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jeudi 18 juin 2015

Entre les lignes politiques

Certains ont souhaité que je continue de vous prendre la tête causer, on va dire que c'est de leur faute, alors aujourd'hui causons Politique !

Encore une fois, le pouvoir exécutif a fusillé le pouvoir législatif avec ce «fumeux» article 49.3 de la constitution.
Savez vous de quoi procède ce fameux article ?

Il s’agit d’un article de la CONSTITUTION de la Vème république qui permet au gouvernement de fusiller le débat parlementaire.... Et oui, de faire passer un texte de loi SANS VOTE.... Déjà que certains trouvent que nos parlementaires représentent si peu les intérêts du peuple, là on est carrément tranquilles, le peuple disparait du débat sans autre forme de procès.

Ce bazooka exécutif de la V ème république est sans précédent dans l’histoire de nos pseudo-démocraties.
Bien sûr même en voulant assurer une plus grande stabilité au gouvernement, nos anciens ont voulu tout de même instaurer un contre-pouvoir.
Ainsi l’assemblée peut engager une «motion de censure»... Qu’une élus de gauche vient de déposer, d’ailleurs...
Que veut dire une «motion de censure ?» Que si l’Assemblée nationale dans son ensemble n’est vraiment pas d’accord la seule chose qu’elle peut faire c’est de forcer le gouvernent à démissionner.

Mais ce contre pouvoir ne fonctionne pas, nous le savons, par l’histoire,  et par l’analyse du fonctionnement de ce mécanisme.

D’une part il est très difficile qu’une motion de censure passe, car l’organisation du pouvoir par des «partis politiques»** rends ce vote très improbable.
D’autre part, la seule fois où la motion de censure est passée, contre Pompidou, il a démissionné pour être aussitôt reconduit...
Enfin la crise politique qu’entrainerait une motion de censure réussie amènerait très très très probablement la dissolution de l'Assemblée. Nos élus députés le savent, et comme dans l’immense majorité d’entre eux, ils sont des «élus professionnels» ils veillent à leurs intérêts, ce qui est tout à fait logique mais fort malheureux du point de vue du peuple qu’ils sont censés représenter...

Problème pour nous, le petit peuple, car la seule manière de revenir sur ce pouvoir si nous pensions que l’équilibre de la séparation des pouvoirs est rompu, ce serait de passer à une 6 ème république et de ré-écrire une constitution... Attention PAS que ceux qui sont déjà au pouvoir l'écrivent, car ils risqueraient de se favoriser encore eux-mêmes, mais bien que le Peuple l'écrive! Ce qui suppose une assemblée constituante... Ce qui suppose aussi une période de crise... Mais nous savons tous qu’une fracture engendre une période de chaos dont l’issue est, par essence, imprévisible...

La prudence amène à cette immobilité. On peut se dire que cette immobilité entraîne une dégradation lente qui pourrait coûter à nos enfants plus cher qu’une crise peut être passagère pour nous... Mais entre la quasi certitude du risque d’engendrer une fracture à l’issue incertaine et le «peut être» «probable» «lointain» du risque pour nos enfants, moi aussi je reste là à regarder sans bouger...
C'est bien? C'est mal? C'est autre chose ? Qu'en pensez vous ?

** Pour comprendre pourquoi je dis que l’organisation du pouvoir en partis politiques pose problème, je vous conseille +++ de rechercher sur internet ce vieux texte de 1940:
«Note sur la suppression générale des partis politiques». De Simone Weil !

Parfaitement d’actualité, extraordinaire de limpidité, d’intelligence, d’humanisme.... En plus c’est un texte court de 12 pages.... Une femme hors du commun... Franchement ça vaut le coup de le lire !

vendredi 31 mai 2013

Sommes nous encore en Démocratie ?

Aujourd'hui je vous invite à discuter de cette question : « sommes nous (encore) en démocratie)...
Ça faisait trrrès longtemps que nous n'avions pas parlé de politique (au sens noble des citoyens qui discutent de ce qui les concernent) ici...
MAIS j'ai quand même cogité (hé oui...) et j'ai mis mes idées sur le papier, ça m'a pris pas mal de temps même.
Alors lisez si vous le voulez (ou pas) et lancez vous dans les commentaires, aller, nous avons TOUS et TOUTES le droit de parler de politique. Ne laissons personne nous dire que c'est « trop compliqué » ou que ce n'est « pas à nous de le faire », quelles que soient vos opinions vous avez le droit de les exprimer, soyez les bienvenus :-)

C’est un sujet difficile, la démocratie, mais il nous concerne (oh combien) tous. Dans ce texte, je définirai d’abord la démocratie, puis expliquerai qui nous gouverne, enfin nous aborderons La question de l’indépendance des pouvoirs puis des idéologies qui sous-tendent ces pouvoirs et enfin notre place de citoyens devant ces questions.

I. Définition de la démocratie.

La démocratieest le régime politique dans lequel le peuple est souverain.
Dans l’introduction de la constitution de 1958 , la définition de la démocratie correspond à la formule d’Abraham Lincoln : la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». C’est cette définition que j’ai choisi de suivre.

Pour la comprendre, revenons un peu en arrière...

La constitution de 1958 a été proposée par le général De Gaulle dans le contexte particulier de la guerre d'Algérie. Il avait alors besoin d'un pouvoir exécutif fort qu’il a fait accorder au président de la république.
Je vous cite des extraits utiles du préambule de la constitution qui explique l’ESPRITdans lequel elle a été rédigée et vous encourage à la lire par vous même:

«Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :
- La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.
- Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
- Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises.
- Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
- La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat. 
- La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.»

Titre premier : De la souveraineté (extraits)

- «La devise de la République est "Liberté, Egalité, Fraternité".
- Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
- La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.»
...Fin des extraits...
 
Ainsi on voit que l’ESPRIT qui a mené à la 5ème république était bien celui d’une démocratie.

II. Qui nous gouverne ?
Ce qu’on observe, en regardant nos élus, c’est qu’ils ne représentent absolument pas la diversité du peuple Français. Ce sont majoritairement des hommes, âgés, issus d’une classe sociale aisée et ayant apprisla politique au cours de leurs études.
Mais par quels mécanismes ces personnes accèdent-elles au pouvoir et comment le pouvoir se retrouve t-il concentré aux mains d'une minorité d'élites ?
On peut citer divers types de dysfonctionnements à l’origine de ce résultat.

1) Dysfonctionnement dans les élections elles-même.
- Candidats pré-sélectionnés par des partis de manière pas forcément "démocratique".
- Candidats sélectionnésdavantage sur leurs apparences et sur leurs ambitions voir leur agressivité que sur leur capacité à diriger où à comprendre le peuple. Le jeu théatral des personnalités politiques est devenu si prépondérant que le sens même du mot «politique» a changé et devient de plus en plus péjoratif.
- Une fois élus les élites apparaissent plus dans les médias et ça favorise leur maintient en place. 
- Les votes se font sur des déclarations d'intention "philosophico-politiques" des candidats mais il n'y a pas derrière de règle d'application des promesses...

