Hummmm ?
Je trainais, je passais dans le coin, un truc me maaaannnque.... Vous !
Bon, on va faire un truc, je vais peut être revenir - tout doucement- mais à condition d'avoir le droit à la petite fleur, celle là *, qui veut dire que, ben, il y a des trucs dont je ne parlerai pas ici (serez obligés de me voir pour savoir ;-)).
Du genre, tu as commencé ton nouvea boulot ? = *
Mais d'abord, est qu'il y a encore du monde par ici ? Z'etes où ?
Que devenez vous ?
Si vous passez par là, faut me mettre une petite bafouille, sinon je vais vous refaire le syndrome de la folle au bois dormant !
Tili :-)
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mardi 16 juin 2015
lundi 21 février 2011
Preuve ou Opinion ?
C'est quoi une preuve ? Comment distingues t-on une croyance, une opinion, d'une preuve scientifique ?
Vous l'aurez voulu, je me lance à essayer de donner des explications sur le métier de chercheur. :-)
Bon, ce n'est pas très facile, même un peu hardu, mais j'essaye, c'est déjà ça ;-)
Au commencement était l'hypothèse scientifique…
Qu'est ce qu'une hypothèse scientifique, qu'est ce qui différencie une hypothèse scientifique d'une hypothèse non scientifique ?
- Le fait qu'on va pouvoir - ou non - établir un protocole expérimental pour y répondre.
Par exemple : l'hypothèse "la majorité de mes lecteurs ont une intelligence supérieure à la moyenne" est une hypothèse scientifique. On peut imaginer une expérience où un échantillon représentatif de mes lecteurs passerait un test de quotient intellectuel qui démontrerait, bien sûr, que vous êtes majoritairement géniaux.
Par contre, l'hypothèse "TOUS mes lecteurs ont une intelligence supérieurs à la moyenne" n'est pas scientifique parce que, même en me creusant la tête très fort, je ne peux pas imaginer un moyen de vous contraindre "absolument tous" à passer un test idiot…
Donc, au commencement, on a une hypothèse scientifique sur un phénomène déterminé et OBSERVABLE.
La notion d'OBSERVABLE est très importante en sciences, elle exclue tous les phénomènes qui ne sont PAS OBSERVABLES.
Donc, si votre grand mère à des flash prémonitoires imprévisibles qui font la fierté de la famille, c'est intéressant, vous avez le droit d'y croire - ou non- mais cela ne rentre pas dans le champ de la science car le phénomène n'est pas "observable".
Donc encore, la plupart des croyances ne sont pas scientifiques.
Attention, distinguons bien les choses, on a tous des croyances en telle ou telle chose, y compris les scientifiques qui, au minimum, ont la croyance que le paradigme scientifique permet d'augmenter la connaissance humaine. Tout le monde a le droit d'avoir des croyances et on est bien d'accord aussi que la science ne peut pas TOUT observer car certains objets ne sont tout simplement pas observables dans le cadre du paradigme scientifique.
Simplement, en tant que société nous avons l'intuition que baser nos connaissances sur des preuves et non sur des croyances est quelque chose qui nous a permis de progresser. Personnellement je pense qu'il est important d'apprendre à nos enfants à distinguer une preuve d'une opinion, que cela leur permettre d'avoir un esprit critique et d'être intellectuellement plus libres. Sans jamais tomber dans l'excès inverse de penser que la science est "absolue" puisque par définition elle ne s'applique qu'à une partie des choses répondant à des critères précis.
Alors reprenons notre explication de comment on fait une démonstration scientifique...
On va appliquer sur notre phénomène observable un paradigme scientifique.
Plusieurs critères sont essentiels.
- On va formuler des hypothèses expérimentales pour expliquer notre phénomène, hypothèses qui doivent être incluses dans le cadre d'un modèle explicatif.
- Les hypothèse doivent être réfutables.
- On va essayer de "prévoir" des évènements qui répondent à nos hypothèses, c'est l'objet de l'expérience. (Ça fait la valeur prédictive du modèle).
- On va appliquer une méthode expérimentale.
- L'expérience doit être reproductible.
- Enfin on va analyser le résultat de façon à valider ou bien réfuter l'hypothèse ET inscrire le résultat dans un modèle déductif d'explication.
Par conséquent, par définition, même, une hypothèse ne doit jamais être irréfutable, en sciences et une chose n'est "non-réfutée" que jusqu'à l'arrivée d'une preuve contraire.
Un scientifique devrait être humble car il sait que qu'il ne peut pas tout étudier, que beaucoup de choses ne rentrent pas dans le champs de l'observation scientifique - ce qui ne prouve nullement que cela n'existe pas, juste que cela n'est pas observable scientifiquement. Il sait aussi que chaque découverte scientifique ouvre la porte à des multitudes d'autres questions, tant est si bien que j'ai parfois l'impression que plus on en sait, plus on sait qu'on ne sait quasiment rien.
Une image qui représente cela pour moi, je suis un minuscule point qui me tiens au bord du monde et je regarde l'immensité de l'espace. Tous les autres scientifiques sont aussi des minuscules points qui regardent dans toutes les directions. A chaque fois qu'on découvre quelque chose, notre "monde" augmente et est ainsi en contact avec un volume encore plus grand d'espace, d'inconnu…
Quelle méthode expérimentale va t-on appliquer ?
Là, cela se complique, car en fonction du sujet d'étude, on ne peut pas appliquer la même méthode. On peut faire des observations "analogiques" ou bien une analyse réductionniste où on va essayer de comme "couper" la question en questions plus élémentaires etc etc. C'est ce qu'on fait souvent en biologie par exemple.
Maintenant il ne suffit pas d'avoir une hypothèse observable pour faire de la science. Vous devez aussi avoir un modèle théorique qui explique votre hypothèse, votre raisonnement.
Un exemple concret encore.
Imaginons que je regarde les enfants dans la coure de récréation. Je me dis que certains semblent courir plus vite que d'autres et que "donc", c'est une pathologie…
Je vais mesurer leur vitesse à tous. Ça va suivre une courbe de Gauss, une loi normale, une courbe qui à l'allure d'un chapeau melon. Je vais dire, c'est le minimum acceptable, que les 5 % plus rapides sont en dehors de la norme…
Et je fais l'expérience… Oui, je trouve 5% des enfants qui sont plus rapides ! Évidemment puisque c'était mon critère, direz vous !
Alors je dis que ces 5 % plus rapides, ont une maladie qui les fait courir plus vite… "LA PREUVE", si je leur donne le médicament machin, il vont courir moins vite…
Eh bien NON, ce n'est pas une preuve scientifique. Une statistique ne suffit pas à créer un lien de causalité. Ici, il me manque le modèle déductif d'explication.
Le fait d'avoir un médicament qui modifie le comportement observé, ici -courir plus vite- ne me donne pas une explication scientifique de pourquoi ce serait une pathologie.
Autre contre-exemple, ce qui fait qu'un phénomène est "scientifique" ce n'est pas le nombre d'observations dessus, c'est bien qu'il s'inscrit dans les critères énoncés plus haut.
Alors bien sûr, même si des millions de personnes croient quelque chose, cela n'en fait pas pour autant une science. Et même si, des tas de gens ont écrit des tas de choses sur un sujet, depuis très très longtemps, exemple, la machinchoso-logie cela en fait sûrement une chose intéressante mais certainement pas une science.
Maintenant, attention, on parlait de l'hypothèse jusqu'ici, maintenant on va parler de la preuve apportée (ou non) par l'observation ou l'expérimentation.
Dans la plupart des sciences expérimentales, il est très difficile de "prouver" qu'une hypothèse est vraie (preuve positive), par contre il est souvent facile de prouver qu'une hypothèse est fausse (preuve négative), il suffit d'un seul contre-exemple.
Et tant qu'on n'a pas de contre exemple et que notre hypothèse prédit bien les observations, on peut continuer a travailler avec cette hypothèse, tout en gardant a l'esprit que ce n'est qu'une hypothèse.
Et il existe aussi des preuves positives.
Et tant qu'on n'a pas de contre exemple et que notre hypothèse prédit bien les observations, on peut continuer a travailler avec cette hypothèse, tout en gardant a l'esprit que ce n'est qu'une hypothèse.
Et il existe aussi des preuves positives.
Par exemple le fait que la terre est ronde. Pendant longtemps dans l'antiquité c'était une hypothèse, il y avait des arguments pour. Mais maintenant qu'on la prise en photo depuis l'espace, qu'on en a fait le tour, c'est vraiment prouvé.
Autre exemple, pendant longtemps on a fait l'hypothèse qu'il devait exister une particule qu'on a appelée le neutrino, et elle n'a été observée que bien plus tard. Mais maintenant, on l'a observée des millions de fois, pas de doute le neutrino existe, c'est prouvé. Pour l'instant la particule Higgs est une hypothèse, mais on espère que le CERN donnera une preuve de son existence. Quand elle aura vraiment été photographiée, ce sera une preuve qu'elle existe.
Autre exemple, pendant longtemps on a fait l'hypothèse qu'il devait exister une particule qu'on a appelée le neutrino, et elle n'a été observée que bien plus tard. Mais maintenant, on l'a observée des millions de fois, pas de doute le neutrino existe, c'est prouvé. Pour l'instant la particule Higgs est une hypothèse, mais on espère que le CERN donnera une preuve de son existence. Quand elle aura vraiment été photographiée, ce sera une preuve qu'elle existe.
Donc, une hypothèse scientifique, qui était réfutable, peut recevoir (plus "facilement" pour certaines sciences que pour d'autres) une preuve irréfutable qu'elle est vraie, ou bien fausse.
C'est important parce que beaucoup de gens ont du mal à distinguer une opinion d'une preuve hors cela les fragilise par rapport à des abus.
Si quelqu'un a une opinion ou une croyance non scientifique, ce n'est pas mal ou mauvais en soit, chacun a le droit de s'exprimer, si bien sûr ça reste dans le légal, par contre cela deviendrait mensonger si cette personne se servait de la caution scientifique pour vous "obliger à le croire", encore pire pour vous vendre un truc peut être nocif.
Je préfère de loin avoir une personne franche qui me dit, "c'est une croyance", on n'a pas de preuves scientifiques, mais je "pense" que c'est bien bla bla bla qu'une personne qui me dit "la psymachin-nologie" est une science, la preuve, cela s'enseigne à la fac !
Soyez libres, sachez distinguer une preuve d'une opinion, même si c'est moi qui vous l'affirme ! ;-)
Pour aller plus loin:
- Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_scientifique
- Descartes "Le discours de la méthode" (Il est dans le domaine publique, vous pouvez le télécharger gratuitement ici, allez y, je vous assure qu'il n'a pas pris une ride, c'est passionnant à lire ! http://www.archive.org/details/discoursdel00desc).
- Thomas Kuhn "Structure des révolutions scientifiques" (voir écrits disponibles sur le web car tombés dans le domaine public, ici) http://www.archive.org/search.php?query=thomas%20kuhn
lundi 6 décembre 2010
Partir... encore !
Nous sommes près de la Suisse pour 1 an et ensuite ???
Rentrer à la maison ? Laquelle ? Ah, celle là, oui, peut être, un peu, quelques mois...
Nous avons accepté un poste à l'étranger.
Encore...
Oui, je sais...
Mais il en va de nos projets comme des descentes en luge du Titi, on sait d'où l'on part, à peu près ce que l'on vise, mais jamais, jamais par où nous allons passer !
Tout peut arriver, nous pouvons avoir d'autres propositions ailleurs, décider d'arrêter de bouger, affronter une situation imprévue, et même la France pourrait arrêter de maltraiter ses chercheurs et nous donner envie de rester, qui sait, oui, tout peut arriver...
En attendant nous préparons l'avenir et pour l'instant, l'avenir est ailleurs, sur un autre continent, dans une autre langue...
Et je sens encore le goût des voyages, l'envie d'aventures, de découvertes, de tourner autour du monde...
Rentrer à la maison ? Laquelle ? Ah, celle là, oui, peut être, un peu, quelques mois...
Nous avons accepté un poste à l'étranger.
Encore...
Oui, je sais...
Mais il en va de nos projets comme des descentes en luge du Titi, on sait d'où l'on part, à peu près ce que l'on vise, mais jamais, jamais par où nous allons passer !
Tout peut arriver, nous pouvons avoir d'autres propositions ailleurs, décider d'arrêter de bouger, affronter une situation imprévue, et même la France pourrait arrêter de maltraiter ses chercheurs et nous donner envie de rester, qui sait, oui, tout peut arriver...
En attendant nous préparons l'avenir et pour l'instant, l'avenir est ailleurs, sur un autre continent, dans une autre langue...
Et je sens encore le goût des voyages, l'envie d'aventures, de découvertes, de tourner autour du monde...
mercredi 17 novembre 2010
La Géométrie est VIVANTE
Il faut VIVRE et aimer la géométrie...
Ce matin, au petit déjeuner, mes filles, qui ADORENT la géométrie me racontent qu’elles ont travaillé sur les droites parallèles à l’école et sur les angles droits...
Alors, pensant à la conversation d’hier par mail avec mon copain Francis*, je leur pose la question suivante :
- C’est quoi une droite ?
- C’est une ligne qu’on fait sur une feuille...
- Et un point ?
- Ben c’est un point quoi !
- Un point ou une droite dessinés sur une feuille, ce sont des "vrais" ?
- Ben oui...
- Ben non mes chéries, je ne suis pas d’accord.
- Pourquoi ?
- Je vais vous expliquer...
Si vous dessinez un chat sur une feuille, est ce que c’est un “vrai” chat ? Est ce qu'il va faire "miaou" et pisser sur le mur ?
Rires...
- Ah non, c’est juste un dessin, c’est pas un vrai chat !
- Mais si vous dessinez une droite sur une feuille alors, est ce que c’est une “vraie” droite ?
- Maé me réponds... Non, parce que une vraie droite elle ne s’arrête pas et sur une feuille on est obligés de l’arrêter...
- Donc tu me dis que tu ne peux dessiner que des segments de droite n’est ce pas ?
- C’est quoi un segment ?
- Un morceau.
- Ben oui, je dessine un segment...
- Ok, alors est ce que ton segment c’est un vrai, comme le chat ?
- Sam intervient, elle commence à comprendre... Ben non, c’est juste un dessin.
- Maé me demande... Maman, les droites et les segments, ce sont des vraies choses, comme le chat ?
- Ben oui. Et à votre avis, c’est quoi un point ?
- Là, quasiment en cœur, c’est une vraie chose !
- Ok, alors montrez moi un point...
Maé ramasse une miette de pain sur la table..
- Ok, alors, quand on a 2 points, on peut y faire passer combien de droites ?
- En cœur... une seule !...
- Hum, vous avez bien appris votre leçon, mais voyons voir... Si j’ai un très gros feutre et que je dessine deux très gros points, mais très très gros hein, comme ça au moins (je fais semblant de dessiner 2 très gros ronds sur la table) O
Alors là, je vais pouvoir y faire passer combien de droites ?
Grande perplexité de mes filles... Finalement Sam me répond,
Heuuu au moins 4....
Maé reste perplexe, finalement elle choisit de copier un peu sa sœur et réponds.
Peut être un peu plus même...
Je souris.
- Bon, si tu fais un dessin de chat sur une feuille, est ce que c’est un vrai chat ?
En cœur... Nooooon
- Ton dessin de chat il est en général plus gros ou plus petit qu’un vrai chat ?
- Plus petit !
