques cela apportait-il ?

Evidemment, aucune. Tous cela est bien connu, l'implication du cortex préfrontal dans la mémoire, le contrôle des régions antérieurs sur les régions postérieures, le rôle du ventral putamen... Aucun scoop.
Pour moi ces publicitaires ont perdu leur temps et leur argent. L'information que Coca vendait plus ils l'avaient déjà et la réaction cérébrale c'est de la poudre aux yeux pour publicitaires naïfs ou désespérés.
Mais comme on m'a fait remarquer, peut importe ce que ça apporte réellement en informations, l'aura scientifique fait vendre et d'avoir sa petite image du cerveau avec le préfrontal s'activant devant sa marque à du faire très plaisir aux patrons de Coca qui ont beaucoup de fric à perdre dans ces trucs là.

Vu comme ça c'est sur...

Bon des études il y en a eu d'autres, je peux vous citer celle qui montrait que l cortex préfrontal s'active plus si le sujet s'identifie à ce qu'évoque le produit comme image de lui même (genre t'est un pauvre petit repoussé par les autres mais si tu met ce parfum tu vas être irrésistible et tomber toutes les nanas... ooooh oui je me reconnaît dans le pauvre petit rejeté donc je vais pouvoir tomber les nanas).
Je vous le fait en basique vous noterez, c'est l'avantage de ne plus parler à un public de scientifiques, je peux caricaturer ;-)

Assez rapidement il y a eu des gens pour dire que ce qui fait vendre c'est les émotions (t'aura de l'amour, t'es triste, gai, rejeté etc...) et la récompense (si tu commandes 3 articles t'as le porte clés avec le petit ourson tellement mignon). Là on à regardé le cerveau de mecs regardants des belles bagnoles et on à vu que le noyau accumbens (Nacc) s'activait.
Evidemment c'était pas une nouveauté non plus et comme d'autres études avaient montré un lien entre l'activité du Nacc et l'attente d'une récompense ça à encore fait très plaisir à ceux qui veulent nous vendre leurs salades. Pour nous c'était assez banal de citer le lien entre émotions et encodage.

En réalité, il n'y à rien de nouveau pour la science dans ces études, par contre ça excite beaucoup les publicitaires.
Pourtant ça fait longtemps qu'ils utilisent les connaissances de socio et de psycho pour essayer de vendre plus. Le mouvement ne vient même pas d'eux mais du monde politique, je suppose que vous avez tous entendu parler des études sur la manipulation des foules qui intéressaient tellement Hitler ! Maintenant ces trucs là c'est du basic enseigné en Deug de socio et très probablement en Master de pub.

Depuis pas mal de temps déjà la pub essaye de vendre en activant nos émotions et surtout sexuelles, en utilisant des techniques de mémorisation plus efficaces etc.

Est ce que les neurosciences vont pouvoir les aider à vendre plus ?

Eh bien personnellement je me méfierai de ça. Ce n'est pas parce que jusqu'ici c'était plutôt de la rigolade qu'il n'y a pas réellement un potentiel à accroître l'impact des pubs sur les gens.

A mon avis ils vont rapidement se mettre sur les bonnes pistes, comme regarder l'impact cérébral de la différence sexuelle des messages publicitaires notamment émotionnels, s'intéresser au lien entre la baisse d'attention et l'impact des messages émotionnels, enfin tout ce qui fait que les chaînes vont pouvoir continuer à vendre plus de « temps de cerveau disponible ».

Ceux avec qui j'ai parlé m'ont affirmé qu'ils n'utiliseraient pas les neurosciences pour améliorer l'impact de la publicité visant les enfants... C'est sûr, chacun à ses limites éthiques...

jeudi 11 septembre 2008

Je suis encore une Scientifique

C'est mon dernier article qui vient d'être accepté (sur l'activation cérébrale par la nicotine et l'effet d'une mutation sur un récepteur nicotinique).

"I am pleased to inform you that your manuscript (...) has been accepted for publication in Psychopharmacology."

Rhaaaa, qu'est ce que cela fait plaisir quand on reçoit cette petite phrase là :-)

Vous savez, moi je marches au ralentit, ce petit miracle je le dois à l'amitié et à l'énergie de mes anciens collègues et amis de l'Institut Pasteur et du CEA.

MERCI !

J'en suis quitte pour apporter un gâteau et du champagne moi ;-)

samedi 31 mai 2008

La passion revient

Quand l'amitié touche la passion des chemins infinis de La Recherche. Quand la solidarité se rappelle de nos espoirs et de nos rêves. Quand la compréhension des femmes pense tout doucement les plaies des corps déchirés. Quand les cerveaux s'illuminent dans les gros jouets de notre curiosité...

Cela donne une petite phrase comme celle là...

"Tu viens travailler avec moi, l'année prochaine au CNRS je vais développer un sujet qui t'intéresse... tu pourrais démarrer doucement avec des vacations... ?".

Vous savez quoi ?
Mon cerveau marche encore !
J'ai des amis merveilleux !
La vie est belle !
La Recherche est la plus belle aventure du monde !
;-)

mardi 6 mai 2008

Article soumis !!!