2) Dysfonctionnement dans le contrôle du peuple sur ses élus.
Les élus ont le pouvoir de légiférer sur leur propre statut d'élus et sur leurs conditions de travail, voire sur leurs propres financements !
Un exemple, l’indemnité représentative de frais de mandat des députés, qui est une enveloppe sur laquelle le peuple ne peut pas demander des comptes. Tous les amendements proposés sur son contrôle, ont été rejetés par ceux là même qui devaient être contrôlés. Dernièrement, il y a eu une polémique dessus, mais ce qu'on a vu au final c'est que le débat a été détourné du fond, pour aboutir sur une joute cosmétique sur les écarts de richesses entre les élus et le peuple. Alors que ce qui est grave et anti-démocratique, c’est que ce sont les élus EUX MEME qui fixent les règles de l’exercice de leur pouvoir et de leurs financements et c’est cela qui est problématique. Dans un contexte où on comprend à quel point le pouvoir corrompt il est totalement anormal de laisser à nos élus le droit de légiférer sur eux même !
Il n'existe quasiment pas en France de possibilité de référendum d'initiative populaire. Un mécanisme de référendum avec une pétition de citoyens a bien été introduit en 2008 par le gouvernement de Mr Sarkozy, mais les conditions sont trop contraignantes quasi inapplicable. 
 
Autre constat alarmant, les comptes de l’état ne sont pas l’affaire du peuple !...
C’est la conclusion ahurissante qui est ressortie de l’affaire de l’hippodrome de Compiègne.
Que s’est-il passé? En bref, un syndicat a saisi le ministre du budget d’un recours administratif pour abroger l’arrêt ministériel de vente. La ministre n’ayant pas bougé le recours a été rejeté. Il n'y a pas eu de jugement. Le gouvernement a tout de même demandé un rapport d’un professeur de droit public pour avis sur la légalité de la vente.
Que dit ce rapport ?
En substance que le syndicat n’a pas d’intérêt à agir. C’est une des bases du droit. Il faut avoir "un intérêt à agir" pour saisir un tribunal. Le plus souvent avoir subi un préjudice.

Donc que comprendre ? Eh bien que au final la justice ne reconnait pas l’intérêt à agir du contribuable sur la question de la bonne gestion de l'impôt avec le prétexte que le peuple n’a passubi de préjudice... Ceci veut dire que les citoyens n’auraient pas le droit de s’instaurer partie civile sur un éventuel détournement de biens publics car il n’y aurait pas d’intérêt direct des citoyens à agir lorsque l’argent public n’est pas utilisé dans l’intérêt général...
Enfin, pour clore le sujet du contrôle de nos élus, rappelons qu’en pratique les députés ont un absentéisme récurrent lors des débats et des votes parlementaires, ce qui amène régulièrement la problématique de leur représentativité dans les lois votées.

  1. La question de l’indépendance des pouvoirs.
Nous venons de parler du problème de la justice qui ne fait pas assez contre -poids à l’exécutif, et il y aurait encore beaucoup à dire mais j'ai pas le temps (ni toutes les connaissances) alors passons aux autres contres -pouvoirs:
  1. Le soit disant contre-pouvoir des médias.
Il y aurait beaucoup beaucoup à dire sur les médias, et je vois que mon texte est déjà trop long, je vais essayer de le faire en bref alors:

Notre société est intoxiquée des médias qui appartiennent aux plus riches, à chaque fois que quelque chose d'important se passe au niveau politique, on subit un conditionnement médiatique qui le plus souvent vise à nous détourner du sujet pour nous faire nous concentrer sur des sujets moins importants en terme de société mais qui vont nous « envahir » sur le plan émotionnel. Ce « conditionnement médiatique » détourne en pemanence le peuple d'une fonctionnement démocratique.
  
Au contraire, les informations essentielles sur les décisions capitales et supranationales prises au sein du parlement Européen sont très peu propagées. 

L’accès même aux informations fondamentales est devenu difficile pour nos journalistes. 

La désignation des responsables des chaînes publiques de télévision et de radio, et l'attribution des financements associés dépendent du pouvoir exécutif, presque tous les journaux étant soit en état de perfusion financière soit dépendants d’intérêts privés supranationaux souvent aussi de connivence avec le pouvoir exécutif.
Les médias dit «libres» sur internet, les espaces d’opinion comme les blogs et les médias dits «citoyens» sont sous surveillance. La liberté de la presse en France a beaucoup reculée dans le classement mondial. 
Enfin la quasi totalité de la presse privée appartient à des multinationales. Nous comptons très peu de médias qui comme «le canard enchaîné» sont réellement libres.
Exemple: On a la famille "Bouygues"(Ami de la famille Sarkozy) qui a des parts dans TF1 et le journal «Métro». La famille "Bolloré", dans direct soir, matin plus, direct 8 (dont la première dame était l’ancienne star), la télévision sur la TNT... Dassaultce sénateur (qui est important dans l’industrie de l’armement) possède le Figaro et Valeurs Actuelles, une partie de l’Express et de la voix du Nord ! Lagardèrea des parts du journal le Monde, des éditions Hachette, du Parisien, Canal+, Europe1, RFM !!! Et Rothschild, une dynastie de la finance,s’est impliqué dans le Journal Libération...


Question: Les grandes puissances utilisent-elles leur emprise sur les médias pour manipuler l’opinion et favoriser les politiques qui les arrangent ?
Un exemple que j'ai relevé l'an dernier: Le 1er Octobre 2012, le lendemain d’une grande manifestation organisée par l'extrême gauche française contre le traité de stabilité Européenne, apparait un sondage de l’institut BVA affirmant que près de 2 français sur 3 voteraient en faveur de ce traité s’il était soumis à un référendum et que 72% des personnes seraient favorables à la règle d’or prévue dans le traité et interdisant aux Etats de la zone Euro d’avoir un déficit public supérieur à 5% du PIB. Enfin la majorité des gens ne serait pas d’accord avec l’idée que «l’instauration de cette règle d’or ne serait pas démocratique ».
Le poisson était tellement gros cette fois-ci que j’ai voulu en savoir plus... Mais impossible de récupérer les questions qui ont réellement été posées aux gens ni d’obtenir les marges d’erreur. (D'ailleurs à chaque fois qu'il y a un sondage je vous conseille d'essayer de chercher ça, les questions qui ont été vraiment posées et les marges d'erreurs, et BON COURAGE !) J’ai cherché alors QUI était le groupe BVA et qui a payé ce sondage... BVA est une énorme multinationale qui a des activités dans le sondage, les études de consommation, le marketing etc. Le groupe a appartenu aux Rothchild puis a la axiom & Cie et à la banque d’affaire Marceau Finance (qui a aussi un portefeuille dans le groupe Bolloré). .....Rothchild, holding Axiom & Cie, Bolloré... Et le sondage avait été réalisé a la demande des journaux «le Parisien» et «Aujourd’hui», qui appartiennent aux groupe Amaury et Lagardère...
Ce qui concerne notre propos, sur la démocratie, et ce sur quoi je voudrais attirer votre attention, c’est sur le fait que l'immense majorité des médias sont aux mains, soit du pouvoir exécutif de l’état, soit à des groupes aux ramifications largement supranationales. Nous ne pouvons plus qu’espérerleur objectivité. 

Alors je ne réponds pas à la question, bien sûr, j'ai pas envie d'avoir un procès sur le dos, mais je vous invite à vous la poser, c'est tout. 