- Ok, et si je vous demandes de faire un dessin de souris, et que vous me dessinez une souris sur toute la feuille, ça fait une grosse souris n’est ce pas ?
- Ouiiii
- Bon mais c’est une vrai souris ou pas ?
- Non, c’est juste le dessin d’une souris qui est gros...
- Et votre dessin de point, c’est quoi la “vraie taille” d’un point ?
Long moment de réflexion... Elles ne savent pas...
Je reprends, ok, alors les mathématiciens ont décidé de dire que la taille d’un point c’est juste “le plus petit possible”...
- Ah ? Me disent-elles...
- Si vous dessinez un point le plus petit possible, ça pose un problème ?
- Ben oui, me dit Maé, le maître il ne va pas le voir !
- Bon, alors mes chéries, si je vous demande maintenant de me dessiner un microbe, est ce que vous allez pouvoir le faire ?
- Oui, dit Sam, parce que c’est juste un dessin, je peux le faire “gros”.
- Ahhhhh dit Maé qui a compris, mais le point aussi c’est juste un dessin alors je peux le faire gros !
- Tout à fait, tout à fait ma chérie.... Et, dis moi, c’est quoi la l’épaisseur d’une droite, ou d’un segment de droite ?
- Sam hurle, je sais, je sais, alors c’est pareil que le point !
- Exactement, bravo ma chérie...
- Alors maintenant vous allez pouvoir re-répondre à ma question, si je dessine 2 très gros points, combien vous allez pouvoir faire passer de droites dedans ?
- Presque en cœur elles me répondent : une seule mais qui sera aussi grosse (épaisse) que les points !!!!
- Ahhhh bravo ! .... Mais moi, en fait, j’ai fait 2 points et puis j’ai tracé une première droite dessus, en jaune, et puis une deuxième, en rouge, et une troisième, en vert. Alors j’ai tracé 3 droites entre ces 2 points, non ? Qu’est ce que vous en pensez ?
Perplexité...
Je reprends... alors, en faisant ça, j’ai tracé une seule droite ou 3 ???
- Maé me dit, “une seule de toutes les couleurs”, Sam me dit “non, c’est vrai qu’il y en a trois”...
- Je m’adresse à Sam... Ma chérie, si tu dessines un chat, et que tu le colorie en jaune, puis en rouge, puis en vert, dis moi, est ce que c’est toujours un dessin de chat ?
- Oui...
- Mais est ce que c’est le dessin d’un seul chat ?
- Ahhhhh ouiiiiiii, dit elle, la droite, c’est toujours la même, on s’en fout de sa couleur !
- Ben voilà mes chéries, vous avez tout compris...
Maintenant, puisqu’on est d’accord que les choses de géométrie elles sont réelles, comme les chats, dites moi, vous pouvez m’en montrer autour de vous ?
Là elles montrent les angles droits des meubles etc.
Alors, ça sert à quoi la géométrie mes chéries ?
- Maé dit : A fabriquer des maisons !!!
- Oui, ma chérie, tu as raison, mais regardez toutes les deux... Je prends une orange et la coupe en deux (on fera du jus après) regardez, c’est un cercle et il y a le centre... la nature aussi elle fait de la géométrie.
- Ahhhhhhhhhh disent-elles.
- Alors ça sert à comprendre le monde ? Me dit Sam ...
- Oui, et à bien plus encore, ça apprends à votre cerveau à faire des choses parfaites, c’est chouette non ? On va faire encore un truc., regardez par la fenêtre et dites moi si vous pouvez voir 2 droites parallèles ?
Elles regardent mais ne voient pas.
- Regardez la route...
- Ahhhh ouiiii, dit encore Maé, chaque côté de la route c’est une droite parallèle !
- Oui, dis je, seulement si on imagine que la route est toute droite et qu'elle ne s'arrête jamais...
Mais si les 2 droites se rencontraient qu’est ce que ça ferait ?
- Ensemble “un accident “!!!!!
On rigole toutes les 3....
Merci Francis de m’avoir ouvert les yeux sur ce problème d’apprentissage de nos enfants :-)
Pour les lecteurs, je précise, Francis Reynes, oui, celui qui fait aussi de si belles chansons, est un professeur de maths à la retraite et pendant 30 ans il a fait des recherches sur la compréhension des maths, sur comment les enseigner... Hier il m'a envoyé le texte de l'exposé qu'il à fait à la Société Belge des Professeurs de Mathématique d'expression française.
Je lui ai envoyé ce texte de la discussion avec les puces de ce matin et nous avons décidé ensemble de vous en parler. Francis va aussi répondre ici à vos questions si ça vous intéresse :-)
Voici ce qu'il m'a répondu:
Super, votre petit dialogue ! impeccable ! Bravo ! Bien sûr qu'il faut mettre ça sur votre blog !
Vous pourriez aussi y mettre les adresses où l'on peut trouver mon compte rendu et les fiches-élèves. Je vous les redonne :
Compte rendu téléchargeable en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/Compte-rendu-Dinant-F.-Reynès.pdf
Fiches 1 à 12 téléchargeables en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/F.-Reynès-Fiches-élèves-1à12.pdf
Fiches 13 à 24 téléchargeables en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/F.-Reynès-Fiches-élèves-13à24.pdf
Site de la SBPMef ( Société Belge des Professeurs de Mathématique d'expression française ) : http://www.sbpm.be/
Voici également la présentation que j'avais faite pour la conférence :
-----------------------------------—————————————————————
Francis REYNES
Ex-professeur, 14 ans coopérant (10 au Cameroun puis 4 au Sénégal) puis 21 ans au collège d’Arcachon, environ 30 ans de recherche et d’expérimentation dont près de 20 à l’IREM d’Aquitaine puis à la commission inter-IREM 1er cycle. (Une douzaine d’articles publiés dans diverses revues ou brochures)…
Le langage mathématique, pourquoi, comment ?…
« C’est dans le mot que nous pensons » (Hegel). C’est pourquoi, face aux demandes de réussite des élèves, des parents et de l’institution, tous plus ou moins tentés par l’utilisation de « recettes » qui restent locales et éphémères, notre visée demeure la compréhension : il s’agit de savoir de quoi on parle et comment on en parle. Nous aborderons d’abord le statut des « objets mathématiques » par le biais de « la trahison des images ». Puis nous parlerons du concept d’égalité, indispensable en algèbre, pas inutile en géométrie, mais hélas quasi ignoré des élèves. Nous aborderons ensuite le langage algébrique, la spécificité et l’efficacité de son symbolisme (l’usage des lettres) et la nécessité d’utiliser des traductions (thème et version, codage et décodage) avec le « langage naturel » pour que son formalisme prenne sens.
Nous donnerons des exemples d’activités facilitant l’acquisition de quelques notions fondamentales ainsi que de leur synergie.
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Je veux bien, et avec plaisir, participer à votre blog : qui dit "blog" dit "dialogue", alors je pourrais peut-être tenter de répondre à des questions que poseraient des élèves et/ou leurs parents.
Ce matin, au petit déjeuner, mes filles, qui ADORENT la géométrie me racontent qu’elles ont travaillé sur les droites parallèles à l’école et sur les angles droits...
Alors, pensant à la conversation d’hier par mail avec mon copain Francis*, je leur pose la question suivante :
- C’est quoi une droite ?
- C’est une ligne qu’on fait sur une feuille...
- Et un point ?
- Ben c’est un point quoi !
- Un point ou une droite dessinés sur une feuille, ce sont des "vrais" ?
- Ben oui...
- Ben non mes chéries, je ne suis pas d’accord.
- Pourquoi ?
- Je vais vous expliquer...
Si vous dessinez un chat sur une feuille, est ce que c’est un “vrai” chat ? Est ce qu'il va faire "miaou" et pisser sur le mur ?
Rires...
- Ah non, c’est juste un dessin, c’est pas un vrai chat !
- Mais si vous dessinez une droite sur une feuille alors, est ce que c’est une “vraie” droite ?
- Maé me réponds... Non, parce que une vraie droite elle ne s’arrête pas et sur une feuille on est obligés de l’arrêter...
- Donc tu me dis que tu ne peux dessiner que des segments de droite n’est ce pas ?
- C’est quoi un segment ?
- Un morceau.
- Ben oui, je dessine un segment...
- Ok, alors est ce que ton segment c’est un vrai, comme le chat ?
- Sam intervient, elle commence à comprendre... Ben non, c’est juste un dessin.
- Maé me demande... Maman, les droites et les segments, ce sont des vraies choses, comme le chat ?
- Ben oui. Et à votre avis, c’est quoi un point ?
- Là, quasiment en cœur, c’est une vraie chose !
- Ok, alors montrez moi un point...
Maé ramasse une miette de pain sur la table..
- Ok, alors, quand on a 2 points, on peut y faire passer combien de droites ?
- En cœur... une seule !...
- Hum, vous avez bien appris votre leçon, mais voyons voir... Si j’ai un très gros feutre et que je dessine deux très gros points, mais très très gros hein, comme ça au moins (je fais semblant de dessiner 2 très gros ronds sur la table) O
Alors là, je vais pouvoir y faire passer combien de droites ?
Grande perplexité de mes filles... Finalement Sam me répond,
Heuuu au moins 4....
Maé reste perplexe, finalement elle choisit de copier un peu sa sœur et réponds.
Peut être un peu plus même...
Je souris.
- Bon, si tu fais un dessin de chat sur une feuille, est ce que c’est un vrai chat ?
En cœur... Nooooon
- Ton dessin de chat il est en général plus gros ou plus petit qu’un vrai chat ?
- Plus petit !
- Ok, et si je vous demandes de faire un dessin de souris, et que vous me dessinez une souris sur toute la feuille, ça fait une grosse souris n’est ce pas ?
- Ouiiii
- Bon mais c’est une vrai souris ou pas ?
- Non, c’est juste le dessin d’une souris qui est gros...
- Et votre dessin de point, c’est quoi la “vraie taille” d’un point ?
Long moment de réflexion... Elles ne savent pas...
Je reprends, ok, alors les mathématiciens ont décidé de dire que la taille d’un point c’est juste “le plus petit possible”...
- Ah ? Me disent-elles...
- Si vous dessinez un point le plus petit possible, ça pose un problème ?
- Ben oui, me dit Maé, le maître il ne va pas le voir !
- Bon, alors mes chéries, si je vous demande maintenant de me dessiner un microbe, est ce que vous allez pouvoir le faire ?
- Oui, dit Sam, parce que c’est juste un dessin, je peux le faire “gros”.
- Ahhhhh dit Maé qui a compris, mais le point aussi c’est juste un dessin alors je peux le faire gros !
- Tout à fait, tout à fait ma chérie.... Et, dis moi, c’est quoi la l’épaisseur d’une droite, ou d’un segment de droite ?
- Sam hurle, je sais, je sais, alors c’est pareil que le point !
- Exactement, bravo ma chérie...
- Alors maintenant vous allez pouvoir re-répondre à ma question, si je dessine 2 très gros points, combien vous allez pouvoir faire passer de droites dedans ?
- Presque en cœur elles me répondent : une seule mais qui sera aussi grosse (épaisse) que les points !!!!
- Ahhhh bravo ! .... Mais moi, en fait, j’ai fait 2 points et puis j’ai tracé une première droite dessus, en jaune, et puis une deuxième, en rouge, et une troisième, en vert. Alors j’ai tracé 3 droites entre ces 2 points, non ? Qu’est ce que vous en pensez ?
Perplexité...
Je reprends... alors, en faisant ça, j’ai tracé une seule droite ou 3 ???
- Maé me dit, “une seule de toutes les couleurs”, Sam me dit “non, c’est vrai qu’il y en a trois”...
- Je m’adresse à Sam... Ma chérie, si tu dessines un chat, et que tu le colorie en jaune, puis en rouge, puis en vert, dis moi, est ce que c’est toujours un dessin de chat ?
- Oui...
- Mais est ce que c’est le dessin d’un seul chat ?
- Ahhhhh ouiiiiiii, dit elle, la droite, c’est toujours la même, on s’en fout de sa couleur !
- Ben voilà mes chéries, vous avez tout compris...
Maintenant, puisqu’on est d’accord que les choses de géométrie elles sont réelles, comme les chats, dites moi, vous pouvez m’en montrer autour de vous ?
Là elles montrent les angles droits des meubles etc.
Alors, ça sert à quoi la géométrie mes chéries ?
- Maé dit : A fabriquer des maisons !!!
- Oui, ma chérie, tu as raison, mais regardez toutes les deux... Je prends une orange et la coupe en deux (on fera du jus après) regardez, c’est un cercle et il y a le centre... la nature aussi elle fait de la géométrie.
- Ahhhhhhhhhh disent-elles.
- Alors ça sert à comprendre le monde ? Me dit Sam ...
- Oui, et à bien plus encore, ça apprends à votre cerveau à faire des choses parfaites, c’est chouette non ? On va faire encore un truc., regardez par la fenêtre et dites moi si vous pouvez voir 2 droites parallèles ?
Elles regardent mais ne voient pas.
- Regardez la route...
- Ahhhh ouiiii, dit encore Maé, chaque côté de la route c’est une droite parallèle !
- Oui, dis je, seulement si on imagine que la route est toute droite et qu'elle ne s'arrête jamais...
Mais si les 2 droites se rencontraient qu’est ce que ça ferait ?
- Ensemble “un accident “!!!!!
On rigole toutes les 3....
Merci Francis de m’avoir ouvert les yeux sur ce problème d’apprentissage de nos enfants :-)
Pour les lecteurs, je précise, Francis Reynes, oui, celui qui fait aussi de si belles chansons, est un professeur de maths à la retraite et pendant 30 ans il a fait des recherches sur la compréhension des maths, sur comment les enseigner... Hier il m'a envoyé le texte de l'exposé qu'il à fait à la Société Belge des Professeurs de Mathématique d'expression française.
Je lui ai envoyé ce texte de la discussion avec les puces de ce matin et nous avons décidé ensemble de vous en parler. Francis va aussi répondre ici à vos questions si ça vous intéresse :-)
Voici ce qu'il m'a répondu:
Super, votre petit dialogue ! impeccable ! Bravo ! Bien sûr qu'il faut mettre ça sur votre blog !
Vous pourriez aussi y mettre les adresses où l'on peut trouver mon compte rendu et les fiches-élèves. Je vous les redonne :
Compte rendu téléchargeable en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/Compte-rendu-Dinant-F.-Reynès.pdf
Fiches 1 à 12 téléchargeables en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/F.-Reynès-Fiches-élèves-1à12.pdf
Fiches 13 à 24 téléchargeables en "pdf" : http://www.sbpm.be/wp-content/uploads/2010/05/F.-Reynès-Fiches-élèves-13à24.pdf
Site de la SBPMef ( Société Belge des Professeurs de Mathématique d'expression française ) : http://www.sbpm.be/
Voici également la présentation que j'avais faite pour la conférence :
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Francis REYNES
Ex-professeur, 14 ans coopérant (10 au Cameroun puis 4 au Sénégal) puis 21 ans au collège d’Arcachon, environ 30 ans de recherche et d’expérimentation dont près de 20 à l’IREM d’Aquitaine puis à la commission inter-IREM 1er cycle. (Une douzaine d’articles publiés dans diverses revues ou brochures)…
Le langage mathématique, pourquoi, comment ?…
« C’est dans le mot que nous pensons » (Hegel). C’est pourquoi, face aux demandes de réussite des élèves, des parents et de l’institution, tous plus ou moins tentés par l’utilisation de « recettes » qui restent locales et éphémères, notre visée demeure la compréhension : il s’agit de savoir de quoi on parle et comment on en parle. Nous aborderons d’abord le statut des « objets mathématiques » par le biais de « la trahison des images ». Puis nous parlerons du concept d’égalité, indispensable en algèbre, pas inutile en géométrie, mais hélas quasi ignoré des élèves. Nous aborderons ensuite le langage algébrique, la spécificité et l’efficacité de son symbolisme (l’usage des lettres) et la nécessité d’utiliser des traductions (thème et version, codage et décodage) avec le « langage naturel » pour que son formalisme prenne sens.
