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dimanche 24 septembre 2023

Sept ans de silence...

 Cela fait environ 7 ans que j'ai disparue du web. Sept ans de silence...

Je "sortais" du cancer et j'éprouvais un "syndrome du survivant".
Et aussi un appétit de vivre ma vie comme si chaque jour était le dernier...


Je vous avais dit que je voulais tourner la page du cancer et aussi que je travaillais sur un projet de recherche et j'allais être recrutée dans un endroit ou on est invités au silence...


Alors, en vrac, je n'y suis pas allée finalement je leur ai dit non, mais j'ai poursuivi mon projet.

Des années à travailler le soir, après le coucher des enfants, d'abord seule puis avec le Chum puis une troisième chercheuse... Acharnée.

Des découragements, le Chum était là pour me dire qu'il y croyait. Des pannes d'idées, des blocages, des difficultés financières, des solutions...
Nous avions besoin d'argent, alors nous avons ... vendu notre maison ! 

Et on commencé les périodes de vache maigre. Plus de voyages - aller c'est plus écolo et des budgets serrés.

Et on a continué encore, un acharnement souvent incompréhensible pour bien des gens.  Même pour moi parfois. Mais j'y croyais, on allait réussir et ça sauverait des vies. Ça aiderait des centaines de millions de personnes dans le monde...

Alors c'est ça qu'on a fait, que j'ai fait, les jours, les soirées, des nuits, des week-end, les vacances...

Et puis un jour une présentation clé, une ovation de chercheurs, un concours gagné ...
Et me voilà dans le parcours de "l'Innovation scientifique", un parcours semé d'embuches et d’aberrations, des voies de garage, des violences, de la bêtise, la haine parfois, aveugle et incompréhensible mais l'amitié aussi et les mains qui se tendent parfois. Il faut revenir dans le monde et se battre je ne suis plus cachée je suis dans la bataille et c'est dur mais je suis tellement vivante, le cancer m'a donné une force que personne n'aurait soupçonné.

Me voilà à devoir créer une startup affiliée à deux très grands organismes de recherche, moi la petite maman qui bossais le soir après avoir couché les enfants, sans aucune étiquette, sans salaire et sans financement.. Mais libre, d'une liberté qui crée et qui dérange, parfois, souvent...

Un incubateur haute technologie, petit cocon dans un monde étrange où les femmes sont des ovnis invitées à ne faire que du cosmétique ou du social, se taire et disparaitre. Je découvre un monde encore plus brutal, injuste, violent où il faut se battre mais ou en tant que femme je suis invitée à être la personne gentille et soumise. Si je râle je deviens "l'hystérique" et on m'ostracise. Si je souris je suis "l'idiote", si je ne fais rien on prends ma place. Je découvre qu'aucune réaction n'est permise aux femmes. Que l'argent ne va qu'aux hommes, les femmes ont 5 fois moins de chances d'avoir des financements et ceux ci sont beaucoup moins importants..

Un petit concours et un peu de sous... Nous lançons une première étude de validité. Les résultats sont impressionnants, très très au delà de tout ce dont nous avions rêvé. Un coup de chance, on trouve un lien, quelque chose que personne n'avait jamais vu avant. Alors avec les 2 grands organismes de recherches on va déposer un brevet d'innovation scientifique.

Petit à petit je deviens quelqu’un d'autre, plus stressés, sous tension, plus colérique je doit montrer les dents, souvent. Je comprends en quelques années pourquoi les femmes qui réussissent semblent toutes sorties du même moule de violence et de hargne. Je comprends aussi comment on nous fait taire et comment cela se perpétue.

C'est un travail acharné et beaucoup de gens commencent à y croire aussi. Je ne sais plus qui je suis je dois diriger, rager, hurler avec les loups, me battre pour que mon projet avance.

Mais je gagne encore une fois et cette fois ci le plus grand concours à l'innovation scientifique du pays. J'ai moi même énormément de mal à y croire, cela me semble relever du miracle et je suis le coup de cœur du plus gros groupe d'accélération de l'innovation avec des sous à la clé pour pouvoir poursuivre les recherches. Je passe à la télé régionale, moi qui n'ai jamais eu de télé...

Je recrute, je deviens la patronne... Mais ça ne marche pas, ça ne suffit pas, on a eu des prêts il faut qu'on gagne de l'argent qu'on aille "sur le marché" et on n'a pas les connaissances de ça, pas les bonnes personnes, pas la puissance financière. On coule, petit à petit on coule. Il faut trouver de l'argent mais on est ruinés...

Je suis fatiguée je ne suis plus la personne que je voulais être, je dois arrêter ça. On décide de vendre cette merveilleuse technologie et de partir ou sinon juste d’arrêter et de repartir à zéro, mais d’arrêter, c'est trop dur. Oui j'ose le dire, c'était psychologiquement et physiquement trop dur pour moi.

Suis je faible ? Je ne le pense pas, je pense que les obstacle sont trop nombreux et que moi, cela m’amène dans une vie qui n'est pas celle que je veux. Alors on reprends le pouvoir, comme quand on a été pris dans un courent violent et qu'on réussit enfin à atteindre une planche et qu'on peut souffler pour nager vers le rivage.

Alors la semaine dernière, j'ai fait visiter Paris à des investisseurs étrangers qui ont pris l'avion uniquement pour me rencontrer et qui m'invitent à aller maintenant les voir chez eux et on va voir si ça colle.