  1. Le pouvoir des banques.
Notre état ne peut plus créer de monnaie et il ne peut plus emprunter à la banque de France ou a la banque européenne. Cette interdiction est apparue d’abord dans une loi de 1973, sous Georges Pompidou (ancien directeur de la banque Rothschild), élaborée par Valérie Giscard d’Estaing et par le gouverneur de la banque de France. A l’origine l’emprunt à la banque de France était possible avec un plafond de 20 milliards de Francs, c’est en 1993, (sous la présidence de Mr Mitterand) que l’article 104 du traité de Maastricht l’a interdit totalement obligeant par voie de conséquence l’état à n’emprunter que dans le privé. Par la suite la dette a explosé et les intérêts disparaissentalors de la poche des contribuables au profit des banques privées.
Or la démocratie a besoin d’argent, si nous perdons notre souveraineté monétaire nous devons absolument savoir si les institutions privées ou publiques qui auront un pouvoir monétaire sur nous suivent le même idéal démocratique que nous !
Je citerais en ce sens le président américain banquier Thomas Jefferson qui prédisait déjà en 1802 ce que nous avons observé ces dernières années “Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession,  jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis”...
L’aberration dans ce système est qu’avec les intérêts d’états, une partie des dépenses du pays va directement dans la poche des banquiers donc ça ne correspond pas (plus ?) à un investissement collectif. 
Mais les banques justifient ça (leur intérêt) par le «risque qu’elles courent» en prêtant. 
OK... Mais lors de la dernière crise de 2008 (et presque toutes les crises précédentes selon Mr Stiglitz, prix nobel d'économie), on a pu constater que ce sont bien les états et donc les contribuables qui ont finalement couvert ce risque et non les banques (à part en Islande).
 
Donc, j'essaye de comprendre, dites moi si vous aboutissez à cette conclusion aussi, ça voudrait dire que les états s’appauvrissent pour un service bancaire qui n’existe pas non plus ?
Pourtant nous poursuivons dans ce système absurde... Pourquoi ? L’un des arguments entendus dans les médias pour soutenir le traité Européen c’était que si on ne signait pas on serait sanctionné par les marchés... Autrement dit ce sont les marchés qui disent ce qu’on doit voter....
Nb. Un aparté pour définir le marché comme étant une zone de rencontre entre des offres et des demandes.
Le plus difficile, dans ce système c’est que la collusion entre le pouvoir financier et politique est telle que nous assistons à l’avènement d’une nouvelle ère où personnes qui ont eues des responsabilités dans les banques (et donc des intérêts) prennent la direction des gouvernements... Un nombre impressionnant d‘anciens responsables de la banque Goldman Sachs se sont retrouvés à la tête des gouvernements (Mario Monti, Lucas Papademos jamais élus au suffrage universel) et, mieux encore, a la tête des institutions Européenne et surtout de la Banque Centrale européenne avec Mario Draghi...
Au nom de quoi ? Je crois que cela pensée qui est dessous c'est que seuls des «experts» en finance sauront nous sauver... On avait les experts en politique et les experts en finance maintenant ce sont les mêmes ! Peu importe, dans cette logique de savoir QUI nous avait fait plonger...

  1. Les idéologies qui sous tendent le pouvoir.
Pour comprendre la crise actuelle, il faut remonter à l’idéologie qui la sous-tend. avant 1973, nous étions dans une idéologie issue de la pensée de l’économiste «Keynes», pour lequel les marchés ne s'équilibrent pas automatiquement, ce qui justifie le recours à des politiques économiques conjoncturelles. Puis une nouvelle idéologie est apparue, celle du libéralisme économique théorisée par «Friedman et Hayek» qui ont prôné un désengagement total de l’état dans l’économie. La croyance qui sous-tend cette théorie, est la suivante : le marché ne va s’équilibrer que s’il est libéré de toutes les contraintes. Donc il faut écarter l’état de l'économie, tout privatiser et tout rendre monétaire, même l’éducation la santé, la recherche...
Mais est ce que c’est faux que le marché va s’équilibrer ?
Non, effectivement, le marché va bien s’équilibrer quelque part !
Par contre ce qui me semble purement utopique c’est de penser que cet équilibre va être favorable aux peuples !
Qu’est ce qui s’est passé ensuite ? Cette idéologie a est devenue prédominante en occident, on s’est mis à spéculer, à créer de l’argent à partir des emprunts donc des promesses de remboursement, dans des systèmes pyramidaux catastrophiques. Mais comme toutes les chaînes pyramidales à un moment on arrive trop loin du point de départ et c'est le pied de la pyramide qui "perd", donc si je transpose, les états qui ont beaucoup emprunté au moment où l’argent semblait «pas cher» sont devenus insolvables. Par exemple la Grèce...
Mais aujourd’hui, il semble que la machine se soit emballée et au lieu de revenir sur l’idéologie qui a amené ces crises, on fait du chantage à des peuples entiers pour les obliger à aller vers plus de libéralisme économique. Donc privatiser tous les services publics, anéantir la couverture sociale etc.
Est-ce démocratique ? (...) A vous de voir non ?
Que se passe t-il alors ?
Des populations se soulèvent. Les émeutes et tentatives de prise du parlement se succèdent, en Grèce, en Espagne, au Portugal.... Et même en France, on assiste à une frange du peuple qui espère la révolution.
Mais nos gouvernements eux sont pieds et poings liés par les accords passés alors ils doivent choisir, soit ils contentent les populations, soit ils contentent le marché...
Alors que font-ils ?
Ils essayent de continuer à satisfaire le marché en se cachant du peuple ou bien en agissant carrément contre la volonté du peuple.
En pratique, les exemples de négation totale de la parole des peuples par les gouvernements censés être démocratiques se sont multipliés ces derniers temps, et malheureusement, sous la pression de l’Europe.
On connait le «non» Français au traité Européen, tout simplement «effacé» et passé par décret par le gouvernement. 

On connait le «non» des Irlandais qui ont été contraints de re-voter jusqu’à obtenir la réponse souhaitée par l’Europe. 

Mais sait-on ce qui se passe à l’intérieur même de l’Europe où on a pu entendre la seule chambre démocratiquement élue, le parlement Européen se plaindre (au moment d'avoir à ratifier un traité) de n'avoir pas pu participer à sa rédaction !
 
Mais QUI ou QUOI est donc ce «marché» qui contraint ces gouvernements et étouffe les peuples ? Qu’est ce qui est en train d’écraser nos démocraties par le pouvoir économique?
La réponse est à chercher dans des pouvoirs qui se situent AU DESSUS des états...
Des pouvoirs qui sont dans ce que nous avons accordé à l'Europe et dans ce qui est au dessus même de l'Europe: Les économies supra-nationales.
Mais cela ne serait peut être pas un problème si l’Union Européenne et les économies supra-nationales étaient démocratiques. Nous rejoindrions simplement d’autres peuples ayant les mêmes aspirations en fin de compte.
Alors finalement, la question qui me semble le plus importante c'est de savoir si l’Union Européenne procède d’une démarche démocratique ?
Je citerai deux illustres Européens pour vous en donner une idée ...
- le père fondateur de l’Euro, «Tommaso Padoa-Scioppa»: “ L’Europe ne procède pas d’un mouvement démocratique. Elle s’est faite en suivant une méthode que l’on pourrait définir du terme de despotisme éclairé. ” (Les enseignements de l'aventure européenne : revue commentaire n°87 1999).
Le 18 octobre 2012 l’incroyable déclaration de Mme Angela Merkel.
« Nous pensons, et je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l'Europe un véritable droit d'ingérence sur les budgets nationaux quand ils ne respectent pas les limites fixées pour la stabilité et la croissance " (...) "Je sais que de nombreux Etats membres ne sont pas encore prêts à cela, malheureusement (...) mais cela ne change rien au fait que nous allons nous battre pour cela"...
Pour comprendre si les pouvoirs qui sont au dessus de notre nation sont démocratiques, il faut essayer de comprendre leur mode de fonctionnement.

