Il parait, que nous ne sommes que 2 à 3 % de la population française à vivre sans télévision. Ces chiffres datent de 2009, je n'ai pas réussi à avoir des statistiques plus récentes et plus précises.
Récemment, je suis tombée sur un article intéressant d'un chercheur Français, un sociologue, Mr. Bertrand Bergier. Il a fait une enquête sur 566 familles qui n'ont pas la télévision. Cela m'a interpellé bien sûr parce que c'est notre cas.
Il a écrit un bouquin dessus apparemment, mais bon, en substance qu'a t-il trouvé ?
Si les gens n'ont pas la télé ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres, c'est par choix idéologique. Ce choix est majoritairement le fait de personnes diplômées du supérieur et pour 20 % d'enseignants…
Les motifs ? Variés, ça va de l'homme qui accepte de se débarrasser de la télé parce qu'elle est vectrice de disputes avec sa femme aux gens qui pensent que ça abruti surtout les enfants…
Dans l'étude, les enfants de ces foyers se sentent "décalés" par rapport à leurs camarades de classe jusqu'à 12 ans et après ils en sont fiers.
Lire un article sur ce chercheur ici: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/11/29/01016-20101129ARTFIG00718-qui-sont-donc-ces-francais-sans-television.php
Bon, et nous alors, je sais que vous nous avez déjà largement classés dans les "granos" alors que je n'avais encore jamais fait d'article sur cette particularités de notre foyer, c'est fichu là je crois ;-)
Pourquoi n'avons nous pas de télé ? Pourquoi aussi est ce que j'en parle si peu ?Je vais répondre d'abord à la deuxième question, j'en parle généralement peu parce que nous avons rencontré des réactions diverses et variées de personnes découvrant ce choix de vie, qui allaient de l'approbation à la moquerie à l'agressivité en passant par le mépris et par l'inquiétude pour nos enfants. C'est surtout par rapport aux enfants qu'on nous agresse…
De l'institutrice qui nous a regardé comme si nous sortions d'une secte parce que nous avons bien été obligés de dire que notre fille ne pouvait pas faire l'exercice scolaire de découper dans le journal télé les titres de ses séries favorites (l'instit en question a ensuite révisé son jugement sur nous et nous a dit en substance que nos enfants étaient bien élevés et instruits) jusqu'à certains proches qui se moquent de notre vie "moyenâgeuse" (eh oui, je sais que vous me lisez ce sera l'occasion d'une meilleure compréhension mutuelle :-)).
Je crois que dans l'imagerie populaire de la question, on voit les gens qui font ce choix comme des sortes d'extrémistes obnubilés par une certaine vision de la réussite et désocialisés. Ou bien les gens ont peur que notre choix condamne le leur en quelques sortes et se sentent jugés.
Paradoxalement, nous sommes au contraire très sociables, nous ne sommes pas obnubilés par la réussite scolaire de nos enfants d'autant que nous ne pouvons que constater à quel point, malheureusement, l'école n'est plus vectrice d'ascension sociale. Et, pour avoir connu nous même et la précocité scolaire et certaines grandes écoles nous avons un regard critique sur cette notion de réussite et nous nous soucions beaucoup plus d'aider nos enfants à trouver la voie de la confiance en eux, à ne surtout pas être détachés de la société, à être heureux avec les autres. Bien sûr nous voulons comme tous les autres qu'ils soient bien instruits mais nous ne relions pas ça au fait de ne pas avoir du tout de télé (pour ça limiter le temps passé devant aurait suffit).
Pourquoi j'en parle aujourd'hui ? Je vous fais plus confiance, il s'est instauré ici, sur cet espace, des dialogues respectueux et aussi je suis plus sûre de moi et de mes choix, mes enfants ainés sont à présent assez grands pour que mon inquiétude de Maman de "mal faire" se soit apaisée.
Et aussi, nous nous sommes rendu compte, que ce qui était une grande singularité de notre part il y a quelques années (cela fait plus de 10 ans que nous sommes en couple, sans télé) s'est répandu comme une trainée de poudre dans notre entourage. Le nombre d'amis autour de nous qui n'ont pas du tout la télévision ou bien qui l'ont mais la regardent extrêmement peu s'accroit rapidement, surtout parmi nos collègues et amis chercheurs… C'est chouette, on n'est plus des bêtes curieuses :-)
Alors je vais essayer de réponde au "pourquoi" ?Franchement, ça à commencé tout simplement par habitude. Nous avons tous les 2 grandi en Afrique, sans télévision. Pour ma part, mes parents ont acheté une télévision quand j'étais adolescente. Le programme commençait à 18 heures. Il y avait l'énoncé fastidieux de la journée du Président Sénégalais, les informations en Français, les informations en Wolof, quelques chansons traditionnelles de chanteurs peu talentueux mais qui avaient sûrement un frère ou un cousin à la télé et basta. Le soir, avec ma famille nous faisions des jeux de société, les fins de semaine nous étions en brousse, sans électricité et sans eau du robinet, ma vie extra-scolaire c'était de courir pieds nus dans la brousse et d'observer les animaux sauvages. Non, ce n'est pas un conte, je vous dis juste la vérité.