Nous donnerons des exemples d’activités facilitant l’acquisition de quelques notions fondamentales ainsi que de leur synergie.
------------------------------------—————————————————————
Je veux bien, et avec plaisir, participer à votre blog : qui dit "blog" dit "dialogue", alors je pourrais peut-être tenter de répondre à des questions que poseraient des élèves et/ou leurs parents.
mercredi 30 septembre 2009
Non
Ca ne marche pas, chez nos amis outre-atlantique.
Nous allons rebondir (j'espère) et à priori cela ne devrait décaler notre départ que de 2 mois, vers début mars mais pour un trajet un peu différent (l'Australie a confirmé donc forcément...).
Pas vraiment d'explication, je pense que l'hypothèse du surcout non anticipé de l'assurance santé (pour cause de cancer) est la plus probable mais je peux me tromper.
Bon j'avale tout ça et j'en reparle plus tard. Le principal est là, la santé va !
Nous allons rebondir (j'espère) et à priori cela ne devrait décaler notre départ que de 2 mois, vers début mars mais pour un trajet un peu différent (l'Australie a confirmé donc forcément...).
Pas vraiment d'explication, je pense que l'hypothèse du surcout non anticipé de l'assurance santé (pour cause de cancer) est la plus probable mais je peux me tromper.
Bon j'avale tout ça et j'en reparle plus tard. Le principal est là, la santé va !
dimanche 13 septembre 2009
Création d'entreprise !
Je suis en plein dedans... Assez tentée par le statut "d'auto-entrepreneur", si vous avez des infos sur les inconvénients c'est le moment de me le dire !!!
J'ai eu plein plein d'infos à L’Agence pour l’Economie en Essonne. Elle est trop bien la "Chargée de la dure Mission de m'informer", elle à réussit en 2 heures à m'expliquer ce que je n'avais pas réussit à comprendre en plusieurs semaines de recherches sur internet... Les histoires de statuts juridiques et fiscaux !!! :-D
Et j'ai même eu en prime un plan de financement... Sauf que dedans ça ne marche que si j'ai des patients alors alors... Sérieusement ça m'a vraiment aidée, maintenant j'ai une idée plus nette et je vais pouvoir me concentrer sur la lecture du statut juridique de l'auto-entrepreneur (pour être sûre).
Et demain RDV d'inscription à l'agence de l'empois, l'ANPE quoi. Comme j'y était avant ma maladie, ça devrait être juste une ré-inscription, mais non, ils m'ont donné un gros dossier à remplir avec une tonne de documents à donner. Exactement les même documents que je leur ai déjà donné (sic).
Il y a dans le lot des question auxquelles on doit répondre pour constituer le dossier une question qui m'a faite tiquer... La réponse que j'ai envisagée à même carrément fait rire aux éclats mon Chum!
Voyez...
On me demande quel emplois je recherche, OK, quel salaire je voudrais, Voui, Si je suis mobile, OK, quel moyen de locomotion j'ai, le pédalo bien sûr, quelle est ma formation, si je maitrise l'informatique et quelles langues je parle... Jusqu'ici tout va bien.
Mais après on me demande "Quelles autres compétences pouvez-vous offrir à un employeur" ?
Rhooooo !!! J'avais plein d'idées hein ;-)
J'ai eu plein plein d'infos à L’Agence pour l’Economie en Essonne. Elle est trop bien la "Chargée de la dure Mission de m'informer", elle à réussit en 2 heures à m'expliquer ce que je n'avais pas réussit à comprendre en plusieurs semaines de recherches sur internet... Les histoires de statuts juridiques et fiscaux !!! :-D
Et j'ai même eu en prime un plan de financement... Sauf que dedans ça ne marche que si j'ai des patients alors alors... Sérieusement ça m'a vraiment aidée, maintenant j'ai une idée plus nette et je vais pouvoir me concentrer sur la lecture du statut juridique de l'auto-entrepreneur (pour être sûre).
Et demain RDV d'inscription à l'agence de l'empois, l'ANPE quoi. Comme j'y était avant ma maladie, ça devrait être juste une ré-inscription, mais non, ils m'ont donné un gros dossier à remplir avec une tonne de documents à donner. Exactement les même documents que je leur ai déjà donné (sic).
Il y a dans le lot des question auxquelles on doit répondre pour constituer le dossier une question qui m'a faite tiquer... La réponse que j'ai envisagée à même carrément fait rire aux éclats mon Chum!
Voyez...
On me demande quel emplois je recherche, OK, quel salaire je voudrais, Voui, Si je suis mobile, OK, quel moyen de locomotion j'ai, le pédalo bien sûr, quelle est ma formation, si je maitrise l'informatique et quelles langues je parle... Jusqu'ici tout va bien.
Mais après on me demande "Quelles autres compétences pouvez-vous offrir à un employeur" ?
Rhooooo !!! J'avais plein d'idées hein ;-)
jeudi 10 septembre 2009
Frénésie de Vie
Ca fait plusieurs semaines que ça dure, maintenant.
J'ai trié, rangé et vidé ma cave (sans mettre mon manchon), trié et rangé toutes les chambres des enfants avec eux (toujours sans manchon), trié, rangé ma cuisine, mon salon, la salle de "jeux-bureau", maintenant je vais m'attaquer à ma chambre et à la salle de bain puis au garage... A cela s'ajoute un nettoyage frénétique de la maison.
C'est PO possible, je dois être enceinte !!!
Parallèlement j'ai relancé ma création d'entreprise, re-monté un dossier, pris moultes contacts, cherché moultes renseignements, essayé de comprendre les bases de la comptabilité, du cadre juridique, fait l'esquisse d'un budget prévisionnel, établis des tarifs et salaires, récupéré tous mes cours (dans la cave, c'était le motif du rangement à l'origine) et tous les tests Neuropsy que j'avais, pris des milliers de RDV !!!
Et sans oublier de me renseigner pour le départ aux US (dont on attend toujours la réponse des Américains qui sont empêtrés dans le surcout lié à mes antécédents de cancérologie, ça m'agace, c'est injuste mais c'est comme ça), prendre les informations importantes pour la scolarité des enfants, leur trouver un Pr. d'Anglais (les puces ont 2 cours par semaine en plus de l'école), vérifier les passeports et autres papiers administratifs, voir qu'il faut refaire le mien, lancer les démarches administratives, chercher des solutions pour la maison et les chats, essayer d'établir un budget des voyages, vérifié les vaccins de tout le monde, évidemment il faut en refaire, pris moults RDV chez le dentiste pour tous le monde etc. etc.
Avec ça il y a mon association, Art Sport Entraide, je dois remettre le site à jour (un très gros boulot), je suis en pleine recherche de financements, il y a eu le forum des associations récemment aussi, nous devons préparer les circuits de tourisme solidaire et mon Chum serait partant pour explorer un somment de 5300 m et former les gens à l'accompagnement à côté du village où les Indiens nous ont demandé de les aider à organiser des trekking pour accompagner des petits groupes de touristes "engagés" (les indiens porterons jusqu'à un camp de base qu'il faut définir). Pour cela je cherche d'autres fonds, du matériel etc. etc.
Et bien sûr, je fais la cuisine, les courses, le ménage et récupère les enfants à 16h30. Et au milieu de tout ça j'ai mes RDV pour mon bilan de santé... Mais là je trouve que je suis plutôt en forme hein ;-)
QUI a dit que je suis hyperactive ??? Nooonnn je vous rassure, je n'ai aucun problème de concentration, la preuve je reste penchée sur mes dossiers quasiment tous les soirs jusqu'à 1h du matin, ça tient compagnie au Chum qui bosse tous les soirs sur ses grandes découvertes.
Non, pas hyperactive, juste complètement frénétique !!!
Vous comprenez, ça fait si longtemps que je n'avais pas vécu !!! J'ai une copine très fine mouche, qui m'a demandé hier si je comptais rattraper 3 ans en quelques semaines... Je crois que oui en fait, c'est de cela qu'il s'agit. Je ne sais pas si des gens qui n'ont pas vécu ça peuvent comprendre mais je vais tenter de l'expliquer.
Après avoir vécu des années "en apnée" sans "vivre" sans profiter, sans pouvoir faire des projets d'avenir, sans pouvoir bouger des cartons, sans travailler, sans faire fonctionner mon cerveau et brusquement me re-sentir "vivante", terriblement vivante !
Avec en toile de fond d'avoir compris que la vie est si courte...
Ma tante est re-gravement malade avec des vilaines métastases...
Moi j'ai la sensation d'un changement irrémédiable dans ma vie, plus jamais je ne pourrais vivre en "immortelle" la mort m'accompagne dans tous mes gestes, même quand j'embrasse tendrement mes enfants. Mais, loin de déprimer, je ressens au contraire une immense envie de croquer la vie, de réaliser tous mes rêves jusqu'à épuisement...
J'ai trié, rangé et vidé ma cave (sans mettre mon manchon), trié et rangé toutes les chambres des enfants avec eux (toujours sans manchon), trié, rangé ma cuisine, mon salon, la salle de "jeux-bureau", maintenant je vais m'attaquer à ma chambre et à la salle de bain puis au garage... A cela s'ajoute un nettoyage frénétique de la maison.
C'est PO possible, je dois être enceinte !!!
Parallèlement j'ai relancé ma création d'entreprise, re-monté un dossier, pris moultes contacts, cherché moultes renseignements, essayé de comprendre les bases de la comptabilité, du cadre juridique, fait l'esquisse d'un budget prévisionnel, établis des tarifs et salaires, récupéré tous mes cours (dans la cave, c'était le motif du rangement à l'origine) et tous les tests Neuropsy que j'avais, pris des milliers de RDV !!!
Et sans oublier de me renseigner pour le départ aux US (dont on attend toujours la réponse des Américains qui sont empêtrés dans le surcout lié à mes antécédents de cancérologie, ça m'agace, c'est injuste mais c'est comme ça), prendre les informations importantes pour la scolarité des enfants, leur trouver un Pr. d'Anglais (les puces ont 2 cours par semaine en plus de l'école), vérifier les passeports et autres papiers administratifs, voir qu'il faut refaire le mien, lancer les démarches administratives, chercher des solutions pour la maison et les chats, essayer d'établir un budget des voyages, vérifié les vaccins de tout le monde, évidemment il faut en refaire, pris moults RDV chez le dentiste pour tous le monde etc. etc.
Avec ça il y a mon association, Art Sport Entraide, je dois remettre le site à jour (un très gros boulot), je suis en pleine recherche de financements, il y a eu le forum des associations récemment aussi, nous devons préparer les circuits de tourisme solidaire et mon Chum serait partant pour explorer un somment de 5300 m et former les gens à l'accompagnement à côté du village où les Indiens nous ont demandé de les aider à organiser des trekking pour accompagner des petits groupes de touristes "engagés" (les indiens porterons jusqu'à un camp de base qu'il faut définir). Pour cela je cherche d'autres fonds, du matériel etc. etc.
Et bien sûr, je fais la cuisine, les courses, le ménage et récupère les enfants à 16h30. Et au milieu de tout ça j'ai mes RDV pour mon bilan de santé... Mais là je trouve que je suis plutôt en forme hein ;-)
QUI a dit que je suis hyperactive ??? Nooonnn je vous rassure, je n'ai aucun problème de concentration, la preuve je reste penchée sur mes dossiers quasiment tous les soirs jusqu'à 1h du matin, ça tient compagnie au Chum qui bosse tous les soirs sur ses grandes découvertes.
Non, pas hyperactive, juste complètement frénétique !!!
Vous comprenez, ça fait si longtemps que je n'avais pas vécu !!! J'ai une copine très fine mouche, qui m'a demandé hier si je comptais rattraper 3 ans en quelques semaines... Je crois que oui en fait, c'est de cela qu'il s'agit. Je ne sais pas si des gens qui n'ont pas vécu ça peuvent comprendre mais je vais tenter de l'expliquer.
Après avoir vécu des années "en apnée" sans "vivre" sans profiter, sans pouvoir faire des projets d'avenir, sans pouvoir bouger des cartons, sans travailler, sans faire fonctionner mon cerveau et brusquement me re-sentir "vivante", terriblement vivante !
Avec en toile de fond d'avoir compris que la vie est si courte...
Ma tante est re-gravement malade avec des vilaines métastases...
Moi j'ai la sensation d'un changement irrémédiable dans ma vie, plus jamais je ne pourrais vivre en "immortelle" la mort m'accompagne dans tous mes gestes, même quand j'embrasse tendrement mes enfants. Mais, loin de déprimer, je ressens au contraire une immense envie de croquer la vie, de réaliser tous mes rêves jusqu'à épuisement...
vendredi 10 juillet 2009
Ca bouge
Ici, pas encore de pause estivale (bien que j'en ai désespérément besoin) mais cela viendra.
Je prépare ma reprise professionnelle, me pose des millions de questions - oui, comme d'habitudes- et essaye d'aller de l'avant sans recommencer les mêmes erreurs et avec des nouvelles thématiques qui prendraient en compte ces problèmes environnementaux.
Pas simple bien sûr mais bien dans l'air du temps.
J'ai des moment de franche déprime et d'autres euphoriques.
Le Chum cartonne décidément et cela ouvre des nouvelles portes et nous amène à nous resserrer autour de lui pour l'aider à affronter les enjeux et tensions qui se cristallisent autour de lui.
Bien sûr qui dit des nouvelles portes dit des nouveaux choix, et le suivre, lui laisser les mains libres tout en assumant ma propre vie familiale et professionnelle est un autre challenge.
Il y a des choix à faire, parfois très douloureux mais vivre c'est choisir et moi j'aime cette vie qui bouge !
Je prépare ma reprise professionnelle, me pose des millions de questions - oui, comme d'habitudes- et essaye d'aller de l'avant sans recommencer les mêmes erreurs et avec des nouvelles thématiques qui prendraient en compte ces problèmes environnementaux.
Pas simple bien sûr mais bien dans l'air du temps.
J'ai des moment de franche déprime et d'autres euphoriques.
Le Chum cartonne décidément et cela ouvre des nouvelles portes et nous amène à nous resserrer autour de lui pour l'aider à affronter les enjeux et tensions qui se cristallisent autour de lui.
Bien sûr qui dit des nouvelles portes dit des nouveaux choix, et le suivre, lui laisser les mains libres tout en assumant ma propre vie familiale et professionnelle est un autre challenge.
Il y a des choix à faire, parfois très douloureux mais vivre c'est choisir et moi j'aime cette vie qui bouge !
mardi 3 mars 2009
Sur les choix Cornéliens
Merci les filles qui m'avez répondu sur le post "En avant le soleil" et aussi à ceux qui n'ont pas osé répondre je vous ai deviné derrière vos écrans :-D
J'essaye de trouver des compromis, mais l'idée de reprendre ma vie "intellectuelle" est tellement grande...