Je ne peux pas pour cela vous faire l’impasse sur le problème du Lobyisme. Dans les institutions Européennes, mais vous savez que c’est aussi le cas dans notre république, il y a un poids anormal donné aux Lobyistes représentant l’industrie financière dans la rédaction des lois... Il s’agit d’un système de corporations qui consiste à influencer le législateur afin d’avoir des lois servant des intérêts PRIVES...

L'Europe et les autres institutions supranationales, mondiales, fonctionne avec ce qu’ils ont appelé la «gouvernance».

J'avais du mal à comprendre de quoi il s'agissait, alors j'ai écouté une conférence intéressante d'un Monsieur qui s'appelle Mr Zarka. Il a essayé de décortiquer l’idéologie qui sous tend cette gouvernance. En très gros, il dit ça (j'espère que je ne trahis pas sa pensée, ma compréhension n'est pas forcément parfaite):
«La gouvernance est le résultat de la crise universelle qui affecte le politique. Cette crise résulterait de l’effacement des frontières entre le privé et le public, le national et l’international, et surtout entre l’économique et le politique et même le financier et le politique. Concept qui signifie la dissolution du politique dans des procédures économiques et financières.
En somme on oppose la légitimité politique, c’est à dire démocratique à celle de la bonne gestionoù sont promues des valeurs absolues, l’efficacité, la productivité la performance se substituant aux valeurs démocratiques «  liberté, égalité, fraternité.»
Donc, si j'ai bien compris, les conséquences de cette nouvelle idéologie de «gouvernance» c’est d’imposer au monde public, des systèmes de fonctionnement qui étaient dans la sphère du privé et notamment le modèle managérialdétruisant finalement tous les services publics qui ne peuvent pas être pensés comme une entreprise: l’éducation, la santé, la recherche...

Pourquoi ce critère n'est-il pas adapté ?Une bonne entreprise privée produit de l'argent... Un bon hôpital doit-il produire aussi de l'argent ou bien préférons nous rester sur le vieux concept d'un hôpital qui soigne bien les gens ? C'est le principe même du service public qui est atteint... Et puis citez moi les multinationales qui auraient un fonctionnement démocratique ? On parle plutôt « d'empires », non ?


Cela est -il adapté ? Est ce que penser le fonctionnement du gouvernement comme celui d’un groupe privéest compatible avec la démocratie ?

V. Conclusion, notre place sur ces questions.
Dans cette présentation, j’ai essayé de vous faire comprendre que le problème va très largement au-delà de la France. Ce n’est pas une question qui pourra se résoudre en « interne ». Nous sommes soumis à des puissances supranationales qui sont en train de déterminer notre avenir. Elles façonnent non seulement la pensée de nos politiques mais aussi, en possédant les médias, elles façonnent la pensée et le mode de vie de peuples entiers.
Ce que j’ai vu en faisant le tour du monde, c’est que tout le monde vit de la même façon, pense de la même façon, rigole même de la même façon. Quand nous avons amené avec une petite association humanitaire, l'électricité au milieu du désert de l’Atacama, que croyez- vous que les familles ont installé en premier dans leur maison? Un frigo ? Un four ? Mais non, une télé !
L’idéal de démocratie cède du terrain absolument partout, parce que partout cette logique économique et commerciale supranationale prend le pouvoir sur les peuples. Comment ça se passe ? Les gens riches et puissants s’achètent les médias, les télés les journaux. De là ils sont élus députés, présidents, regardez au Chili, regardez en Italie, mais ce mouvement est complètement général. Ils croient en cette idéologie libérale économique qu’ils poussent à fond une fois qu’ils obtiennent tous les pouvoirs et les écarts augmentent.
Et les peuples sont aveugles, on leur a versé dans le biberon télé que ces gens savent comment il faut faire, qu’ils vont sauver le pays en faisant "comme avec une entreprise", et les gens se sentent tout petits ils oublient ainsipeu à peu ce qui faisait l’idéologie de la démocratie, le pouvoir du peuple, PAR le peuple et POUR le peuple.
Pour conclure, je vais vous donner mon sentiment, notre république est basée sur une constitution dont l’esprit est profondément démocratique. Mais rien n’est fixé est beaucoup de choses sont en train de nous écarter de notre route. Est ce que nous allons simplement faire un pas de côté et revenir sur la route ? Où est ce que ce pas nous emmènera vers d’autres modèles peut être non démocratiques ?
Au final, Je ne répondrai pas à cette question de «sommes nous encore en démocratie», ce n’est pas à moi de le faire, c’est à chacun des citoyens, à chacun de vous. ... Nous, citoyens, devons absolument nous réapproprier la question et donner le droit à chacun de réfléchir sur les idéaux qui sous tendent la société dans laquelle il vit.
_____________________________
Nb. Désolée pour la longueur du texte, pardon pour les éventuelles inexactitudes, pardon si j'ai pu reprendre des idées écrites par des gens sans les citer, ce n'est pas un livre, ce n'est pas un texte qui va rapporter de l'argent, c'est juste une tentative d'une fille complètement néophyte de la politique de causer avec ses copines (et "copains" même si les hommes sont moins nombreux à me lire) de blog de choses de "grandes personnes" (ah ah ah) dans un compte rendu qui tient plus du machin mâchouillé que du pamphlet politique. Mais si vous pensez que je vous ai cité et voulez que je complète le texte avec votre nom, envoyez moi juste un mail.
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 La parole est à vous !

dimanche 20 mai 2012

L'instruction denrée commerciale

Si l'instruction est une denrée commerciale, alors elle suit inévitablement les lois du marché, ne pouvant satisfaire qu'une partie de la population et laissant de côté les plus pauvres, qui, ne pouvant pas payer pour l'instruction de leurs enfants, transmettrons la pauvreté...

Ce qui se passe en ce moment dans le monde, qui crise actuellement au Québec et au Chili, ce ne sont pas des mouvements isolés.

L'éducation est un "service" aux yeux des accords de l'OMC que nous avons tous ratifiés.

C'est un choix de société, si ce n'est pas VOTRE choix, alors il serait temps de se réveiller. Hélas, pendant que nous étions tous endormis, le choix a été fait pour nous...

lundi 17 octobre 2011

Cancer : Le Marteau ou l'Enclume ?

C'est le mois d'Octobre Rose...
De blogs en blogs, de sites en sites, nous sommes un certain nombre à essayer de parler du Cancer.

J'en suis où moi ?
La semaine dernière c'était LA visite de contrôle. Une occasion de manger dans un petit restau sympa de Lyon avec Isabelle, Névro et ma Maman.
Moment très agréable.

Ah oui, je devais parler du Cancer...

Vous savez, après 4 ans... mon Dieu, ça fait déjà 4 ans... j'avais réussit à me bercer d'illusions.
Je ne regardais plus, sur les sites scientifiques, les derniers articles censés tester la molécule qui me sauverait peut être, j'imaginais, que dans un an on me dirait "mais vous êtes guérie ma bonne dame" et les petites fleurs tombant sur mon chemin avec les oiseaux qui gazouillent...

Mais le discours a été bien différent...

" Voilà, ça fait 3 ans que vous prenez du Tamoxifène, ce médicament, qui est celui qui vous sauve d'éventuelles métastases en les maintenant "endormies" est toxique pour l'Utérus et augmente la probabilité de cancer de l'Utérus"... Bon, tout ceci dit en très délayé et avec plein d'explications à chacunes de mes questions (ce médecin est vraiment très très bien).