Tagadaaaa !
Mon dernier article est soumis à la revue scientifique "Neuropsychopharmacology".
vous savez quoi, j'ai vraiment des amis et collègues merveilleux, voyant que ma santé était quelque pu défaillante ils ont fini l'écriture de l'article. Je suis émue aux larmes de cette solidarité et de cette gentillesse.

Cela parles de souris normales et d'autres transgéniques (eh oui) elles n'ont pas un type de récepteur nicotiniques, on les a anesthésiées et "activé" leur cerveau par de la nicotine et regardé l'activation cérébrale en IRMf (Imagerie fonctionnelle)...
Nous en tirons des informations importantes sur le fonctionnement cérébral et en particulier des récepteurs impliqués dans "l'éveil cérébral"...

mardi 29 janvier 2008

Chronique de Salles d’attente N.3 : Dans le brouillard

(janvier)
Cela fait des heures que je suis là, dans la grande salle de l’entrée. Les examens se sont succédés depuis plusieurs jours mais je vis dans le brouillard. Est ce parce que l’oncologue m’a prescrit un anxiolytique ? Sûrement… Cela faisait plusieurs mois que je me réveillais le matin vers 3-4 h avec une angoisse indescriptible. Un flot d’angoisse pur celui qui fait accélérer les pulsions cardiaques et tient les yeux bien ouverts, comme si se rendormir était la pire des choses, là où on retrouve les cauchemars et la mort. Pour moi il s’agit d’une banale dépression réactionnelle.

Je n’avais jamais de ma vie acceptée de psychotrope, j’ai toujours considéré que mon mental devait faire son chemin, mais là je me suis retrouvée devant un dilemme.
Mes premiers travaux de recherche étaient justement sur les relations entre le stress et le système immunitaire. Un excès de stress dégrade notre système immunitaire aussi sûrement qu’un coup de massue fait mal, cela ne fait aucun doute pour moi. J’en ai regardé les mécanismes intimes, le lien entre l’adrénaline, les interleukines et la production du facteur de nécrose tumorale. Bon j’arrête de vous parler chinois. Disons que j’ai la conviction profonde qu’un stress élevé et prolongé est une mauvaise chose pour les défenses immunitaires de mon organisme. Or je me trouvais devant un stress évident que j’ai essayé de réguler de façon naturelle en vain pendant plusieurs mois. Après c’est un engrenage infernal, le manque répété de sommeil qui diminue ma lucidité et ma capacité à encaisser ce qui augmente le stress, ce qui diminue le sommeil etc etc.

Première réaction : aller plutôt voir un psycho-oncologue et régler cela sans médicaments. Mais les RDV sont très durs à avoir, plus d’un mois de délais. On dirait bien que la psychologie est le parent pauvre de l’institution, là encore… Donc je me sentais coupable de ce stress que j’imaginais contribuer à aggraver allègrement la maladie en dégradant mes défenses. Donc j’ai accepté cet anxiolytique pour arriver à dormir et récupérer le contrôle…

Mais dans un premier temps cette aide m’a plongée dans le brouillard. Il m’a fallu quelques jours avant que je ne réagisse en divisant par 2 (puis par 4) et en limitant au coucher les doses qu’on m’avait prescrites.

Pendant ces jours, j’ai passé des examens médicaux comme ma première scintigraphie (la scintigraphie cardiaque) tel un fantôme dans les couloirs. Je n’ai rien noté, je n’ai rien lu, je suis juste resté hébétée à attendre qu’on vienne me chercher. Imaginez, je n’ai PRESQUE PAS POSE DE QUESTIONS ! De la scintigraphie cardiaque je me rappelle vaguement qu’il y avait un infirmier (était ce bien un infirmier ?) très sympa. Vous en ré-entendrez parler alors je vous dit tout de suite que sur ce Blog il s’appellera « Tintin ».

Revenons à la situation présente, cela fait donc longtemps que je suis là, j’ai eu un examen avant mais je ne me souviens pas lequel était ce. Là je sais ce que j’attends, j’attends mon mari qui va m’accompagner à l’échographie abdomino-pelvienne. Je le sais parce que cet examen en particulier est celui dont les résultats me font le plus peur. Je suis seule, je me suis installée en face de la porte de façon à guetter l’arrivée de mon chum. Hier et ce matin j’ai tout oublié de faire, de téléphoner à ma mère, de prendre mes lunettes, de prendre le téléphone portable, d’écouter mes messages, de prendre des RDV... Je commence à réaliser que je suis dans le brouillard. Cela dit, je dors… Avec ce fameux comprimé je « comate » même, il à fallu me réveiller à 8h, j’avais la tête lourde et les idées épaisses. Malgré tout j’ai fait ce matin une chose tellement importante qu’elle a pu me faire émerger du brouillard : j’ai préparé des affiches « chat perdu » que mon chum collera ce soir dans le quartier. Ma chatte adorée a disparue depuis plusieurs jours…
Je me sens telle un fantôme parmi les autres fantômes de cette salle et les chroniques de salles d’attentes me semblent surhumaines.
Ouf, voilà mon chéri.

jeudi 5 avril 2007

contraception hormonale, humeur, comportement et libido...