Si vous saviez comme la recherche me manque, l'émulation intellectuelle, le goût de ces terres inconnues du savoir, cette sensation extraordinaire d'être minuscule au bord du monde et de lancer mon regard droit dans l'infini de l'inconnu...
Je DOIS trouver un compromis et j'y arriverai je me sens comme une survivante dans l'arène, TOUT est possible !
J'essaye de trouver des compromis, mais l'idée de reprendre ma vie "intellectuelle" est tellement grande...
Si vous saviez comme la recherche me manque, l'émulation intellectuelle, le goût de ces terres inconnues du savoir, cette sensation extraordinaire d'être minuscule au bord du monde et de lancer mon regard droit dans l'infini de l'inconnu...
Je DOIS trouver un compromis et j'y arriverai je me sens comme une survivante dans l'arène, TOUT est possible !
samedi 28 février 2009
En avant le soleil

Il y avait comme un air de fête dans notre jardin aujourd’hui.
Un soupçon de fierté familiale devant notre beau terreau sortit de notre compost, des enfants qui plantaient des graines, des ouvrages hâtivement consultés, des bulbes oubliés qui prennent de la hauteur et un avant goût de thé à la menthe.
Nous recevions des amies et le soleil était radieux.
Une bien belle journée.
Je me pose des questions. Plusieurs anciens collègues qui me parlent chacun de travailler avec eux en île de France, une proposition plus concrète et tellement tentante, cette envie pourtant de voyage, de laisser enfin les mains libres à mon Chum, cette crainte de ne pas donner assez de temps aux enfants, qu’ils perdent leur Maman là dessus.
Envie, amour, regrets, joie et crainte, tout se mêle et me laisse bien pensive.
Encore une fois il y a des choix à faire.


mardi 10 février 2009
Chercheurs dans la rue contre les casse pied.

Solidaire avec les chercheurs (voir le post) je demande que les politiques bénéficient de la même évaluation soit disant "confortable" des chercheurs, deux évaluateurs indépendants (et même concurrents), capables de juger leurs travaux, pour chaque texte pondu !
Sinon j'ai la poisse, le Chum est en déplacement pour une semaine et je crois bien que je me suis cassée un orteil...
dimanche 8 février 2009
A nouveau dans la rue

Mardi les chercheurs et les enseignants chercheurs seront à nouveau dans la rue. Pourquoi ?
Lisez déjà déjà mon premier post sur ce sujet...
Depuis des années les chercheurs et enseignant-chercheurs ont eux même demandé la réforme de leur métier pour l’améliorer, se sont réunis dans les “assises de la recherche” par petits comités pour faire les assises de la recherche, ont élaboré ensemble, toutes disciplines réunies un plan de rénovation de la recherche.
Il faut savoir que les chercheurs sont un des corps de métier les plus évalués de France... Bien plus que les politiques qui les jugent ! Pour plus de neutralité les chercheurs Français ont pris l’habitude de se faire évaluer par des confrères étrangers. Ce que les chercheurs voulaient rénover c’est le système de notation des carrières, car des nouvelles disciplines sont apparues, car selon les disciplines on va publier 1 ou 15 articles par an et ça n’a pas la même valeur, donc comptabiliser uniquement le nombres d’articles provoquerait la mort de pans entiers de la recherche.
Et bien d’autres choses qu’ils voulaient rénover...
Le gouvernement, au lieu de les écouter, les a méprisés. Le discours sur la recherche de notre président est atterrant. Un ramassis de non-dits et d”idées préconçues une méconnaissance totale de ce métier. Les gouvernement ne cite même pas l’existence des assises de la recherche, il a pondu à la place une réforme aberrante.
Et le président d'assener au Français qu’il va imposer une évaluation aux chercheurs, voulant faire passer l’idée à la population que les chercheurs sont des fainéants qu’il va bousculer. Que la France serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement. Il a recours aux mensonges, sans hésiter à jeter le discrédit sur un corps de métier qui a pour grand tort de voter majoritairement à gauche...
Dans le projet du gouvernement, la fin du CNRS, se dessine en filigrane, et les chercheurs jugés “mauvais” par le gouvernement seront puni en devant enseigner aux étudiants !
Merci pour les étudiants, il est des pays où on considérerait plutôt que ce sont les meilleurs qui devraient transmettre leur savoir ! Le métier de chercheur est devenu si peu attractif qu’on voit déjà apparaître depuis plusieurs années un désintérêt grandissant des étudiants pour les carrières scientifiques.
Le gouvernement va continuer à précariser la recherche, depuis plusieurs années le nombre de chercheurs statutaires diminue au profit des contrats précaires, c’est le seul métier où il est légal de faire un contrat précaire de 5 ans, ensuite on jette le jeune chercheur devenu trop cher s’il fallait l’embaucher en lui disant, à 35 ans, qu’il est à présent trop vieux...
Pour le gouvernement, il faut donner une apparence d’indépendance aux universités, pour cela il veut nommer des présidents d’université qui auront tout pouvoir sur la carrière des enseignants-chercheurs, les évaluation par les pairs devenant uniquement “consultatives”. Donc un système de carrières et de charge de travail entièrement piloté par le gouvernement avec un système despotique augmentant la précarité des chercheurs.
L'idée de fond c'est que la recherche doit "rapporter plus" à la France. Il faut breveter, il faut privatiser, faire du commerce... LEs chercheurs protestent que c'est la fin de la recherche fondamentale, celle, indispensable qui bien avant la moindre idée d'application accroit les connaissances de l'humanité. Et l'idée encore là dessous c'est d'arrêter de participer à la connaissance en libre accès dans le monde. Car c'est bien là où le bat blesse... Chaque chercheur publie ses résultats qui seront donc accessibles à tous les autres scientifiques dans le monde entier et permettront un accroissement global de la connaissance. L'idée d'un petit malin là dedans serait "et pourquoi mon pays devrait continuer à verser dans l'écuelle mondiale de la connaissance là où ils peut se servir gratuitement sans avoir à participer ?".
Franchement il va falloir le vouloir, démarrer à 1800 euros après 9-10 ans d’études supérieurs et 5 à 10 ans de précarité plus des concours extrêmement difficiles, pour se retrouver sous la direction despotique d’un directeur politique qui ne connaîtra rien à votre sujet de recherche !
Quel autre choix que de manifester, se faire entendre des Français ? Que d’essayer d’obtenir le soutient de la population pour obliger le gouvernement à enfin ECOUTER les chercheurs, reconnaître l'existence des assises de la recherche et regarder ce que les chercheurs qui ont à cœur leur métier ont à dire pour l’améliorer encore !
Allez lire le site de “sauvons la recherche”, faites le savoir autour de vous, empêchons le gouvernement de propager des idées fausses et de saborder la recherche Française !
Le discours du président ici :
Des extraits commentés : http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrkfeature=channel_page
et
http://video.google.fr/videosearch?q=discours%20sarkozy%20recherche&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&um=1&ie=UTF-8&sa=N&hl=fr&tab=wv#
lundi 2 février 2009
Chercheuse
Chercheuse je suis et chercheuse je resterai toujours. Ce n’est pas une question d’avoir un poste ici ou là, c’est un état d’esprit, une façon de regarder le monde qui ne peut m’être retirée.
On ne peut pas devenir chercheur(euse) par hasard. Il faut tellement d’acharnement, tellement d’années d’études, d’heures de travail, il faut retirer toutes les barrières entre la vie privée et le monde professionnel. On VIT chercheur.
Pour moi, c’est une passion qui s’est révélée dans mon enfance, des heures passées à regarder les animaux et les plantes. Je me souviens d’une bataille entre des fourmis et des termites qui m’a laissée scotchée jusqu’à ce que la nuit tombe et que mes parents me retirent du jardin manu militari, je me souviens de mois passés à apprivoiser des chats sauvages, je me souviens de la main de ma grand mère caressant ses plantes avec passion et de moi buvant ses gestes et ses paroles, je me souviens de mon père fâché car j’avais une fois de trop “gâché” une pellicule à ne photographier QUE la nature, je me souviens des kilomètres dans la brousse, seule, à vivre dans la nature, je me souviens avoir admiré le ballet des crabes, je me souviens avoir essayé de dévier les fourmis de leur trajet pour voir si elles trouvaient leur chemin à l’odorat où à la vue... mes premières expériences sans doutes. Et je me souviens de la boîte du petit chimiste, le plus beau cadeau d’enfant, d’avoir fabriqué des boules puantes et distillé de l’alcool. Puis j’ai essayé de comprendre comment les conversations des grands se déroulaient et d’avoir expérimenté de les modifier ou les influencer en glissant le bon mot au bon moment, parfois juste pour les voir se disputer entre eux. Je les regardais se fâcher, fascinée et c’est sans doutes là que j’ai décidé que j’étudierai la manière dont les gens pensent, ce “qu’ils ont dans le cerveau”.
Sans doutes aussi parce que les hurlements ce n'était pas que destiné aux adultes. Je voulais comprendre ...
Il a fallu travailler très dur, rencontrer les bonnes personnes, travailler encore. Et je me souviens de la fierté de mes parents quand j’ai soutenu ma thèse.
J’ai travaillé dans plein de laboratoires, j’ai vu plein de bonnes choses et des mauvaises aussi. Des gens passionnés et bosseurs et des gens abusant de leur pouvoir sur les étudiants aussi. J’ai débuté avec une prof. qui m’a prise par la main pour tout m’apprendre, patiemment et surtout m’apprendre comment poser ma pensée pour en faire une question scientifique. Je lui dois tout. Petit à petit le visage de la recherche s’est modifié. Les professeurs sont devenus les gestionnaires de troupeaux d’étudiants, sans aucune considération pour leur avenir, gérant leur stock de matière première humaine pour en tirer le maximum avant de s’en débarrasser. Les labos sont composés de très peu de titulaires et une majorité de “non permanents”, façon élégante de désigner ceux qui n’ont pas de poste et vont devoir se battre entre eux pour arriver à un avoir un, vont devoir passer plusieurs années à louvoyer et remplir des dossiers pour faire émerger leur CV. A un moment personne ne se demande ce que ça fait, de jeter les gens les uns contre les autres, de favoriser l’individualité pour des recherches qui se font avant tout en équipe et où c’est un groupe qui devrait avancer ? Mort aux plus faibles, à ceux qui ne rapportent pas où “gênent” la recherche de fric, c’est ainsi que des pans entiers de la recherche ont disparu, faute de financement, je pense à l’éthologie notamment, une catastrophe en France.
J’ai vu aussi des gens indignes profiter de mes travaux pour asseoir leur poste, je me souviens de soit disant chercheurs qui devaient m’aider dans des travaux de neuropsychologie et qui non seulement n’ont rien fait mais en plus m’ont saboté une partie de mon travail. Le psychiatre malhonnête et incompétent a été récompensé par un poste hospitalier faisant valoir mon travail qu’il a présenté comme le sien et moi je n’ai eu qu’à m’expatrier.
J’ai vu aussi la recherche être attaquée, pensez aux créationistes, à tous ceux qui mentent en se faisant passer pour des chercheurs et en attaquant la recherche sur ce qu’elle a de fondamental, le doute. Il est facile de dire qu’un chercheur n’est pas sûr de lui car il tient toujours pour réfutable les arguments qu’il avance. Et dans un monde où les plus arrogants qui tirent les ficelles voudraient faire croire qu’ils maîtrisent tout, accepter que le propre de la recherche est d’avant tout être réfutable c’est difficile à avaler. Le doute, la réfutabilité, qui sont notre force, le fondement même de notre manière de penser sont perçus comme des faiblesses.
Aujourd’hui les chercheurs sont dans la rue. Encore. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Les chercheurs ont dit depuis longtemps que leur système devait être réformé, ils se sont pris par la main, ont fait les assises de la recherche, des milliers de chercheurs, par petit comités, ont réfléchi à ce qu’il fallait faire pour sauver et améliorer la recherche Française. Le plan à été finalisé et présenté au gouvernement... Qui l’a jeté à la poubelle !
Aujourd’hui le gouvernement nous propose une réforme qui ne reprend rien des propositions des chercheurs. Dans une logique totalitaire on veut changer l’esprit même de la recherche pour en faire un outil au service non du savoir mais de la production d’argent. La seule question posée sera “combien ça rapporte?”.
Le savoir est méprisé, c’est devenu la quête des faibles et des fainéants, selon ceux qui nous dirigent.
Qu’es ce qui ne va pas dans ce qui est proposé ?
Tout simplement une méconnaissance totale de ce qui fait la recherche. La liberté. Le gouvernement, en prenant le pouvoir sur les moyens de la recherche, entend limiter les moyens aux seules études qu’il estimera intéressantes. Le CNRS, qui pourtant fonctionnait bien, est menacé, il devrait se fondre dans les universités qui sont déjà asphyxiées.
Pourtant, si au 19 ème siècle le gouvernement avait tenu une telle position, pour développer les communications il aurait tout misé sur... les pigeons voyageurs !
La science doit être libre car elle est CREATIVE. On ne peut pas limiter la pensée d’un artiste sans gravement nuire à sa créativité.
C’est assez étrange, d’ailleurs, de voir un gouvernement “libéral” être aussi dirigiste sur la recherche.
Qui plus est, en rendant la recherche publique dépendante des entreprises et de l’état, on ôte tout moyen de rétrocontrôle sur les effets pervers d’une commercialisation rapide des découvertes.
Le système américain tant vanté a des pieds en argile, les gardes fous sur les toxicité et les pollutions ont été étranglés.
Savez vous que les premières découvertes sur le pouvoir addictif de la nicotine dans le tabac ont servi aux industriels à augmenter les doses de nicotine dans les cigarettes ? Et quand c’est devenu illégal ils ont tout simplement sélectionné les plants les plus riches en nicotine...
Quand la science est au service du profit et non de la connaissance !
Allez lire le site de “sauvons la recherche”, c’est édifiant.
http://www.sauvonslarecherche.fr/
Pour ma part avoir eu des enfants d’abord puis un cancer ensuite, a avancé mon âge au delà des limites d’âge (illégales et systématiques) pour avoir un poste.
Mais avoir vécu dans les laboratoires et vu la recherche se dégrader et ne profiter plus qu’aux plus mercantiles ne me donne pas non plus envie de me battre pour cela.
Je rêve d’une recherche libre où je puisse avancer sur mes idées sans contrainte. Continuer à travailler en équipes, si stimulantes, sans avoir une arrière pensée de compétition pour un poste ou sans devoir se dire qu’on tire un maximum de ce DEA, ce thésard ou ce post-doc sans lui offrir aucune possibilité d’avenir.
Pour cela une seule solution, travailler à mon compte. C’est possible car je suis aussi clinicienne. Je peux vendre mon expertise en tant qu’entreprise auprès des laboratoires publics, puisqu’il n’y a plus d’argent pour embaucher du personnel mais pleins de moyens pour collaborer avec le privé... Et ça me permettra aussi d’avoir le droit de donner mon avis.
Mais je n’ai aucune connaissance en économie ni en gestion, alors souhaitez moi bonne chance !
Aidez nous à sauver la recherche !
On ne peut pas devenir chercheur(euse) par hasard. Il faut tellement d’acharnement, tellement d’années d’études, d’heures de travail, il faut retirer toutes les barrières entre la vie privée et le monde professionnel. On VIT chercheur.