J'ai bien compris, ce qui me "sauvera" c'est la ménopause... Avec un grand sourire convaincu... Mais j'en suis tout près de la ménopause !!!
...
Lourd soupir du médecin...
"Vous avez 41 ans, l'âge moyen de la ménopause dans votre famille c'est quoi ? 50-55 ans ?... Vous pouvez encore prendre le Tamoxifène pendant 2 ans, après les risques de cancer de l'utérus seront trop importants... Mais vous serez encore très très loin de la ménopause"...

J'ai du mal à écouter, ma curiosité est de plus en plus faible brusquement, j'aimerais éluder, je vais me renseigner sur internet, on verra plus tard... Mais il continue, il doit me le dire.

"Quand on arrêtera le Tamoxifène, on ne sais pas s'il reste des métastases qui ne sont qu'endormies, s'il en reste, où qu'elles soient, elles vont toutes se mettre à flamber...
Le cancer de l'Utérus, c'est souvent assez difficile à surveiller et fulgurant... "

Oui... ça je le sais, ma Tante est morte cette année, avant l'été, c'était repartit de l'Utérus, en quelques mois elle a eu des métastases aux poumons et à la colonne vertébrale, j'avais l'impression en suivant son agonie de regarder les détails de ma propre mort...

Je n'avais pas envie de comprendre tout ça. Il ne me reste que 2 ans à pouvoir prendre ce traitement sans trop de risques et après ?

Alors il avance son pion, je ne l'avait pas vu venir, je n'avais sans doutes jamais eu envie de le voir venir...

"Vous pourriez enlever l'Utérus..."

Il me laisse poser des questions là dessus. J'ai envie de dire que je demanderai juste aux autres femmes sur internet, ce que ça fait, mais il veut que je l'écoute, que j'entende, il sait que je doit faire un long chemin là dessus.

Je commence à encaisser.

Alors il ajoute aussi, tout doucement.
"Et on pourrait aussi se poser la question pour les Ovaires..."

Je sursaute, les Ovaires, non, je me vois, avec de l'Ostéoporose à 50 ans, plus de libido, les bouffées de chaleur, les crises de caractère, toute l'horreur de la ménopause brutale telle que je l'ai déjà vécue une fois, après la chimio...

Il voit que je suis loin, très loin de ce chemin là, alors il revient à l'essentiel, l'Utérus, pouvoir continuer le traitement... Il me dit que c'est une chance que j'ai déjà 3 enfants. Je comprends ce que ça veut dire, je serai stérile mais j'augmente leurs chances de grandir avec leur Maman...

Je promet une réponse pour le mois de Juin, j'ai le temps de penser, d'avaler.

Putain de maladie !

Alors que vous dire pour le mois du Cancer ?

J'en ai marre, j'en ai marre de cette maudite maladie, j'en ai marre que pour me sauver on doive me découper vivante, par petits bouts !
J'en ai marre de voir touts ces malades me sourire quand je suis à l'hôpital avec ce regard doux des gens "qui savent", des gens qui souffrent. Je sais aussi, je souffre aussi pour eux.
Et je n'en peux plus de savoir aussi, pour ces petits enfants chauves et pour leurs parents anéantis.

Je suis INDIGNEE du Cancer ! Et je voudrais qu'il y ait plus de recherche sur les causes.
Oui, bien sur, sur les soins aussi mais il y a moins de blocages avec la recherche sur les soins.

Par contre, pour qu'il y ait plus de recherche sur les causes il faudrait une vraie volontés des peuples. Il faudrait protéger les chercheurs on en est là, à devoir protéger les chercheurs, tellement il ne fait pas bon publier quelque chose sur la toxicité d'un produit commercial qui rapporte du fric.
Les chercheurs publient en leur nom. Ce sont des attaques de leur personne, de leur réputation, de leur situation qu'ils subissent ensuite. Pour ces chercheurs là il faudrait pouvoir leur permettre de faire des recherches et de publier anonymement, au nom de collectifs...

C'est ça, mon veux rose, "protéger les chercheurs qui travaillent sur les causes toxiques possible"...

Pour que, au moins les enfants, mes enfants, et les vôtres, et tous les autres, n'aient pas à vivre et mourir avec le Cancer. Parce que oui, avoir un cancer c'est dur, c'est angoissant mais imaginer que des enfants, que nos enfants puissent aussi en souffrir et en mourir, ça c'est totalement insupportable.

Et vous, les lecteurs, pensez à vous, faites vous dépister... Les filles, une petite mammo, c'est pas si terrible, les gars, si quelque chose ne va pas, le médecin, c'est pas un Ogre, faut y aller !

vendredi 1 juillet 2011

Depuis plusieurs années, les maladies graves augmentent dans la population...

L'INFO du jour !!!

Mais nooon, ce n'est pas DSK, le retour de l'entubage des nations après les annonces de candidatures au PS et la nomination de l'amie des princes marchands au FMI... Quoi que, si cet homme se décidait à parler au peuple pour l'informer VRAIMENT, ce serait intéressant. Ne rêvons pas aller.

Non, l'info du jour, c'est celle qui nous concerne tous. Non seulement les maladies graves n'ont pas cessé d'augmenter dans la population... Il y a un accroissement de 3,5 à 4% par an, bon sang c'est terrifiant ! Mais en plus la sécu (la CNAM) annonce les chiffres 2010, nous atteignons un record terrifiant... En france, 1 personne sur 6 souffre d'une ou plusieurs affections longue durée... Ce n'est plus terrifiant, c'est ahurissant !
Sur le site de la CNAM on retrouve le rapport 2008

Lisez le, il indiquait déjà 8,3 millions de personnes en France (une personne sur 7) ayant une affection longue durée… Ce qui représentait une augmentation de 3,5% en un an…

Les affections longue durée, ce sont surtout les affections cardiovasculaires (souvent hypertension), les tumeurs malignes (cancer), le diabète et les affections psychiatriques très graves comme la schizophrénie.

Les chiffres 2010 viennent de tomber…

NEUF millions de personnes à présent ont une ou plusieurs maladies graves soit une personne sur 6 en France, l'augmentation a continué autour de 4% en plus chaque année…

Alors, on s'inquiète… De quoi ? Ben du fait que ces maladies graves plombent les comptes d'une assurance santé qui devrait être rentables quand même, hé !!!

Punaise, j'ai arrêté de regarder qui en parlait dans la presse, décourageant… D'une part cela n'intéresse pas grand monde et d'autre part les rares qui en parlent s'inquiètent du fric de la sécu…

Heuuuuu, le bon peuple, tu t'inquiètes pas un peu, toi de savoir pourquoi on est tous en train de crever ? 
Par hasard, tu te demanderait pas ce qui nous empoisonne ?

Ben moi je me pose la question...
Qu'est ce qui nous empoisonne ???

Ca nous concerne tous bon sang, qu'on ait des enfants ou pas !

Les scientifiques qui font des études sur les toxicologies environnementales sont fréquemment l'objet de menaces, on y pense à 2 fois avant de proposer un sujet de recherche là dessus ! Et puis, le proposer où ? Les appels d'offres se concentrent trop souvent sur les soins, le vieillissement, le bien être même... Foutage de gueule !!!
Ils sont où les appels d'offre sur les causes environnementales ??? Elles sont où les mesures de protection des scientifiques ???


Aller, petit exercice pratique pour que vous compreniez bien ce qui me fait hurler...

Imaginons... IMAGINONS hein, on est dans l'exercice de style, vous l'avez compris !


Donc, IMAGINONS qu'un scientifique se dise, tiens, j'ai un faisceau de présomptions sur le "phénomène TDHA" (troubles attentionnels, hyperactivité) et un HYPOTHETIQUE lien avec les pesticides...