Puis la télévision a commencé à diffuser un puis 2 films le soir… Fin de la vie de famille. Fin des jeux de société, le moment familial du samedi soir c'était de s'assoir tous ensemble devant un film idiot, en silence. Vous vous en souvenez, Papa, Maman ? J'ai rapidement préféré aller étudier dans ma chambre, finalement je dois peut être à ce manque d'intérêt au petit écran ma réussite scolaire…
Pour le Chum, c'est pareil, il n'a pas été habitué à la télé petit et quand elle est arrivée, ça ne l'a pas intéressé. Lui n'a jamais dévié de ça, ça ne l'a pas intéressé, point. Moi j'ai commencé à être hypnotisée par la télé pendant mes premières années de fac. Elle meublait ma solitude presque compulsivement. Mais un jour le poste est tombé en panne et j'ai refusé de le faire réparer et d'en racheter un autre. Je l'ai mis aux encombrants et je n'ai plus jamais eu de télévision chez moi depuis. Si je me sentais seule, je fonçais chez mes copines refaire le monde en paroles, danser, chanter et rire, une vraie vie d'étudiante.
C'est après, alors que l'habitude était déjà prise que nous avons pris la décision - réfléchie - de continuer à ne pas avoir de télévision. Après la naissance de nos filles. Nous avions eu l'occasion de voir la télévision en, France, en Angleterre, au Sénégal, en Syrie, au Canada, aux EU, en Espagne et… partout, nous avions trouvé ça, comment dire… Chiant ! Les information ultra-manipulée, ultra-tendancieuses, les reportages intéressants (qui nous adorons) plutôt rares et à des horaires idiots, les séries américaines réellement "abrutissantes " et porteuses de valeurs que nous n'aimons pas.
A cela s'ajoute toutes les informations reçues par ma profession, sur la corrélation entre les difficultés scolaires et le temps passé par les jeunes enfants devant le poste, les questions que se posent les psychologues et les sociologues sur l'influence qu'exercent les valeurs véhiculées par la télévision sur les jeunes générations. Sans oublier le désir, en tant que parents de choisir notre vie de famille et notamment de choisir de passer du temps avec nos enfants, le plaisir de leur faire découvrir mille choses pendants notre temps libre, l'envie -réalisée- de les emmener découvrir le monde avec leurs propres yeux et tous leurs sens.
Nous avons un équilibre heureux avec ce mode d'organisation familial, c'est peut être la plus banale des réponses en fait mais la plus pertinente. Nous faisons comme cela parce que cela nous plait.
De plus, nos enfants n'ont finalement jamais été stigmatisés pour ça et semblent plutôt heureux et bien intégrés dans leur nouvelle école. Le soir, nos filles dévorent des livres (en ce moment elle se sont attaquées à l'étalon noir, mes vieilles bibliothèques vertes et à Jules Verne).
Au fond, tous ce qui aurait pu m'intéresser dans la télévision, je le retrouve avec internet et avec d'autre mode d'organisation. Nous adorons voir des films et des documentaires… Qu'à cela ne tienne, nous en achetons (souvent au moment des soldes) nous les louons à une boîte à laquelle nous sommes abonnés qui nous les envoie par la poste 2 par 2 et qui a une grande cinémathèque consultable sur internet, nous échangeons nos DVD avec nos amis, parfois simplement en nous les envoyant par la poste. En ce moment, par exemple, nos voisins anglais qui n'ont pas la télé non plus nous font découvrir plein d'oeuvres anglophones super intéressantes, ma grande soeur chérie nous envoie des DVD en Espagnol pour m'aider dans mes penchants sadiques d'obliger mes enfants à comprendre leur langue maternelle… Tout plein de façons de se coller finalement devant un écran… Mais en gardant cette douce sensation d'avoir le choix ;-)
Et vous, les copains-copines du net, tous accros à l'ordinateur, vous en pensez quoi de la télé ?
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Edit du 29 sept 2011 sur les aspects Scientifiques, suite à la parution du livre du Scientifique (Dr en Neurosciences) Michel Desmurget... Il a compilé les études scientifiques et en résumé publié une plaidoirie contre la télé, le livre s'appelle "TVLobotomie"...
La télé... (
cf l'excellent article sur Agoravox que vous pouvez voir ici), je cites :
"a. Augmente la consommation de tabac et d’alcool, et la font débuter plus tôt
b. Pousse au sexe de plus en plus jeune et génère des avortements juvéniles
c. Fait baisser le niveau universitaire
d. Accélère le déclin cognitif des séniors et favorise l'Alzheimer
e. Constitue une drogue, chez les enfants et les adultes, notamment en accaparent l’attention par le changement perpétuel
f. Fait apparaître des troubles du langage chez l’enfant
g. Contribue à l’isolement social
h. Pousse à la simplification et au manichéisme
i. Fait baisser le niveau scolaire général
j. Fait baisser le niveau de compétence langagière
k. Fait baisser le temps de lecture
l. Augmente le risque de décès
m. Diminue la pratique sportive
n. Augmente l’obésité par la consommation d’aliments gras et sucrés
o. Nous fait consommer des produits dont nous n’avons pas forcément besoin
p. Pousse à la violence
q. Favorise l’anorexie, la boulimie, la dépression et la mésestime de soi
r. Augmente le sentiment d’insécurité"
... Arg...