Pour moi, c’est une passion qui s’est révélée dans mon enfance, des heures passées à regarder les animaux et les plantes. Je me souviens d’une bataille entre des fourmis et des termites qui m’a laissée scotchée jusqu’à ce que la nuit tombe et que mes parents me retirent du jardin manu militari, je me souviens de mois passés à apprivoiser des chats sauvages, je me souviens de la main de ma grand mère caressant ses plantes avec passion et de moi buvant ses gestes et ses paroles, je me souviens de mon père fâché car j’avais une fois de trop “gâché” une pellicule à ne photographier QUE la nature, je me souviens des kilomètres dans la brousse, seule, à vivre dans la nature, je me souviens avoir admiré le ballet des crabes, je me souviens avoir essayé de dévier les fourmis de leur trajet pour voir si elles trouvaient leur chemin à l’odorat où à la vue... mes premières expériences sans doutes. Et je me souviens de la boîte du petit chimiste, le plus beau cadeau d’enfant, d’avoir fabriqué des boules puantes et distillé de l’alcool. Puis j’ai essayé de comprendre comment les conversations des grands se déroulaient et d’avoir expérimenté de les modifier ou les influencer en glissant le bon mot au bon moment, parfois juste pour les voir se disputer entre eux. Je les regardais se fâcher, fascinée et c’est sans doutes là que j’ai décidé que j’étudierai la manière dont les gens pensent, ce “qu’ils ont dans le cerveau”.
Sans doutes aussi parce que les hurlements ce n'était pas que destiné aux adultes. Je voulais comprendre ...
Il a fallu travailler très dur, rencontrer les bonnes personnes, travailler encore. Et je me souviens de la fierté de mes parents quand j’ai soutenu ma thèse.
J’ai travaillé dans plein de laboratoires, j’ai vu plein de bonnes choses et des mauvaises aussi. Des gens passionnés et bosseurs et des gens abusant de leur pouvoir sur les étudiants aussi. J’ai débuté avec une prof. qui m’a prise par la main pour tout m’apprendre, patiemment et surtout m’apprendre comment poser ma pensée pour en faire une question scientifique. Je lui dois tout. Petit à petit le visage de la recherche s’est modifié. Les professeurs sont devenus les gestionnaires de troupeaux d’étudiants, sans aucune considération pour leur avenir, gérant leur stock de matière première humaine pour en tirer le maximum avant de s’en débarrasser. Les labos sont composés de très peu de titulaires et une majorité de “non permanents”, façon élégante de désigner ceux qui n’ont pas de poste et vont devoir se battre entre eux pour arriver à un avoir un, vont devoir passer plusieurs années à louvoyer et remplir des dossiers pour faire émerger leur CV. A un moment personne ne se demande ce que ça fait, de jeter les gens les uns contre les autres, de favoriser l’individualité pour des recherches qui se font avant tout en équipe et où c’est un groupe qui devrait avancer ? Mort aux plus faibles, à ceux qui ne rapportent pas où “gênent” la recherche de fric, c’est ainsi que des pans entiers de la recherche ont disparu, faute de financement, je pense à l’éthologie notamment, une catastrophe en France.
J’ai vu aussi des gens indignes profiter de mes travaux pour asseoir leur poste, je me souviens de soit disant chercheurs qui devaient m’aider dans des travaux de neuropsychologie et qui non seulement n’ont rien fait mais en plus m’ont saboté une partie de mon travail. Le psychiatre malhonnête et incompétent a été récompensé par un poste hospitalier faisant valoir mon travail qu’il a présenté comme le sien et moi je n’ai eu qu’à m’expatrier.
J’ai vu aussi la recherche être attaquée, pensez aux créationistes, à tous ceux qui mentent en se faisant passer pour des chercheurs et en attaquant la recherche sur ce qu’elle a de fondamental, le doute. Il est facile de dire qu’un chercheur n’est pas sûr de lui car il tient toujours pour réfutable les arguments qu’il avance. Et dans un monde où les plus arrogants qui tirent les ficelles voudraient faire croire qu’ils maîtrisent tout, accepter que le propre de la recherche est d’avant tout être réfutable c’est difficile à avaler. Le doute, la réfutabilité, qui sont notre force, le fondement même de notre manière de penser sont perçus comme des faiblesses.
Aujourd’hui les chercheurs sont dans la rue. Encore. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Les chercheurs ont dit depuis longtemps que leur système devait être réformé, ils se sont pris par la main, ont fait les assises de la recherche, des milliers de chercheurs, par petit comités, ont réfléchi à ce qu’il fallait faire pour sauver et améliorer la recherche Française. Le plan à été finalisé et présenté au gouvernement... Qui l’a jeté à la poubelle !
Aujourd’hui le gouvernement nous propose une réforme qui ne reprend rien des propositions des chercheurs. Dans une logique totalitaire on veut changer l’esprit même de la recherche pour en faire un outil au service non du savoir mais de la production d’argent. La seule question posée sera “combien ça rapporte?”.
Le savoir est méprisé, c’est devenu la quête des faibles et des fainéants, selon ceux qui nous dirigent.
Qu’es ce qui ne va pas dans ce qui est proposé ?
Tout simplement une méconnaissance totale de ce qui fait la recherche. La liberté. Le gouvernement, en prenant le pouvoir sur les moyens de la recherche, entend limiter les moyens aux seules études qu’il estimera intéressantes. Le CNRS, qui pourtant fonctionnait bien, est menacé, il devrait se fondre dans les universités qui sont déjà asphyxiées.
Pourtant, si au 19 ème siècle le gouvernement avait tenu une telle position, pour développer les communications il aurait tout misé sur... les pigeons voyageurs !
La science doit être libre car elle est CREATIVE. On ne peut pas limiter la pensée d’un artiste sans gravement nuire à sa créativité.
C’est assez étrange, d’ailleurs, de voir un gouvernement “libéral” être aussi dirigiste sur la recherche.
Qui plus est, en rendant la recherche publique dépendante des entreprises et de l’état, on ôte tout moyen de rétrocontrôle sur les effets pervers d’une commercialisation rapide des découvertes.
Le système américain tant vanté a des pieds en argile, les gardes fous sur les toxicité et les pollutions ont été étranglés.
Savez vous que les premières découvertes sur le pouvoir addictif de la nicotine dans le tabac ont servi aux industriels à augmenter les doses de nicotine dans les cigarettes ? Et quand c’est devenu illégal ils ont tout simplement sélectionné les plants les plus riches en nicotine...
Quand la science est au service du profit et non de la connaissance !
Allez lire le site de “sauvons la recherche”, c’est édifiant.
http://www.sauvonslarecherche.fr/
Pour ma part avoir eu des enfants d’abord puis un cancer ensuite, a avancé mon âge au delà des limites d’âge (illégales et systématiques) pour avoir un poste.
Mais avoir vécu dans les laboratoires et vu la recherche se dégrader et ne profiter plus qu’aux plus mercantiles ne me donne pas non plus envie de me battre pour cela.
Je rêve d’une recherche libre où je puisse avancer sur mes idées sans contrainte. Continuer à travailler en équipes, si stimulantes, sans avoir une arrière pensée de compétition pour un poste ou sans devoir se dire qu’on tire un maximum de ce DEA, ce thésard ou ce post-doc sans lui offrir aucune possibilité d’avenir.
Pour cela une seule solution, travailler à mon compte. C’est possible car je suis aussi clinicienne. Je peux vendre mon expertise en tant qu’entreprise auprès des laboratoires publics, puisqu’il n’y a plus d’argent pour embaucher du personnel mais pleins de moyens pour collaborer avec le privé... Et ça me permettra aussi d’avoir le droit de donner mon avis.
Mais je n’ai aucune connaissance en économie ni en gestion, alors souhaitez moi bonne chance !
Aidez nous à sauver la recherche !
vendredi 12 décembre 2008
Les sirènes du Japon
Mon Chum à l'air de se plaire au Japon !
Il me dit qu'on lui propose ouvertement un poste las-bas pour 1 an, que le directeur lui dit qu'il peut déjà dire à sa femme de boucler les valises...
Enfin juste que je suis déjà en train de faire les valises mais pour la Suisse.
Le Chum:
- "Hé ma chérie et l'année suivante, après la Suisse, si on allait au Japon hein qu'en penses tu ?"
Moi:
- "Chiche, si tu m'aides à y décrocher des vacation à temps partiel dans un labo de neuro-imagerie !"
Vous savez quoi ? Je ne connais rien du Japon, ni même de l'Asie en général, mais après tout l'essentiel de ma personnalité est peut être bien dans le titre de ce Blog ;-)
---------------------------------------
Petit edit sur quelques réflexions qui me sont venues cet aprems, pendant que je faisais les courses de Noël...
- J'ai repensé à ce que m'a dit le Chum... Le directeur du centre, très enthousiaste sur ses travaux, aurait dit que "sa femme et ses enfants pourraient emménager dès LA SEMAINE PROCHAINE"!
Alors je me dis.... Si ça se trouve, c'est juste de l'humour Japonais ???
- Puis je me dis qu'il y a quelques temps le Chum était partant pour l'est des EU, puis pour la Californie (il m'a d'ailleurs dit dans la même conversation que la Californie était toujours possible) puis nous envisagions l'Italie, puis il rêve du Chili, nous partons pour la Suisse et là il me parles du Japon...
En résumé j'ai un Chum lâché dans la nature, drogué par 8 heures de décalage horaire et le succès de ses travaux, à qui sa blonde à dit avant de partir qu'il avait une équipe mobile derrière lui et qu'il pouvait ouvrir sa mappemonde...
Ben le Chum il peut revendiquer le titre du Blog aussi hein, IL EST FOU CELUI LA !
Vas y mon Chum, rêve pour nous, déploie tes ailes, nous allons vivre une vie formidable!
- Enfin j'ai repensé à la gym du petit... J'ai imaginé la conversation suivante avec mon fils, devenu adulte...
Titi: "Quand j'étais petit vous n'avez pas fait l'effort de me faire faire du baby gym!"
Moi: Mais mon chéri, mon bras gonflait après chacun de tes cours et ton Papa était souvent en voyage, je sortais de mon cancer j'étais encore sous traitement, j'étais très fatiguée"
Titi: "Vous ne m'avez pas offert les même opportunités qu'à mes sœurs, j'ai eu moins qu'elles !"
J'ai pensé à cela et j'ai éclaté de rire dans la rue, toute seule, hilare, non mais vraiment, comment pourrais-je imaginer une seule seconde que mon fils deviendra un gros con ? Aller, désolé mon poussin, le sort du baby gym est réglé ! :-D
Il me dit qu'on lui propose ouvertement un poste las-bas pour 1 an, que le directeur lui dit qu'il peut déjà dire à sa femme de boucler les valises...
Enfin juste que je suis déjà en train de faire les valises mais pour la Suisse.
Le Chum:
- "Hé ma chérie et l'année suivante, après la Suisse, si on allait au Japon hein qu'en penses tu ?"
Moi:
- "Chiche, si tu m'aides à y décrocher des vacation à temps partiel dans un labo de neuro-imagerie !"
Vous savez quoi ? Je ne connais rien du Japon, ni même de l'Asie en général, mais après tout l'essentiel de ma personnalité est peut être bien dans le titre de ce Blog ;-)
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Petit edit sur quelques réflexions qui me sont venues cet aprems, pendant que je faisais les courses de Noël...
- J'ai repensé à ce que m'a dit le Chum... Le directeur du centre, très enthousiaste sur ses travaux, aurait dit que "sa femme et ses enfants pourraient emménager dès LA SEMAINE PROCHAINE"!
Alors je me dis.... Si ça se trouve, c'est juste de l'humour Japonais ???
- Puis je me dis qu'il y a quelques temps le Chum était partant pour l'est des EU, puis pour la Californie (il m'a d'ailleurs dit dans la même conversation que la Californie était toujours possible) puis nous envisagions l'Italie, puis il rêve du Chili, nous partons pour la Suisse et là il me parles du Japon...
En résumé j'ai un Chum lâché dans la nature, drogué par 8 heures de décalage horaire et le succès de ses travaux, à qui sa blonde à dit avant de partir qu'il avait une équipe mobile derrière lui et qu'il pouvait ouvrir sa mappemonde...
Ben le Chum il peut revendiquer le titre du Blog aussi hein, IL EST FOU CELUI LA !
Vas y mon Chum, rêve pour nous, déploie tes ailes, nous allons vivre une vie formidable!
- Enfin j'ai repensé à la gym du petit... J'ai imaginé la conversation suivante avec mon fils, devenu adulte...
Titi: "Quand j'étais petit vous n'avez pas fait l'effort de me faire faire du baby gym!"
Moi: Mais mon chéri, mon bras gonflait après chacun de tes cours et ton Papa était souvent en voyage, je sortais de mon cancer j'étais encore sous traitement, j'étais très fatiguée"
Titi: "Vous ne m'avez pas offert les même opportunités qu'à mes sœurs, j'ai eu moins qu'elles !"
J'ai pensé à cela et j'ai éclaté de rire dans la rue, toute seule, hilare, non mais vraiment, comment pourrais-je imaginer une seule seconde que mon fils deviendra un gros con ? Aller, désolé mon poussin, le sort du baby gym est réglé ! :-D
samedi 22 novembre 2008
Neurosciences et Publicité

Il y a longtemps, avant, dans une autre vie, j'ai été une chercheuse en Neurosciences. Et il y a longtemps, avant, dans une autre vie, je suis rentrée en contact avec deux sociétés Françaises qui tentent de lancer le marché des prestataires de services scientifiques auprès des publicitaires.
Je vous vois ouvrir la bouche rond comme des poissons rouge.
Mais oui, évidemment, utiliser les connaissances des neurosciences et notamment de l'imagerie cérébrale et du comportement pour améliorer l'impact de la publicité c'est une démarche tout à fait actuelle. Rien à voir avec de la science fiction.
De là à ce qu'une chercheuse qui maîtrise à la fois l'imagerie fonctionnelle cérébrale et le comportement, qui ait bossé sur les fonctions attentionnelle et qui se retrouve au chômage jetée par le système Français et ses limites d'âge à la con se retrouve contactée pour gagner BEAUCOUP d'argent en livrant ses connaissances pour améliorer la pub, c'est après tout absolument naturel.
Bon, je suis toujours pauvre. Mais je peux encore le faire, c'est une porte de sortie possible... Je dis ça juste pour qu'un riche passant ait pitié et m'envoit plein plein de fric pour que je garde ma moralité ;-)
Non, soyons sérieux.
Comment changer la conduite des individus en s'aidant de nos connaissances ?
Il y a quelques temps une étude à été financée par Coca-cola pour comparer l'impact de l'image de son logo en Imagerie par Résonance Magnétique Fonctionnelle (IRMf), par rapport à l'image du logo de son concurrant Pepsi... Une première étude, basée sur un test gustatif en aveugle (les gens ne savaient pas ce qu'ils buvaient) avait montré que les gens préféraient le goût du Pepsi. Mais si l'étude gustative ne se faisait plus en aveugle alors les gens disaient préférer le Coca.
L'étude en IRMf à consisté à regarder l'activité du cerveau au moment où on faisait un test gustatif, puis l'activité cérébrale quand on montrait chacune des deux marques. Au moment du test gustatif, c'était surtout le noyau putamen qui était activé (ventral) et pour les marques le cortex préfrontal et plus pour Coca...
Petite conclusion sur le contrôl du préfrontal sur le putamen...
Quand la personne de la Pub m'a relatée fièrement cette étude, j'ai posé plusieurs questions. Pourquoi faire de l'IRMf là dessus ? Quelles nouvelles informations scientifiques cela apportait-il ?