Un sujet qui dérange...
Je me dis qu'un jour j'aborderai un sujet qui dérange... la contraception hormonale et son influence sur le comportement des femmes...
Car, quand même, comment peut on modifier le comportement, l'humeur, la libido de millions de femmes sans les en informer ?
J'ai eu moi même affaire à un gynéco qui a prétendu devant moi que les hormones prises pour la contraception n'avaient aucune influence sur le comportement, qu'elles ne "pénétraient" pas dans le cerveau... Je lui ai demandé par quel miracle ? Il me dit "maintenant elles sont microdosées". Je lui réponds "et alors ? Ca veut dire quoi ? Elles doivent nécessairement être suffisamment dosées pour contrer le cycle normal non ?" Silence du prévenu... Puis il me demande ma profession "chercheuse, justement sur le fonctionnement cérébral et le comportement intéressant non?".
Il me dit, "vous n'avez qu'à mettre un stérilet hormonal". Je lui dis "allons bon, beaucoup de femmes s'en plaignent car cela leur réduit leur libido à néant, cela dit, ça doit être efficace effectivement comme contraception, empêcher la libido... personnellement à choisir je préférerait un stérilet au cuivre". Il me dit "pas question ça provoque des hémorragies, non je vous prescrit un stérilet hormonal vos copines c'est psychologique ce qu'elles racontent, l'effet des hormones est uniquement local". Je réponds "non monsieur, il y a forcément un passage cérébral, de plus que pensez vous, que le psychologique flotte à coté du cerveau ? Quant à m'imposer un mode de contraception dont je ne veut manifestement pas est ce déontologiquement correcte? Si vous voulez me convaincre, donnez moi des arguments scientifiquement valables" Il me dit, "je vois, vous êtes une stressée..." je réponds en riant "je vois, vous êtes aussi très compétent en psychologie… vous avez fait des études de psycho ? »… Le monsieur m’a fait son ordonnance de stérilet hormonal sans plus rien dire, j’ai salué poliment, il ne m’a jamais revue.
Je pense personnellement que la variation de l’humeur en fonction du cycle hormonal est normale… Mais de nos jours, tout doit être sous contrôle chimique, y compris nos humeurs, y compris (aux EU) la vivacité des enfants… mais je m’égare, hum.

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Edit.
Ce texte a été lu un nombre considérable de fois. Comme je m'étais faite agressée dans les commentaires par un médecin, blessé dans son envie de toute puissance sur les femmes/patientes, je rajoute ici plusieurs liens sur des études scientifiques qui parlent des effets des hormones sur le comportement.

Sur le choix du partenaire sexuel:
Un article paru dans "science et avenir" : voici le résumé en français :
http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/fondamental/20080813.OBS7284/attirance__genetique__et_contraception.html

Qui dit que des femmes sous pilule vont être plus attirées par des hommes aux odeurs génétiquement proches, contrairement aux femmes qui ne sont pas sous pilule qui choisissent des hommes génétiquement plus éloignés. Une hypothèse d'explication pourrait être que sous pilule la femme est plus proche du comportement de "gestation" donc va se rapprocher du groupe proche "protecteur".

Mais surtout la référence de l'article original par dans la revue scientifique "Proceedings of the Royal Sociaty" "MHC-correlated odeur préférences in humants and the use of oral contraceptives" S. Craig Roberts and coll., 2008. Proc. R. Soc B. 275, 2715-2722.

Pour la libido, les articles sur une possible relation entre les hormones sexuelles et le niveau d'intérêt sexuel sont pléthores. En gros on a une grande variabilité de la sensibilité des femmes à la prise d'hormones, certaines ayant un comportement sexuel "amélioré", d'autres "inhibé". De plus, comme dans tous les comportements complexes, (mais si, c'est complexe chez l'humain) on ne peut pas avoir de certitude bien que les expériences chez l'animal soient probantes. Une petite liste ?

Ott MA, Shew ML, Ofner S, Tu W, Fortenberry JD. The influence of hormonal
contraception on mood and sexual interest among adolescents. Arch Sex Behav. 2008. Aug;37(4):605-13.

Graham CA, Bancroft J, Doll HA, Greco T, Tanner A. Does oral
contraceptive-induced reduction in free testosterone adversely affect the
sexuality or mood of women? Psychoneuroendocrinology. 2007 Apr;32(3):246-55.

Davis AR, Castaño PM. Oral contraceptives and libido in women. Annu Rev Sex
Res. 2004;15:297-320. Review.

Enfin je ne rentrerai pas dans le sujet - trop douloureux pour moi- de la relation possible entre contraception orale et cancers hormonaux. Vous pouvez chercher vous même, il y a des choses que moi je m'interdit…

En conclusion: La pilule est une formidable méthode de contraception, mais cela n'interdit nullement une réflexion sur ses inconvénients et d'encourager à la recherche d'autres méthodes. Non, mais !