Et si on faisait une recherche dessus ?

Je prends un cas ABSURDE pour illustrer, je ne vais quand même pas vous livrer une vrai idée, faut pas déconner.

Alors comment notre scientifique devrait s'y prendre ?
Il va devoir faire un blabla sur ce qui l'amène à cette idée, il va dire des trucs du genre qu'on aurait peut être déjà montré qu'il existerait chez certains ouvriers viticoles un lien entre des doses excessives de fongicides reçues et des problèmes cognitifs qui ressembleraient à ceux des enfants qui ont des problèmes à l'école du genre des problèmes d'attention sélective, de sélection de l'information, de traitement de l'information, d'abstraction, etc...
Et puis il va dire aussi que d'ailleurs, le principal neurotransmetteur impliqué dans ces phénomènes, c'est peut être la dopamine et que justement, la première maladie qui a attiré l'attention chez les agriculteurs, c'est l'augmentation anormale du taux de maladie de Parkinson... Ce qui voudrait probablement peut être dire que les pesticides auraient une toxicité dopaminergique... Et puis bon, que peut être aussi de éventuellement la voie dopaminergique nigrostriée régule quelque peu les mouvements du corps...Puis il va aller jusqu'à dire que en plus, des études animales auraient éventuellement montré une toxicité dopaminergique des pesticides (paraquat, manebe,roténone et organochlores). Et qu'on aurait vu aussi que chez les patients atteints de Parkinson les concentrations de certains organochlores  particulièrement de dieldrine ou de lindane seraient plus élevées... (nb le paraquat est un herbicide).


Alors bon, il blablate tout ça tout ça, ouais bon, peut être que ça vaudrait le coup de faire une étude...
Au moins de faire quelques tests pour voir si ça vaut le coup d'aller plus loin...

C'est pas QUE rêveur un scientifique, ça a aussi besoin de bouffer et éventuellement de sous pour faire des études, de protection de son emplois pour ne pas se faire bousiller par ceux que ses études dérangeraient.
Alors là, il lui faudrait des sous pour payer des analyses de toxicologie, des batteries de tests cognitifs, et le touti quanti.
Comment va t-il chercher ces sous là ?...
Si tu t'imagines que les scientifiques ils ont une enveloppe et qu'ils font ce qu'ils veulent avec, tu te fous le doigt dans l'œil, même que profond comme ça, ça fait mal !
Naannn, faut qu'il trouve un bailleur de fonds pour chacun des sujets de recherche qu'il propose et qu'il justifie de comment et pourquoi il va dépenser chacun des sous qu'on lui filerait...
Dans un cas pareil, comme il est pas complètement débile, il se dit que si il veut éviter qu'on l'intimide, il vaudrait mieux qu'il s'adresse au principal pourvoyeur de fonds de la recherche dite "indépendante" (ah ah ah), c'est à dire le gouvernement.

Comment ça marche ? Chaque année, notre bon gouvernement décide à l'avance de ce qui va être intéressant pour la recherche... Si ton sujet il rentre dans une des cases de la divination prédictive gouvernementale, t'as plus de chance d'être financé... Sinon, il faut que tu postules dans la case "général" où ta chance d'être retenu elle est moins bonne que celle d'avoir une maladie grave hein (1 sur 6 si tu suis)... T'as plus de chances si tu proposes une étude sur la loi de l'emmerdement maximum de la chute des tartines sur le côté beurre !!!

T'aurais envie, toi, de te casser la tête avec un truc in-finançable et en plus où tu vas te faire démolir ta réputation de scientifique, que vraiment il faudrait que tu ais un égo et une force de caractère et une santé plus forte que celle de king kong pour endurer le marathon ???

Ben la plupart des scientifiques, ils ne sont pas si cons, c'est simple.

Aller, hop, sur ces bonnes paroles je met en application et laisse tout de suite les études foireuses pour aller me faire bronzer à la plage. A plus les copains copines du web !


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Edit de fond de vacances parce que je vois que plusieurs font des contresens sur ce que je voulais dire (pas assez clair sans doutes mais des fois il y a des sujets que je préfère traiter avec de l'humour noir)...

Copier-coller de ma réponse dans les commentaires...

Je ne plaides pas "contre" la recherche mais bien pour une recherche plus approfondie sur les causes.
Évidemment que je suis contente d'avoir été soignée mais en allant plus loin je désires aussi épargner ces souffrances aux autres personnes.
Il ne suffit pas de "soigner" il faut aussi chercher les causes de l'augmentation des cancers et autres maladies graves. Cette augmentation observée tient compte de la pyramide des âges, elle est réelle...

Il faut savoir que à l'heure actuelle, le gouvernement pousse pour que ce soient les grandes entreprises qui financent la recherche... On se retrouve donc dans le cas où certaines entreprises pourvoyeuses de produits chimiques qui sont soupçonnés d'être cancérigènes sont aussi les développeuses de médicaments contre le cancer et font barrage aux recherches et obtention de données sur les produits chimiques qu'elles ont vendus... Gagnants sur tous les tableaux...
Le problème que je soulève ici est non seulement celui de la répartition des budgets mais surtout celui de l'indépendance et de la protection des chercheurs qui se lanceraient à traiter des sujets pouvant éventuellement déranger des profits de grosses entreprises voir de multinationales.

L'article sur le site de l'INSERM (Institut National de la santé et de la recherche médicale" commence par ce paragraphe :

citation:
"En 2005, le nombre de nouveaux cas de cancers en France a été estimé à près de 320 000 pour les deux sexes confondus, 180 000 chez les hommes et 140 000 chez les femmes. On constate une augmentation de l'incidence des cancers depuis une vingtaine d'années. Si l'on tient compte des changements démographiques (augmentation et vieillissement de la population française), l'augmentation du taux d'incidence depuis 1980 est estimée à +35 % chez l'homme et +43 % chez la femme (1). Il n'est pas possible actuellement de chiffrer avec précision la part due à l'évolution des pratiques de soins dans cette augmentation.

Les modifications de l'environnement pourraient être partiellement responsables de l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers. Cette hypothèse doit faire l'objet d'un effort de recherche constant, portant à la fois sur la mesure de l'exposition des populations à des cancérogènes avérés ou probables, et sur l'existence et la nature du lien causal. "
Fin de la citation.

A lire l'article entier ici :
http://www.inserm.fr/espace-journalistes/cancers-et-environnement

vendredi 27 mai 2011

Panem et circenses

Les indignés de Barcelone évacués pour laisser la place aux célébrations du foot...

Panem et circenses ? (Juvénal, "du Pain, des Jeux", description de l'empire Romain décadent et de comment on tient le peuple).

Rien n'a donc changé depuis la chute de l'empire Romain ?

jeudi 26 mai 2011

Puerta del Sol, La Bastille, que se passe t-il ?

Pendant que le peuple continue de somnoler, abreuvé par la source anesthésiante de médias érigeant le "sensationnel" en information, des gens se sont levés.

On n'en entend presque pas parler... Ou bien plus exactement, on n'en entend pas ASSEZ parler.

Depuis des semaines, des Espagnols occupent la Puerta del Sol, manifestation jugée "illégale" par un gouvernement qui n'a pas osé utiliser la force pour les déloger mais compte sur un pourrissement, sur un oubli... Mais le mouvement augmente et se répand, il arrive en France, s'installe dans la légendaire Place de la Bastille, se répand dans chaque grande ville via les réseaux sociaux sur internet (sur Facebook, c'est ici)...
Que veulent-ils ?