Evidemment, aucune. Tous cela est bien connu, l'implication du cortex préfrontal dans la mémoire, le contrôle des régions antérieurs sur les régions postérieures, le rôle du ventral putamen... Aucun scoop.
Pour moi ces publicitaires ont perdu leur temps et leur argent. L'information que Coca vendait plus ils l'avaient déjà et la réaction cérébrale c'est de la poudre aux yeux pour publicitaires naïfs ou désespérés.
Mais comme on m'a fait remarquer, peut importe ce que ça apporte réellement en informations, l'aura scientifique fait vendre et d'avoir sa petite image du cerveau avec le préfrontal s'activant devant sa marque à du faire très plaisir aux patrons de Coca qui ont beaucoup de fric à perdre dans ces trucs là.
Vu comme ça c'est sur...
Bon des études il y en a eu d'autres, je peux vous citer celle qui montrait que l cortex préfrontal s'active plus si le sujet s'identifie à ce qu'évoque le produit comme image de lui même (genre t'est un pauvre petit repoussé par les autres mais si tu met ce parfum tu vas être irrésistible et tomber toutes les nanas... ooooh oui je me reconnaît dans le pauvre petit rejeté donc je vais pouvoir tomber les nanas).
Je vous le fait en basique vous noterez, c'est l'avantage de ne plus parler à un public de scientifiques, je peux caricaturer ;-)
Assez rapidement il y a eu des gens pour dire que ce qui fait vendre c'est les émotions (t'aura de l'amour, t'es triste, gai, rejeté etc...) et la récompense (si tu commandes 3 articles t'as le porte clés avec le petit ourson tellement mignon). Là on à regardé le cerveau de mecs regardants des belles bagnoles et on à vu que le noyau accumbens (Nacc) s'activait.
Evidemment c'était pas une nouveauté non plus et comme d'autres études avaient montré un lien entre l'activité du Nacc et l'attente d'une récompense ça à encore fait très plaisir à ceux qui veulent nous vendre leurs salades. Pour nous c'était assez banal de citer le lien entre émotions et encodage.
En réalité, il n'y à rien de nouveau pour la science dans ces études, par contre ça excite beaucoup les publicitaires.
Pourtant ça fait longtemps qu'ils utilisent les connaissances de socio et de psycho pour essayer de vendre plus. Le mouvement ne vient même pas d'eux mais du monde politique, je suppose que vous avez tous entendu parler des études sur la manipulation des foules qui intéressaient tellement Hitler ! Maintenant ces trucs là c'est du basic enseigné en Deug de socio et très probablement en Master de pub.
Depuis pas mal de temps déjà la pub essaye de vendre en activant nos émotions et surtout sexuelles, en utilisant des techniques de mémorisation plus efficaces etc.
Est ce que les neurosciences vont pouvoir les aider à vendre plus ?
Eh bien personnellement je me méfierai de ça. Ce n'est pas parce que jusqu'ici c'était plutôt de la rigolade qu'il n'y a pas réellement un potentiel à accroître l'impact des pubs sur les gens.
A mon avis ils vont rapidement se mettre sur les bonnes pistes, comme regarder l'impact cérébral de la différence sexuelle des messages publicitaires notamment émotionnels, s'intéresser au lien entre la baisse d'attention et l'impact des messages émotionnels, enfin tout ce qui fait que les chaînes vont pouvoir continuer à vendre plus de « temps de cerveau disponible ».
Ceux avec qui j'ai parlé m'ont affirmé qu'ils n'utiliseraient pas les neurosciences pour améliorer l'impact de la publicité visant les enfants... C'est sûr, chacun à ses limites éthiques...
jeudi 11 septembre 2008
Je suis encore une Scientifique
C'est mon dernier article qui vient d'être accepté (sur l'activation cérébrale par la nicotine et l'effet d'une mutation sur un récepteur nicotinique).
"I am pleased to inform you that your manuscript (...) has been accepted for publication in Psychopharmacology."
Rhaaaa, qu'est ce que cela fait plaisir quand on reçoit cette petite phrase là :-)
Vous savez, moi je marches au ralentit, ce petit miracle je le dois à l'amitié et à l'énergie de mes anciens collègues et amis de l'Institut Pasteur et du CEA.
MERCI !
J'en suis quitte pour apporter un gâteau et du champagne moi ;-)
"I am pleased to inform you that your manuscript (...) has been accepted for publication in Psychopharmacology."
Rhaaaa, qu'est ce que cela fait plaisir quand on reçoit cette petite phrase là :-)
Vous savez, moi je marches au ralentit, ce petit miracle je le dois à l'amitié et à l'énergie de mes anciens collègues et amis de l'Institut Pasteur et du CEA.
MERCI !
J'en suis quitte pour apporter un gâteau et du champagne moi ;-)
samedi 31 mai 2008
La passion revient
Quand l'amitié touche la passion des chemins infinis de La Recherche. Quand la solidarité se rappelle de nos espoirs et de nos rêves. Quand la compréhension des femmes pense tout doucement les plaies des corps déchirés. Quand les cerveaux s'illuminent dans les gros jouets de notre curiosité...
Cela donne une petite phrase comme celle là...
"Tu viens travailler avec moi, l'année prochaine au CNRS je vais développer un sujet qui t'intéresse... tu pourrais démarrer doucement avec des vacations... ?".
Vous savez quoi ?
Mon cerveau marche encore !
J'ai des amis merveilleux !
La vie est belle !
La Recherche est la plus belle aventure du monde !
;-)
Cela donne une petite phrase comme celle là...
"Tu viens travailler avec moi, l'année prochaine au CNRS je vais développer un sujet qui t'intéresse... tu pourrais démarrer doucement avec des vacations... ?".
Vous savez quoi ?
Mon cerveau marche encore !
J'ai des amis merveilleux !
La vie est belle !
La Recherche est la plus belle aventure du monde !
;-)
mardi 13 mai 2008
Cancer: une vie normale ?
Bientôt la fin de la chimiothérapie ?
Je n’ose pas trop le dire, la prochaine sera “la dernière”, “c’est la fin de la chimiothérapie”, je n’ose pas car une fois le cancer entré dans votre vie, il s’installe dans l’ombre pour toujours.
Alors dire “c’est fini” cela parait être comme une provocation faite à la bête, une pauvre tentative de conjuration du futur.
C’est fini ?
Qui sait...
A présent place à la radiothérapie... et après ?
Et dans c’est fini, à moins de mourir sur le champ il y a “ça commence”. Qu’est ce qui commence ? Qu’est ce qui à changé ?
Une personne m’avait posé cette question sur le Blog il y a quelques mois, j’avais dit que je répondrais, la question a fait son chemin depuis...
Une chose étrange à changé, c’est mon regard sur la mort, la mienne et celle des autres. Avant, je savais que je mourrais un jour et la chose me faisait peur, mais je m’en sortait en repoussant le problème à plus tard, une chose “lointaine”, une question pas d’actualité. Un arrière fond de lâche espérance de “et si un jour on trouvait de quoi y échapper ?”.
Maintenant j’ai compris que la mort n’est pas lointaine mais nous concerne tous. J’ai compris aussi qu’elle est souhaitable et utile. Je ne dirais pas que je n’en n’ai plus peur, ce serait mentir, j’ai conservé mon instinct de survie qui me dit que je veux vivre le plus longtemps possible, mais j’ai apprivoisé l’idée.
J’arrive aussi à envisager que ceux que j’aime puisse poursuivre une vie heureuse sans moi et je gave littéralement mes enfants de câlins, de bisous, d’amour pour que quoi qu’il arrive ils se rappellent toujours que leur mère les a aimé, qu’ils aient cette confiance en eux qui leur permettra de donner et de recevoir de l’amour par d’autres.
Ce sera fini... reprendre une vie normale ?
Je regardes mon buste amputé, mon bras enserré dans un manchon, mon visage défiguré par la chimiothérapie, mon corps gonflé par les corticoïdes, le cancer qui sera tapis dans l’ombre pour moi et peut être ceux qui portent mes gênes, toute cette chaire martyrisée.
Je repense à mon enfance africaine, je pense aux changements climatiques, aux malheurs qui vont s’amplifier, surtout pour les plus pauvres.
Je pense aux injustices, aux enfants sans avenir, à ma vie de consommatrice aisée, aux jouets en plastique, au pétrole qui s’épuise et dont les pays propriétaires sont tyranniques pour un certain nombre, à l’agriculture intensive, aux famines à venir...
Une vie normale ?
MAIS C’EST QUOI UNE VIE NORMALE ?
Je n’ose pas trop le dire, la prochaine sera “la dernière”, “c’est la fin de la chimiothérapie”, je n’ose pas car une fois le cancer entré dans votre vie, il s’installe dans l’ombre pour toujours.
Alors dire “c’est fini” cela parait être comme une provocation faite à la bête, une pauvre tentative de conjuration du futur.
C’est fini ?
Qui sait...
A présent place à la radiothérapie... et après ?
Et dans c’est fini, à moins de mourir sur le champ il y a “ça commence”. Qu’est ce qui commence ? Qu’est ce qui à changé ?
Une personne m’avait posé cette question sur le Blog il y a quelques mois, j’avais dit que je répondrais, la question a fait son chemin depuis...
Une chose étrange à changé, c’est mon regard sur la mort, la mienne et celle des autres. Avant, je savais que je mourrais un jour et la chose me faisait peur, mais je m’en sortait en repoussant le problème à plus tard, une chose “lointaine”, une question pas d’actualité. Un arrière fond de lâche espérance de “et si un jour on trouvait de quoi y échapper ?”.
Maintenant j’ai compris que la mort n’est pas lointaine mais nous concerne tous. J’ai compris aussi qu’elle est souhaitable et utile. Je ne dirais pas que je n’en n’ai plus peur, ce serait mentir, j’ai conservé mon instinct de survie qui me dit que je veux vivre le plus longtemps possible, mais j’ai apprivoisé l’idée.
J’arrive aussi à envisager que ceux que j’aime puisse poursuivre une vie heureuse sans moi et je gave littéralement mes enfants de câlins, de bisous, d’amour pour que quoi qu’il arrive ils se rappellent toujours que leur mère les a aimé, qu’ils aient cette confiance en eux qui leur permettra de donner et de recevoir de l’amour par d’autres.
Ce sera fini... reprendre une vie normale ?
Je regardes mon buste amputé, mon bras enserré dans un manchon, mon visage défiguré par la chimiothérapie, mon corps gonflé par les corticoïdes, le cancer qui sera tapis dans l’ombre pour moi et peut être ceux qui portent mes gênes, toute cette chaire martyrisée.
Je repense à mon enfance africaine, je pense aux changements climatiques, aux malheurs qui vont s’amplifier, surtout pour les plus pauvres.
Je pense aux injustices, aux enfants sans avenir, à ma vie de consommatrice aisée, aux jouets en plastique, au pétrole qui s’épuise et dont les pays propriétaires sont tyranniques pour un certain nombre, à l’agriculture intensive, aux famines à venir...
Une vie normale ?
MAIS C’EST QUOI UNE VIE NORMALE ?
mardi 6 mai 2008
Article soumis !!!
Tagadaaaa !
Mon dernier article est soumis à la revue scientifique "Neuropsychopharmacology".
vous savez quoi, j'ai vraiment des amis et collègues merveilleux, voyant que ma santé était quelque pu défaillante ils ont fini l'écriture de l'article. Je suis émue aux larmes de cette solidarité et de cette gentillesse.
Cela parles de souris normales et d'autres transgéniques (eh oui) elles n'ont pas un type de récepteur nicotiniques, on les a anesthésiées et "activé" leur cerveau par de la nicotine et regardé l'activation cérébrale en IRMf (Imagerie fonctionnelle)...
Nous en tirons des informations importantes sur le fonctionnement cérébral et en particulier des récepteurs impliqués dans "l'éveil cérébral"...
Mon dernier article est soumis à la revue scientifique "Neuropsychopharmacology".
vous savez quoi, j'ai vraiment des amis et collègues merveilleux, voyant que ma santé était quelque pu défaillante ils ont fini l'écriture de l'article. Je suis émue aux larmes de cette solidarité et de cette gentillesse.
Cela parles de souris normales et d'autres transgéniques (eh oui) elles n'ont pas un type de récepteur nicotiniques, on les a anesthésiées et "activé" leur cerveau par de la nicotine et regardé l'activation cérébrale en IRMf (Imagerie fonctionnelle)...
Nous en tirons des informations importantes sur le fonctionnement cérébral et en particulier des récepteurs impliqués dans "l'éveil cérébral"...
lundi 15 janvier 2007
Quelques réflexions sur les vieux...
Chose promise chose due, j'ai rédigé mes réflexions... Attention c'est très long !
Bonne lecture et SVP si cela vous interpelles je serais ravie d'entendre vos remarques mais SVP ne m'agressez pas. Ce ne sont que des réflexions, les coucher sur papier m'a demandé du travail et je ne demandes qu'à approfondir ma réflexion.
Quelques réflexions sur que faire des vieux…
Je ne donnerais pas d’âge précis (ce serait l’indignation générale) mais simplement préciserait que je pense aux vieux « dont il faut faire quelque chose ».
Pourquoi il a t-il des vieux dont il faut s’inquiéter ?
Parcequ’ils sont seuls
Parcequ’ils sont tristes
Parcequ’ils sont malades voir même déments
Parcequ’ils coutent cher
Parce que c’est une question de société.
Attention, ceux qui vont bien, qui n’ont absolument pas envie qu’on s’inquiète d’eux qui gèrent leur vie tous seuls voir qui aident les autres, je n’en parles pas ici, ce n’est pas mon propos, qu’ils ne se sentent pas vexés, c’est plutôt une réflexion sur ceux qui ont besoin d’aide.
Selon l’Institut national d'études démographiques, en 2006, 2 hommes sur 3, et 1 femme sur 5 passé 74 ans, vivent en couple. Seuls 20 % des femmes et 10 % des hommes habitent avec de la famille. Près de la moitié des femmes vivent seules, contre plus de 20 % des hommes
Que font ceux qui ne vivent pas avec de la famille ? Deux solutions, les établissements spécialisés ou bien rester chez soi.
D’ailleurs rester chez soi coûte que coûte semble être le veux de la majorité des vieux, comme il y a très peu d’institutions pour les accueillir, ca tombe bien. Un petit exemple, à partir de 65 ans, moins de 3 % des personnes vivent en maison de retraite ou dans un autre type d'établissements spécialisés. Donc l’immense majorité des vieux sont chez eux.
Alors théoriquement, ce qu’on appelle le « maintien à domicile » n'est possible que si l'environnement social, familial et l'état de santé de la personne le permettent. Mais en pratique ils sont légions les vieux complètement seuls pour qui regarder la télé et faire les courses sont les seules occupations…
Des solutions ont été proposées pour aider au maintient à domicile, notamment on a créé l’aides ménagère (dont le financement est aidé par l'aide sociale ou la caisse de retraite complémentaire) et l'auxiliaire de vie, rétribuée directement. Elles effectuent les tâches quotidiennes et peuvent accompagner les sorties.
En pratique l’aide ménagère vient généralement 1 heure par jour (l’état aide pour 30 heures par mois). Et l’auxilière de vie, c’est très variable d’un cas à l’autre mais cela dépasse très rarement la demi-journée, le plus souvent elle vient pour aider à la toilette le matin.
On peut aussi embaucher une garde à domicile, mais c’est assez cher.
Ces aides ne sont pas sans problèmes, c’est cher, la formation du personnel est parfois insuffisante, comme tous les emplois, c’est quand même un peu compliqué et ces papiers ont tendance à rebuter les vieux qui en plus souvent ont du mal a lire avec leur vue défaillante. Heureusement il y a des associations qui proposent des services « clés en mains » mais là aussi on a de tout. Du meilleur, heureusement avec des gens merveilleux à qui je tiens à rendre hommage, mais aussi du pire. Dès qu’on parle avec les professionnels du secteur, les familles, les vieux, on entends malheureusement que les cas d’abus sur les personnes âgées du genre chantage aux sentiments, intimidation, maltraitance, vols sont réel et quasiment incontrôlables.
Des services peuvent être proposés comme le portage de repas à domicile. C’est une bonne chose mais du coup il peut y avoir des gens qui ne sortent quasiment jamais de chez eux puisqu’il n’y a plus les courses à faire. Et il faut citer aussi la télésurveillance, c’est un petit appareil que la personne doit porter sur elle en permanence et qui envoie une alarme a une entreprise spécialisée si la personne presse sur le bouton. Bien pratique en cas de chute. Cependant j’ai plusieurs exemples dans mon entourage de refus de cet appareil perçu comme un contrôle de « s’ils ne sont pas morts » et au final comme une solution pour qu’ils continuent à être seuls…
Pour les sommes toutes rares personnes qui ne veulent pas rester chez elles et qui ont la chance d’être pourtant complètement valides, il existe aussi des « foyers logements » et la version chic, les « résidences service ». Là le vieux réside dans un appartement particulier, tout en disposant de services collectifs. Comprenez bien, ca coûte cher…
Mais je reprends, si j’essaye de brosser le portrait du vieux dans un environnement classique. C’est une vielle elle est chez elle, elle a quelqu'un qui l’aide une ou deux heures par jour, ou un ou 2 jours par semaine, elle passe tous le reste de son temps devant la télé…
Donc j’en arrive au point suivant, les vieux sont tristes…
Ils sont même très tristes, pour vous donner une idée, l'incidence de la dépression dans la population générale est de 3 à 16 %. Les chiffres sont vagues car très difficiles à obtenir. Elle serait de 15 à 30 % chez la personne âgée et en maison de retraite elle atteint 15 à 45 % des patients soit 3 à 4 fois plus que la moyenne. On est loin de l’éden de fin de vie vendue par les placards publicitaires dans les revues pour vieux.
Et quand il déprime, le vieux se suicide facilement, le risque suicidaire est supérieur à 10%.
Pour une femme de 20 ans le rapport des tentatives de suicide sur les réussites est de 160 tentatives pour un suicide, par contre, avec l’expérience on semble plus performants et à l'âge de 65 ans, le rapport est de trois tentatives pour un suicide féminin. Chez l’homme le suicide est beaucoup plus fréquent encore, 2/3 des suicidés de plus de 65 ans sont des hommes) et le rapport est de 22 tentatives pour un suicide masculin à 20 ans, contre pratiquement une tentative pour un suicide masculin à 65 ans…
Là encore on est mieux chez soit, car le taux de suicide en maison de retraite est beaucoup plus élevé qu'à domicile. Un conseil, si vous connaissez un vieux qui fait une tentative de suicide, considérez cela comme une extrême urgence…
Troisième point que je vais traiter, les vieux sont malades. C’est une affaire bien connue, plus on est vieux plus on a tendance a être malade. Je vais vous épargner le catalogue des maux qui peuvent advenir, disons pour simplifier que deux types de maux posent problème, ceux qui donnent un handicap physique et ceux qui donnent un handicap mental.
Quand le handicap physique arrive, c’est là qu’on réalise à quel point nos logements ne sont pas fait pour des impotents. Comment faire la cuisine le ménage, sa toilette quand on tiens mal sur ses jambes ? Comment téléphoner, lire, écrire, ce qui est si indispensable pour gérer les aides d’ailleurs, quand c’est la vue défaille ?
Mais le pire c’est incontestablement les troubles cognitifs. Comme je suis une spécialiste du sujet je me suis fait violence pour vous épargner la description de ce qui peut arriver, je vous présenterai uniquement et très brièvement la maladie la plus fréquente : la terrible maladie d'Alzheimer.
J’ai pris un petit résumé sur le site de l’association France Alzheimer : « La maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau évoluant vers un état de démence. Elle frappe, d'après les estimations actuelles, 5 % des personnes de plus de 65 ans et 25 % des plus de 80 ans.
La "Démence de Type Alzheimer" représente à elle seule 50 % des démences. De plus, elle apparaît souvent en association avec des atteintes vasculaires cérébrales ce qui fait qu’elle est impliquée au final dans 70 à 75 % des cas de démence.
Elle débute par des pertes de la mémoire récente et des troubles du comportement, puis évolue vers la disparition graduelle de toutes les facultés intellectuelles et physiques conduisant le malade à un état de dépendance totale.
La durée d'évolution de la maladie varie de trois ans à plus de vingt ans; avec une moyenne de huit ans. Elle est actuellement incurable.
A cela j’ajouterai qu’elle a un effet complètement dévastateur dans les famille. Et pour cause, c’est extrêmement dur à gérer, à supporter à vivre. Ses enfant sont les premiers à devoir gérer la personne malade, et souvent j’ai pu constater à quel point ils sont démunis, ils ne connaissent quasiment rien de la maladie et ne comprennent pas les réaction de la personne malade. Ils sont dépassés par son agressivité, son activité nocturne, la fluctuation de son état et déstabilisés par les annonces de découvertes de vaccin ou de traitement révolutionnaire tous les 6 mois par les médias. Les institutions d’accueil des malades sont insuffisantes et font peur par leur manque de moyens et de personnels, par les bruits qui courent de maltraitance physique ou morale, par le coût prohibitif de certaines, sans parler du sentiment de coulpabilité éprouvé par la famille…
La possibilité d’avoir des soins à domicile existe mais la mise en place de ce système est réservé aux personnes qui ne vivent pas seules évidemment, enfin cela devrait être le cas du moins.
Mais il faut bien se rendre compte que plus la maladie évolue et plus la personne va avoir besoin d’une surveillance permanente. Jour et nuit. Il y a des personnes qui prennent seules en charge leur vielle maman malade, c’est surhumain et c’est psychologiquement insupportable. Généralement on culpabilise à l’idée d’une institution, on recule, et malheureusement quand on le fait c’est trop tard, a partir d’un certain stade le malade perd la capacité a créer des nouveau souvenirs et donc ne peux pas s’habituer a un nouvel environnement en plus les délais d'admission sont en général très long et il vaut mieux ne pas agir dans l'urgence pour avoir véritablement le choix.
Le choix d’ailleurs est limité, c’est soit la maison de retraite avec "section de cure médicale" permettent d'effectuer des soins sur place soit les centres et unités de long séjour, souvent intégrés au sein d'un hôpital et qui accueillent les personnes nécessitant des soins médicaux importants et constants. Ils sont financés directement par l'assurance maladie. Mais attention : seuls les frais médicaux sont pris en charge et non les frais d'hébergement. Il existe aussi des résidences médicalisées, relevant du secteur privé, parfois spécialisées dans la prise en charge des personnes âgées souffrant de détérioration intellectuelle.
Bon, je ne veux pas m’enfoncer plus avant dans ce sujet là même si dans la question « que faire de nos vieux » le fait qu’ils soient déments est assez capital.
Il y a la question du coût aussi…
En institution, le coût moyen mensuel restant à la charge des personnes était en 2004 entre 1000 et 1800 euros (très variable selon les régions), et ce pour les établissements habilités à l'aide social, les prix sont paraît il très supérieures en établissements privés.
La retraite moyenne d'une personne âgée de 82 ans est de 1000 euros.
Maintenant dans le « Que faire de nos vieux » ? Il n’y a pas seulement une question financière ou matérielle, il y a avant tout une question et des choix de société…
Personnellement j’ai vécu une expérience très différente ayant grandit au Sénégal, j’ai vécu dans une maison qui regroupait trois générations et mes grands parents ont été partie prenante dans mon éducation. C’était la norme au Sénégal, comme partout en Afrique, je n’avais jamais entendu dire, avant de venir en France que les vieux pouvaient ou devaient vivre sans leurs enfants. La question ne m’avait même pas effleurée. Quel choc a été la découverte des maisons de retraite et des vieux tout seuls chez eux. De la notion de vieux sages j’ai atterris dans celle des vieux acariâtres.
Bien sûr on ne peux pas comparer le modèle Africain au notre, il n’est d’ailleurs pas choisi, il est la conséquence d’une situation économique et démographique, il a aussi ses problèmes comme la grande promiscuité. Néanmoins il est intéressant de voir à quel point il est porteur d’autres valeurs. En vivant en Afrique j’avais le sentiment que vieillir était une bonne chose, les vieux, même déments étaient une évolution souhaitable.
A coté de cela je vois ici une notion désagréable de la vieillesse. Peut être que certains d’entre vous ont ressentis un petit pincement quand ils ont lu que je parlais des « vieux ». C’est vrai cela ne se dit pas, on dit les « personnes âgées »… Pourquoi ?
J’ai l’impression qu’il est politiquement incorrecte de vieillir et d’en avoir l’apparence. Dire à quelqu'un qu’il est vieux est quasiment une insulte. Il faut rester jeune à tout prix, jeune en apparence, jeune en pensée il faut avoir les goûts et les loisirs des jeunes… Finalement est ce qu’on aime vraiment les vieux ?
Trouver une place aux vieux est un problème complexe. Du fait de nécessités économiques, les gens sont amenés à chercher du travail loin, dans ce contexte, une famille nucléaire s’exporte plus facilement qu’un troupeau familial. Et puis les logements sont chers et petits, pas du tout adaptés à la mémé qui se déplace avec son déambulateur. Le taux de natalité est bas dans les sociétés industrialisées ce qui fait peser la charge de travail inhérente à la prise en charge d’une personne handicapée sur un petit groupe, voir sur des personnes seules. Les gens travaillent longtemps et les revenus sont bas, comment payer une aide à domicile à plein temps quand il faut aussi s’endetter pour le logement et assumer les enfants ? La solidarité intergénérations s’appuie aussi plus facilement sur des familles soudées, à l’heure ou les taux de séparation des couples explosent ce n’est pas évident.
Sur tout cela il est extrêmement difficile d’agir, mais est ce que la société souhaite agir ? Est ce que la situation conviens à la majorité des gens ou non ?
Je ne sais pas quelle est la réponse à cette question là, en terme de majorité s’entends, il est évident que comme chacun j’ai mon opinion individuelle.
J’ai fait un petit test sur cette question, j’ai essayé d’aborder la question de « garderiez vous vos parents ou vos grands parents chez vous ?» avec des copines de mon âge et sur un forum sur internet. Les réponses m’ont surprise.
Majoritairement les personnes considèrent impensable de prendre leurs parents avec elles pourquoi ? Les raisons invoquées sont les appartements sont trop petits, les vies professionnelles trop remplies, et si on précise la question en ajoutant « le feriez vous si vous en aviez les moyens matériels ? » les réponse, là plus souvent anonymes, font état de caractères inaccordable, belle mères insupportables et aussi du fait qu’il faut absolument préserver en huis clos la vie de couple… Chose surprenante je dois avouer car personnellement ma vie de couple est bien meilleure quand un grand parent vient garder les enfants pour nous permettre de sortir… Beaucoup disent aussi que ce sont les personnes agées qui ne le veulent pas.
Au fond de cela il y a peut être une vision individualiste de la société et une certaine idée que les vieux n’ont plus de rôle à jouer dans leur famille. Même au niveau de l’expérience, avec l’évolution rapide des techniques les vieux se sentent d’ailleurs dépassés sur bien des points. Ils pourraient prendre en charge l’éducation des petits mais là aussi certains grand parents se considèrent en vacances de leur rôle éducatif par rapport aux plus jeunes. Beaucoup disent que « les grands parents sont là pour "profiter" des petits enfants et non pour les éduquer ». Je l’ai entendue souvent cette phrase. D’ailleurs cette idées que l’éducation est strictement réservée aux parents et aux professionnels est assez répandue. Essayez donc de faire une remarque à un bambin qui fait un caprice dans un supermarché…
La société semble avoir cessé de penser que le rôle éducatif appartenait à chaque adulte.
De même l’aide sur les tâches familiales n’est plus une évidence. La relation d'aide est de plus en plus limitée à un apport financier...
Mais paradoxalement j’ai aussi parlé avec certaines personnes âgées seules et qui souffraient cruellement de cette solitude et beaucoup ne remettaient absolument pas en cause ce modèle !
Cela dit, parallèlement j’observe aussi la situation inverse, les grands parents qui font la garderie de leurs petits enfants semblent quand même assez fréquents.
Finalement quelle société voulons nous ? On peut difficilement dire qu’il faut simplement laisser le choix aux gens, les circonstances économiques et sociales font que généralement le moment venu de prendre une décision il ne s’agit plus d’un choix de vie mais de faire le moins pire possible.
Les choix doivent se faire en amont par la société en fonction de ce qu’elle peut faire mais aussi de ce qu’elle veut et des valeurs qu’elle aura développé.
Moi je propose que chaque citoyen se questionne sur la place qu’il aimerait avoir en vieillissant et sur ce que la société devrait faire en amont pour cela…
Pourquoi j’ai écrit ces réflexions ? Je m’interroge sur mon propre avenir… Je n’aime pas le système de regroupements par âge qui se fait actuellement… des crèches, des maisons de l’adolescent, des maisons de retraites, pourquoi les gens doivent ils être avec des personnes de leur âge ? J’ai fait le rêve de monter une institution mixte, enfants, personnes âgées, personnes handicapées. Une utopie, cela me paraît infaisable… Regrouper les problèmes ne me semble pas mieux au final que de regrouper les gens par catégories d’âge, j’imagine la catastrophe… au fond ce que j’aimerai ce serait plutôt que la société intègre tous ces individus... Alors comment faire ?
Je fais appel à vous, lecteurs anonymes, aidez moi à progresser dans ma réflexion et dans ma démarche SVP.
Bonne lecture et SVP si cela vous interpelles je serais ravie d'entendre vos remarques mais SVP ne m'agressez pas. Ce ne sont que des réflexions, les coucher sur papier m'a demandé du travail et je ne demandes qu'à approfondir ma réflexion.
Quelques réflexions sur que faire des vieux…
Je ne donnerais pas d’âge précis (ce serait l’indignation générale) mais simplement préciserait que je pense aux vieux « dont il faut faire quelque chose ».
Pourquoi il a t-il des vieux dont il faut s’inquiéter ?
Parcequ’ils sont seuls
Parcequ’ils sont tristes
Parcequ’ils sont malades voir même déments
Parcequ’ils coutent cher
Parce que c’est une question de société.
Attention, ceux qui vont bien, qui n’ont absolument pas envie qu’on s’inquiète d’eux qui gèrent leur vie tous seuls voir qui aident les autres, je n’en parles pas ici, ce n’est pas mon propos, qu’ils ne se sentent pas vexés, c’est plutôt une réflexion sur ceux qui ont besoin d’aide.
Selon l’Institut national d'études démographiques, en 2006, 2 hommes sur 3, et 1 femme sur 5 passé 74 ans, vivent en couple. Seuls 20 % des femmes et 10 % des hommes habitent avec de la famille. Près de la moitié des femmes vivent seules, contre plus de 20 % des hommes
Que font ceux qui ne vivent pas avec de la famille ? Deux solutions, les établissements spécialisés ou bien rester chez soi.