Oh... quelque chose d'étrange, une "RÉELLE DEMOCRATIE..."

Ça vaut au moins le coup d'en parler...

jeudi 7 avril 2011

Le Parlement Européen...

Nous n'en n'avons presque pas entendu parler, des journaliste du "Sunday Times" ont piégés 3 EuroDéputés et démontré leur corruption.

Comment ont-ils fait ?
Facile, quelques 5000 groupes de pression, qu'on appelle les "Lobyistes", des gens qui veillent aux intérêts de LEUR entreprise, de LEUR association, sont admis ouvertement au Parlement Européen.
Ils se sont fait passer pour l'un d'entre eux et ont demandé aux parlementaires de déposer des amendements sur un projet de loi européen contre une petite gourmandise de jusqu'à 100 000 euros...
Et les mecs ont accepté, peinards, mecs qui sont tous d'anciens ministres.


Alors houuu les vilains JOURNALISTES ! Ben oui, les gens vont finir par croire que la seule institution démocratiquement élue des instances Européenne est toute pourrie. Ors elle vote des lois qui ont valeur de primauté sur celles de nos petits pays européens. Sans parler des directives et normes sur "tout". Aie.


Solution ? Vite, une couche de peinture ! On va discuter pour voir si on pourrait proposer peut être un groupe de travail (non indépendant puisque issu des parlementaires Européens) qui réfléchira peut être à un code de conduite qui sera peut être non contraignant ou en tous cas probablement sans financements pour faire des vrais contrôles indépendants...*

Questions :
- Pourquoi en entendons nous si peu parler ?
- Pourquoi la plupart des journaux Européens n'ont pas une section spécifique "Europe" pour nous informer de ce qui nous concerne ?
- Pourquoi cela ne nous choque pas plus que ça ?

* D'une façon générale, je trouve anormal que les législateurs aient le pouvoir de légiférer (ou refuser de légiférer) sur eux même
Les lois SUR les législateurs et les organismes chargés de veiller sur l'application de ces lois PAR les législateurs devraient émaner d'organes issus de la sociétés et complètement indépendants et démocratiquement élus... A inventer d' URGENCE. 

mardi 15 mars 2011

Actualité

L'actualité est si préocupante qu'il est difficile de parler d'autre chose, de regarder ailleurs.
Entre les catastrophes qui s'enchaînent au Japon (dire qu'on a failli aller y vivre cette année) et les préocupations en afrique.
L'Afrique qui est si chère à mon coeur.
Comment peut-on abandonner des peuples qui réclament leur liberté ?
Comment peut on imaginer remettre des personnes à l'eau ?
Je viens d'une famille de boat peoples. Mon père, enfant, avec sa maman et sa soeur, a fuit l'espagne après que Franco ait fait exécuter mon grand père, un élu, député...
Ma famille a fait le même trajet que d'autres font dans l'autre sens, ils ont fui pour arriver en Afrique.
Afrique où j'ai pu grandir en bénéficiant du même regard éducatif de tous les adultes environnants, les voisins, les amis, les marchands, les inconnus dans la rue, comme tous les enfants... Parce que élever un enfant cela concerne tout le monde.
Pays laïque où les gens vivaient en paix, où toutes les fêtes de chaque religion étaient une occasion de partage et de joie...
C'est moins le cas maintenant ! Las bas comme ici, les gens ont commencé à moins bien vivre ensemble.
Mais qu'est ce qui a changé ? Qu'est ce qui fait que des gens n'arrivent plus à être tolérants ?
La montée des extrémismes ?
Elle vient d'où cette montée, qui l'a orchestrée, financée, entretenue ?
J'ai bien peur que la réponse à cette question essenteille ne soit soigneusement escamotée.
On montre du doigt les pauvres gens qui fuient espérant un avenir meilleur et on se tait sur l'essentiel...
On frappe sur les faibles et on on caresse les puissants.
C'est comme tout cet argent qu'on met pour soigner les gens qui sautent sur des mines, sans attaquer la question de qui met les mines et pourquoi, sans rien changer à ce qu'il y a derrière.
Étrange monde...
Triste monde...

jeudi 3 mars 2011

Pour bien vieillir, soyez heureux

Depuis plusieurs années, les scientifiques accumulent les indices liant les dépressions avec un risque accru d'avoir une démence en vieillissant, ou des troubles cognitifs modérés.

On avait d'abord observé que les personnes qui vivent très âgées en "bonne santé" ont un caractère plus gai en moyenne. Ensuite on a soupçonné que la dépression récurrente puisse abimer le cerveau.
Maintenant un article dans un grand journal scientifique* montre une corrélation entre le nombre d'épisodes dépressifs dans la vie et l'apparition d'une démence (essentiellement Alzheimer).

Je suis assez sûre que cela va faire le bonheur de l'industrie pharmaceutique produisant des anti-dépresseurs.
Cependant la société pourrait se poser la question du bonheur avant que d'autres y répondent à sa place !

Un bon conseil, vous vous préoccupez de la santé de vos proches vieillissant ?...
Alors, faites les rire, faites leur sentir qu'ils sont utiles, rendez les heureux !

Et puis, apprenez à vos enfants à voir le bon côté des choses, à évaluer positivement leur vie.
C'est valable pour tous d'ailleurs, qu'y a t-il de mieux qu'une vie remplie de rires ?

Bon, mais si je conclue maintenant je vais vous entendre râler.
Mouais bon elle est drôle celle là et comment qu'on fait pour faire rire les vieux et les moins vieux, hein?
OK, OK, quelques idées d'une grande finesse...
- Leur brancher internet et les laisser découvrir les requêtes les plus demandées du net... (hum)
- Leur confier les petits enfants quelques jours (si ça ne les rends pas heureux ça repose toujours les parents, ah ah ah).
- Les faire parler d'eux même, voir avec eux ce qu'ils pourraient faire d'intéressant, à quoi ils pourraient participer si ce n'est pas déjà le cas.
- Et puis, que chacun sorte ses ressources, posons nous tous la question : qu'est ce qui nous rends heureux? (Nb pour mon Chum, moi c'est un séjours au soleil, un hamac avec un bon bouquin et un beau mec qui me fait des papouilles... on peut toujours essayer non? ;-D)

* Dotson VM. & coll. Recurrent depressive symptoms and the incidence of dementia and mild cognitive impairment. Neurology. 2010 Jul 6;75(1):27-34.

mercredi 26 janvier 2011

Qui a eu cette idée folle, un jour de casser l'école ... (2ème)

Nous assistons à une chute vertigineuse de l'école publique, j'aimerais que nous en parlions ensemble, nous, parents, pour essayer de comprendre ce qui se passe vraiment...
Je dis bien, venez parler en tant que "parents" ou "grands parents" ou "citoyen" car avec le devoir de réserve, comme un blog est désormais un lieu public, certains pourraient être menacés dans leur poste pour oser s'exprimer.

Je pense que cette année va être décisive, soit les gens prennent vraiment conscience de ce qui se passe et arrivent à faire bouger les choses, soit nous dépasserons le seuil critique qui nous empêchera de sauver notre école...