D’ailleurs rester chez soi coûte que coûte semble être le veux de la majorité des vieux, comme il y a très peu d’institutions pour les accueillir, ca tombe bien. Un petit exemple, à partir de 65 ans, moins de 3 % des personnes vivent en maison de retraite ou dans un autre type d'établissements spécialisés. Donc l’immense majorité des vieux sont chez eux.
Alors théoriquement, ce qu’on appelle le « maintien à domicile » n'est possible que si l'environnement social, familial et l'état de santé de la personne le permettent. Mais en pratique ils sont légions les vieux complètement seuls pour qui regarder la télé et faire les courses sont les seules occupations…
Des solutions ont été proposées pour aider au maintient à domicile, notamment on a créé l’aides ménagère (dont le financement est aidé par l'aide sociale ou la caisse de retraite complémentaire) et l'auxiliaire de vie, rétribuée directement. Elles effectuent les tâches quotidiennes et peuvent accompagner les sorties.
En pratique l’aide ménagère vient généralement 1 heure par jour (l’état aide pour 30 heures par mois). Et l’auxilière de vie, c’est très variable d’un cas à l’autre mais cela dépasse très rarement la demi-journée, le plus souvent elle vient pour aider à la toilette le matin.
On peut aussi embaucher une garde à domicile, mais c’est assez cher.
Ces aides ne sont pas sans problèmes, c’est cher, la formation du personnel est parfois insuffisante, comme tous les emplois, c’est quand même un peu compliqué et ces papiers ont tendance à rebuter les vieux qui en plus souvent ont du mal a lire avec leur vue défaillante. Heureusement il y a des associations qui proposent des services « clés en mains » mais là aussi on a de tout. Du meilleur, heureusement avec des gens merveilleux à qui je tiens à rendre hommage, mais aussi du pire. Dès qu’on parle avec les professionnels du secteur, les familles, les vieux, on entends malheureusement que les cas d’abus sur les personnes âgées du genre chantage aux sentiments, intimidation, maltraitance, vols sont réel et quasiment incontrôlables.
Des services peuvent être proposés comme le portage de repas à domicile. C’est une bonne chose mais du coup il peut y avoir des gens qui ne sortent quasiment jamais de chez eux puisqu’il n’y a plus les courses à faire. Et il faut citer aussi la télésurveillance, c’est un petit appareil que la personne doit porter sur elle en permanence et qui envoie une alarme a une entreprise spécialisée si la personne presse sur le bouton. Bien pratique en cas de chute. Cependant j’ai plusieurs exemples dans mon entourage de refus de cet appareil perçu comme un contrôle de « s’ils ne sont pas morts » et au final comme une solution pour qu’ils continuent à être seuls…
Pour les sommes toutes rares personnes qui ne veulent pas rester chez elles et qui ont la chance d’être pourtant complètement valides, il existe aussi des « foyers logements » et la version chic, les « résidences service ». Là le vieux réside dans un appartement particulier, tout en disposant de services collectifs. Comprenez bien, ca coûte cher…
Mais je reprends, si j’essaye de brosser le portrait du vieux dans un environnement classique. C’est une vielle elle est chez elle, elle a quelqu'un qui l’aide une ou deux heures par jour, ou un ou 2 jours par semaine, elle passe tous le reste de son temps devant la télé…
Donc j’en arrive au point suivant, les vieux sont tristes…
Ils sont même très tristes, pour vous donner une idée, l'incidence de la dépression dans la population générale est de 3 à 16 %. Les chiffres sont vagues car très difficiles à obtenir. Elle serait de 15 à 30 % chez la personne âgée et en maison de retraite elle atteint 15 à 45 % des patients soit 3 à 4 fois plus que la moyenne. On est loin de l’éden de fin de vie vendue par les placards publicitaires dans les revues pour vieux.
Et quand il déprime, le vieux se suicide facilement, le risque suicidaire est supérieur à 10%.
Pour une femme de 20 ans le rapport des tentatives de suicide sur les réussites est de 160 tentatives pour un suicide, par contre, avec l’expérience on semble plus performants et à l'âge de 65 ans, le rapport est de trois tentatives pour un suicide féminin. Chez l’homme le suicide est beaucoup plus fréquent encore, 2/3 des suicidés de plus de 65 ans sont des hommes) et le rapport est de 22 tentatives pour un suicide masculin à 20 ans, contre pratiquement une tentative pour un suicide masculin à 65 ans…
Là encore on est mieux chez soit, car le taux de suicide en maison de retraite est beaucoup plus élevé qu'à domicile. Un conseil, si vous connaissez un vieux qui fait une tentative de suicide, considérez cela comme une extrême urgence…
Troisième point que je vais traiter, les vieux sont malades. C’est une affaire bien connue, plus on est vieux plus on a tendance a être malade. Je vais vous épargner le catalogue des maux qui peuvent advenir, disons pour simplifier que deux types de maux posent problème, ceux qui donnent un handicap physique et ceux qui donnent un handicap mental.
Quand le handicap physique arrive, c’est là qu’on réalise à quel point nos logements ne sont pas fait pour des impotents. Comment faire la cuisine le ménage, sa toilette quand on tiens mal sur ses jambes ? Comment téléphoner, lire, écrire, ce qui est si indispensable pour gérer les aides d’ailleurs, quand c’est la vue défaille ?
Mais le pire c’est incontestablement les troubles cognitifs. Comme je suis une spécialiste du sujet je me suis fait violence pour vous épargner la description de ce qui peut arriver, je vous présenterai uniquement et très brièvement la maladie la plus fréquente : la terrible maladie d'Alzheimer.
J’ai pris un petit résumé sur le site de l’association France Alzheimer : « La maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau évoluant vers un état de démence. Elle frappe, d'après les estimations actuelles, 5 % des personnes de plus de 65 ans et 25 % des plus de 80 ans.
La "Démence de Type Alzheimer" représente à elle seule 50 % des démences. De plus, elle apparaît souvent en association avec des atteintes vasculaires cérébrales ce qui fait qu’elle est impliquée au final dans 70 à 75 % des cas de démence.
Elle débute par des pertes de la mémoire récente et des troubles du comportement, puis évolue vers la disparition graduelle de toutes les facultés intellectuelles et physiques conduisant le malade à un état de dépendance totale.
La durée d'évolution de la maladie varie de trois ans à plus de vingt ans; avec une moyenne de huit ans. Elle est actuellement incurable.
A cela j’ajouterai qu’elle a un effet complètement dévastateur dans les famille. Et pour cause, c’est extrêmement dur à gérer, à supporter à vivre. Ses enfant sont les premiers à devoir gérer la personne malade, et souvent j’ai pu constater à quel point ils sont démunis, ils ne connaissent quasiment rien de la maladie et ne comprennent pas les réaction de la personne malade. Ils sont dépassés par son agressivité, son activité nocturne, la fluctuation de son état et déstabilisés par les annonces de découvertes de vaccin ou de traitement révolutionnaire tous les 6 mois par les médias. Les institutions d’accueil des malades sont insuffisantes et font peur par leur manque de moyens et de personnels, par les bruits qui courent de maltraitance physique ou morale, par le coût prohibitif de certaines, sans parler du sentiment de coulpabilité éprouvé par la famille…
La possibilité d’avoir des soins à domicile existe mais la mise en place de ce système est réservé aux personnes qui ne vivent pas seules évidemment, enfin cela devrait être le cas du moins.
Mais il faut bien se rendre compte que plus la maladie évolue et plus la personne va avoir besoin d’une surveillance permanente. Jour et nuit. Il y a des personnes qui prennent seules en charge leur vielle maman malade, c’est surhumain et c’est psychologiquement insupportable. Généralement on culpabilise à l’idée d’une institution, on recule, et malheureusement quand on le fait c’est trop tard, a partir d’un certain stade le malade perd la capacité a créer des nouveau souvenirs et donc ne peux pas s’habituer a un nouvel environnement en plus les délais d'admission sont en général très long et il vaut mieux ne pas agir dans l'urgence pour avoir véritablement le choix.
Le choix d’ailleurs est limité, c’est soit la maison de retraite avec "section de cure médicale" permettent d'effectuer des soins sur place soit les centres et unités de long séjour, souvent intégrés au sein d'un hôpital et qui accueillent les personnes nécessitant des soins médicaux importants et constants. Ils sont financés directement par l'assurance maladie. Mais attention : seuls les frais médicaux sont pris en charge et non les frais d'hébergement. Il existe aussi des résidences médicalisées, relevant du secteur privé, parfois spécialisées dans la prise en charge des personnes âgées souffrant de détérioration intellectuelle.
Bon, je ne veux pas m’enfoncer plus avant dans ce sujet là même si dans la question « que faire de nos vieux » le fait qu’ils soient déments est assez capital.
Il y a la question du coût aussi…
En institution, le coût moyen mensuel restant à la charge des personnes était en 2004 entre 1000 et 1800 euros (très variable selon les régions), et ce pour les établissements habilités à l'aide social, les prix sont paraît il très supérieures en établissements privés.
La retraite moyenne d'une personne âgée de 82 ans est de 1000 euros.
Maintenant dans le « Que faire de nos vieux » ? Il n’y a pas seulement une question financière ou matérielle, il y a avant tout une question et des choix de société…
Personnellement j’ai vécu une expérience très différente ayant grandit au Sénégal, j’ai vécu dans une maison qui regroupait trois générations et mes grands parents ont été partie prenante dans mon éducation. C’était la norme au Sénégal, comme partout en Afrique, je n’avais jamais entendu dire, avant de venir en France que les vieux pouvaient ou devaient vivre sans leurs enfants. La question ne m’avait même pas effleurée. Quel choc a été la découverte des maisons de retraite et des vieux tout seuls chez eux. De la notion de vieux sages j’ai atterris dans celle des vieux acariâtres.
Bien sûr on ne peux pas comparer le modèle Africain au notre, il n’est d’ailleurs pas choisi, il est la conséquence d’une situation économique et démographique, il a aussi ses problèmes comme la grande promiscuité. Néanmoins il est intéressant de voir à quel point il est porteur d’autres valeurs. En vivant en Afrique j’avais le sentiment que vieillir était une bonne chose, les vieux, même déments étaient une évolution souhaitable.
A coté de cela je vois ici une notion désagréable de la vieillesse. Peut être que certains d’entre vous ont ressentis un petit pincement quand ils ont lu que je parlais des « vieux ». C’est vrai cela ne se dit pas, on dit les « personnes âgées »… Pourquoi ?
J’ai l’impression qu’il est politiquement incorrecte de vieillir et d’en avoir l’apparence. Dire à quelqu'un qu’il est vieux est quasiment une insulte. Il faut rester jeune à tout prix, jeune en apparence, jeune en pensée il faut avoir les goûts et les loisirs des jeunes… Finalement est ce qu’on aime vraiment les vieux ?
Trouver une place aux vieux est un problème complexe. Du fait de nécessités économiques, les gens sont amenés à chercher du travail loin, dans ce contexte, une famille nucléaire s’exporte plus facilement qu’un troupeau familial. Et puis les logements sont chers et petits, pas du tout adaptés à la mémé qui se déplace avec son déambulateur. Le taux de natalité est bas dans les sociétés industrialisées ce qui fait peser la charge de travail inhérente à la prise en charge d’une personne handicapée sur un petit groupe, voir sur des personnes seules. Les gens travaillent longtemps et les revenus sont bas, comment payer une aide à domicile à plein temps quand il faut aussi s’endetter pour le logement et assumer les enfants ? La solidarité intergénérations s’appuie aussi plus facilement sur des familles soudées, à l’heure ou les taux de séparation des couples explosent ce n’est pas évident.
Sur tout cela il est extrêmement difficile d’agir, mais est ce que la société souhaite agir ? Est ce que la situation conviens à la majorité des gens ou non ?
Je ne sais pas quelle est la réponse à cette question là, en terme de majorité s’entends, il est évident que comme chacun j’ai mon opinion individuelle.
J’ai fait un petit test sur cette question, j’ai essayé d’aborder la question de « garderiez vous vos parents ou vos grands parents chez vous ?» avec des copines de mon âge et sur un forum sur internet. Les réponses m’ont surprise.
Majoritairement les personnes considèrent impensable de prendre leurs parents avec elles pourquoi ? Les raisons invoquées sont les appartements sont trop petits, les vies professionnelles trop remplies, et si on précise la question en ajoutant « le feriez vous si vous en aviez les moyens matériels ? » les réponse, là plus souvent anonymes, font état de caractères inaccordable, belle mères insupportables et aussi du fait qu’il faut absolument préserver en huis clos la vie de couple… Chose surprenante je dois avouer car personnellement ma vie de couple est bien meilleure quand un grand parent vient garder les enfants pour nous permettre de sortir… Beaucoup disent aussi que ce sont les personnes agées qui ne le veulent pas.
Au fond de cela il y a peut être une vision individualiste de la société et une certaine idée que les vieux n’ont plus de rôle à jouer dans leur famille. Même au niveau de l’expérience, avec l’évolution rapide des techniques les vieux se sentent d’ailleurs dépassés sur bien des points. Ils pourraient prendre en charge l’éducation des petits mais là aussi certains grand parents se considèrent en vacances de leur rôle éducatif par rapport aux plus jeunes. Beaucoup disent que « les grands parents sont là pour "profiter" des petits enfants et non pour les éduquer ». Je l’ai entendue souvent cette phrase. D’ailleurs cette idées que l’éducation est strictement réservée aux parents et aux professionnels est assez répandue. Essayez donc de faire une remarque à un bambin qui fait un caprice dans un supermarché…
La société semble avoir cessé de penser que le rôle éducatif appartenait à chaque adulte.
De même l’aide sur les tâches familiales n’est plus une évidence. La relation d'aide est de plus en plus limitée à un apport financier...
Mais paradoxalement j’ai aussi parlé avec certaines personnes âgées seules et qui souffraient cruellement de cette solitude et beaucoup ne remettaient absolument pas en cause ce modèle !
Cela dit, parallèlement j’observe aussi la situation inverse, les grands parents qui font la garderie de leurs petits enfants semblent quand même assez fréquents.
Finalement quelle société voulons nous ? On peut difficilement dire qu’il faut simplement laisser le choix aux gens, les circonstances économiques et sociales font que généralement le moment venu de prendre une décision il ne s’agit plus d’un choix de vie mais de faire le moins pire possible.
Les choix doivent se faire en amont par la société en fonction de ce qu’elle peut faire mais aussi de ce qu’elle veut et des valeurs qu’elle aura développé.
Moi je propose que chaque citoyen se questionne sur la place qu’il aimerait avoir en vieillissant et sur ce que la société devrait faire en amont pour cela…
Pourquoi j’ai écrit ces réflexions ? Je m’interroge sur mon propre avenir… Je n’aime pas le système de regroupements par âge qui se fait actuellement… des crèches, des maisons de l’adolescent, des maisons de retraites, pourquoi les gens doivent ils être avec des personnes de leur âge ? J’ai fait le rêve de monter une institution mixte, enfants, personnes âgées, personnes handicapées. Une utopie, cela me paraît infaisable… Regrouper les problèmes ne me semble pas mieux au final que de regrouper les gens par catégories d’âge, j’imagine la catastrophe… au fond ce que j’aimerai ce serait plutôt que la société intègre tous ces individus... Alors comment faire ?
Je fais appel à vous, lecteurs anonymes, aidez moi à progresser dans ma réflexion et dans ma démarche SVP.
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