Les symptômes:

En France:
- Suppression de postes supplémentaires chaque année, pour la prochaine rentrée 2011, 16 000 postes supplémentaires vont disparaître alors qu'on attend une augmentation du nombre d'élèves dans le primaire.
- Suppression des équipes pédagogiques de soutient aux élèves en difficulté (RAZED, PSY, classes adaptées).
- Re-modélisation des rythmes scolaires avec le soucis de FAVORISER l'industrie du tourisme.
- Primes à la performance pour les chefs d'établissements (6000 euros / 3 ans) comprenons bien que le but est d'encourager ceux qui appliquent les réformes et de casser ceux qui s'y opposent et surtout le but est de DIVISER pour mieux régner. Quels seront les "indicateurs" de performances ? QUI va prendre ces indicateurs ??? Eh bien, les même que ceux qui auront la prime... Indépendance = zéro.
Comment les syndicats ont-il pu accepter ça ???
- Médiatisation à outrance de l'idée de "violence" et d'"échec" scolaire.
- Précarisation des familles déjà en difficulté en supprimant les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire.
- Evaluations en primaire sur lesquelles plane la menace qu'elles soient au final utilisées pour sélectionner les écoles.

Maintenant, élevons nous du cas Français avec la lecture attentive de cette petite phrase de Mr Luc Chatel, le ministre français actuel de l'éducation nationale qui nous déclare…
les chefs d'établissement bénéficieront de rémunérations variables selon leurs performances, «comme cela existe dans l'immense majorité des entreprises de notre pays».

Parce que le problème est bien là, l'éducation est considérée comme une "ENTREPRISE", comme une denrée "COMMERCIALE".

Voyons donc ce qui se passe au niveau mondial...
C'est à l'OMC qui faut jeter un coup d'œil, dans l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) et je vous engage à lire les quelques textes officiels disponibles en français, voici un lien sur un site de l'OMC pour cela :

Site de l'organisation Mondiale du Commerce en Français…. Principes des accords généraux sur le commerce des services….très instructif
http://www.wto.org/french/tratop_f/serv_f/gatsqa_f.htm

Et voici un bon résumé de la progression vers la commercialisation de l'éducation, fait par un chercheur français, Mr Daniel MOATTI, avec plein de liens utiles sur des textes législatifs, ICI.

Article 1-3-b : l'AGCS concerne tous les services dans tous les secteurs, à l'exception des services fournis dans l'exercice du pouvoir gouvernemental.
Article 1-3-c : Un service pour échapper aux règles de l'AGCS ne doit être fourni par le gouvernement, ni sur une base commerciale, ni en concurrence avec un ou plusieurs fournisseurs de services.
Certains pays peuvent momentanément «protéger» certains secteurs. C'est ce qu'à fait la France pour l'éducation, la santé et la culture. Une fois cette protection levée, les services concernés seront sous le coup des articles 1-3-b et 1-3-c de l'AGCS et pourront être engagés dans les offres de services commercialisables. Or la France est rentrée dans une logique de libéralisation de ces services et influence les autres pays pour qu'ils les libéralisent aussi... Donc ?

L'organisation ATTAC a mis en ligne un excellent résumé des textes législatifs, en français, je vous invite à le lire ici
http://attaceducidf.gardiendutemps.org/agcs/docs/urfig-agcsmenacesprecises.htm

Essayons d'imaginer quelle serait la démarche de personnes persuadées que l'éducation doit être une denrée commerciale et décidées à l'appliquer dans des pays où les gens ont la tradition de penser le contraire et ne se voient pas en "consommateurs" de l'éducation mais en "usagers"...

Attention, lecteur attentif, les faits énoncés dans le paragraphe suivant sont issus de mon imagination, toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite bien sûr...

- Diminuer les moyens du public, vider l'école de sa substance, surcharger les classes, diviser et précariser le corps enseignant, l'empêcher de s'exprimer, favoriser le privé, alerter sur la violence à l'école, inquiéter sur le manque d'avenir des enfants dans les institutions publiques... pour que les classes moyennes inquiètes de l'avenir de leur progéniture finissent par déserter d'elles même l'école publique en faveur du privé... Faire les choses progressivement, commencer par supprimer l'école maternelle pour que le fait qu'il faille payer pour éduquer devienne "naturel". Attaquer sur tous les fronts, financier, statutaire et qualitatif, sur la représentation de la "valeur" de l'école dans la population, jouer sur les émotions, sur la "PEUR". Et, si on suit la logique jusqu'au bout introduire des concepts "d'entreprise" dans l'école, des notions de "concurrence commerciale" ... Et voilà, en une génération on passera à une logique marchande, hop.

Waou... ça semble de la science fiction non ?

Alors, bon, nous avons l'EUROPE pour nous protéger on va dire...
Que se passe t-il au niveau de l'Europe par rapport aux directives de l'OMC ?

Tenez vous bien...
En 1995, l'Europe s'est engagée pour 12 des 15 pays (l'Autriche, la Finlande et la Suède ont refusé d'entrer dans ce mécanisme) à ne pas imposer de nouvelles mesures qui restreindraient l'accès au marché dans quatre des cinq secteurs du " marché de l'éducation ".
Depuis 2001, la commission sort régulièrement des notes à l'OMC, demandant la libéralisation des services, y compris l'éducation...

Cette année, je suis bien sûre que les syndicats vont nous appeler à la grève pour protester contre la suppression de postes ou une autre mesure ponctuelle. Mais je vois maintenant cela comme une manœuvre supplémentaire de division et de "noyage de poisson".

Ce n'est pas contre les symptômes que nous devons nous battre. Nous y perdons nos forces, notre unité, nous perdons de vue le fond du problème.

Nous devons affirmer quelle est l'idée fondamentale que nous nous faisons de l'éducation de nos enfants !

Considérons nous, comme nos gouvernement que oui, c'est une denrée commerciale et que donc nous devons accepter une logique de productivité, de concurrence, d'"entreprise"?

Ou bien considérons nous au contraire que l'instruction n'est PAS une denrée commerciale, qu'elle n'en n'a pas la logique et que donc RIEN ne dois associer l'instruction de nos enfants à des valeurs de productivité commerciale ?

Chaque citoyen doit se prononcer sur cette question fondamentale c'est toute une vision de la société qui est en jeu, c'est la formation de la pensée des générations futures dont nous parlons. Arrêtons de nous laisser enfumer et répondons sur le FOND. Même, et Surtout si justement nos politiques font en sortes que nous ne nous posions pas ces questions là.

Et chacun doit aussi réfléchir aux conséquences d'une voie ou de l'autre. Si nous acceptons de soumettre l'instruction des enfants d'une nation aux lois de l'offre et de la demande, cela ne favorisera que le marché (pas les consommateurs), et le positionnement "d'équilibre" du prix exclura forcément tous les enfants défavorisés. L'instruction sera alors là pour renforcer les inégalités sociales et nous irons vers une société de plus en plus divisée.
Si nous refusons que l'instruction soit assimilée à une denrée commerciale, à un service, à une entreprise, nous devrons faire un effort permanent pour protéger l'école contre une logique productiviste. Nous devrons aussi accepter de définir ce que nous voulons transmettre à la jeune génération en tenant compte de son profil et en adaptant en permanence notre école pour intégrer tous les enfants quels que soient leur niveau socio-culturel, leur origine ou leurs performances cognitives. La société devra accepter d'investir de l'argent dans ce service public sans chercher à le rendre rentable.

Le peuple doit se prononcer. Si nous sommes dans une démocratie, et si la majorité d'entre nous croit que l'éducation ne doit pas être une denrée commerciale, alors nous devons exiger des politiques qu'ils appliquent LA VOLONTE du PEUPLE et non des directives issues de puissances supranationales.

Amen...

Nb. Waou, 2 posts politiques qui se suivent, vous allez me penser surdosée ;-) Aller, promis, après je reviens aux recettes de cuisine...