Et puis j'avais un autre projet... Et celui là d'autres personnes veulent que je le fasse, et me proposent de me financer dès le début pour que je puisse faire ce que je fais le mieux sans avoir à vendre ma maison, une nouvelle innovation scientifique pour aider la planète.

Des portes se ferment, des portes s'ouvrent et je me retrouve, je respire un grand coup, je suis là, j'ai changé mais je suis toujours la même. 


Juste Tili et la vie est belle
Contente de vous retrouver tous :-)



mercredi 13 septembre 2023

Un très long voyage

 J'ai fais un très long voyage,


Après bien d'autres...

Après la recherche, la maternité, le cancer, le tour du monde, la survie... J'ai fais un nouveua voyage dans un monde très différent de ceux que j'avais connus avant...

Celui de l'innovation sous les couleurs de très grands instituts de recherches

J'ai gagné des grands concours, j'ai fondé une startup, j'ai re-gagné des concours, je suis devenue PDG, directrice de recherches, j'ai du apprendre le monde du commerce et de la finance...

Et vous savez quoi ?
Cela ne m'a pas tellement apporté beaucoup de bonheur (ni même des sous).

J'ai relu mes anciens blogues, Elleestfolle, Tousautourdumonde... Et vraiment VOUS m'avez manqué.
Cet espace de partage, de connexion avec d'autres, des femmes et des hommes, des humains libres, profonds, ça m'a manqué...

Je n'aime pas ce que je deviens toujours au travail, toujours fatiguée, toujours en stress, peu disponible... Ce n'est pas moi.
Alors j'ai décidé d’arrêter ou de vendre cette extraordinaire technologie que j'avais mis 15 ans à créer et de faire autre chose, une autre vie encore, un autre voyage...
Mais on en parlera plus tard.

J'espère que mes camarades sont encore là, beaucoup de blogs ont fermé, peut être déménagé... Aller je vais aller vous chercher :-)

mardi 16 juin 2015

Pourquoi ?


Tous les jours, on travaille, on s'occupe des enfants, il y a la cuisine, les courses le ménage, le jardin parfois, le chien qui attend son moment, lui aussi, les routines les exceptions les sorties, le film du vendredi soir, les vacances parfois et voilà la vie de privilégié de petit bourgeois du 21 ème siècle que nous sommes... Et après ?

Des fois, quand j'explique l'histoire à mes enfants, on parle de napoléon, la révolution, les famines, les rois, les guerres, les idées nouvelles et je ne peux pas m'empêcher de penser que cette révolution est venue des bourgeois. Voulaient t-ils simplement prendre la place des puissants ? Voulaient-ils partager le pouvoir ?. Avant tout, ils questionnaient, ils espéraient, mais quoi ?

Et nous, qu'espérons nous ?

Tous les jours je vois défiler mes petits patients, des familles touchées par les difficultés, le problème si angoissant d'un enfant qui n'arrive plus à apprendre, tous les jours je vis une vie étrange où tout est si banal et si absurde à la fois. Et je regarde ma propre obstination à suivre un mouvement toujours si incroyable, et je pense, je questionne en silence...

Tant de questions...

Pourquoi la télévisions qui prend la place du temps de famille ?
Pourquoi la famille si on fuit l'être ensemble ?
Pourquoi des enfants si on les envoie se faire éduquer par les autres ?
Pourquoi l'école s'appelle t-elle « éducation » et non « instruction »  ?
Pourquoi les colonies de vacances qui prolongent le temps loin des parents ?
Pourquoi le travail s'il détruit l'individu ?
Pourquoi assoir une organisation des idées politiques en « partis politiques » s'ils portent les germes d'un antagonisme à la démocratie ?
Pourquoi la France si nos lois sont Européennes ?
Pourquoi parler de démocratie si on prône la gouvernance ?
Pourquoi la démocratie si les peuples rêvent encore des rois ?
Pourquoi plus d'argent quand notre assiette est déjà pleine ?
Pourquoi acheter encore le bonheur vendu à la télé s'il était mensonger la fois d'avant ?
Pourquoi mettre des pesticides sur ce que l'on mange, si le « cide » veut dire tuer ?
Pourquoi rajouter de la chimie est moins cher que de ne rien mettre ?
Pourquoi continuer ainsi si nos enfants en sont malades ?
Pourquoi les vieux sont-ils parqués ensemble ?
Pourquoi est-il si difficile pour un groupe, une société, de changer autrement que par un choc, alors que chaque individu voudrait sûrement éviter le choc ?
Pourquoi ceux qui meurent de solitude devant des écrans ne rejoignent-ils pas ceux qui croulent sous les tâches les empêchant même d'avoir encore le temps de penser ?
Pourquoi mesurons nous l'intelligence animale sur ce qui est valorisé par les humains ?
Pourquoi nous pensons nous une espèce intelligente si on n'a jamais autant détruit ?
Pourquoi appelons nous certaines espèces nuisibles parce qu’elles nous dérangent et pas la notre nuisible de détruire toutes les autres ?
Pourquoi nous interrogeons nous plus sur comment nous pourrions communiquer avec des extra-terrestre alors que nous ne sommes pas capables de communiquer avec les autres animaux de la planète ?
Pourquoi craindre des planètes belliqueuses si nous ne craignons pas de haïr nous même le peuple voisin ?
Pourquoi basons nous l'enseignement à nos enfants sur un système de comparaison et de compétition entre eux alors que leur survie dépendra de leur capacité à coopérer et vivre ensemble ?
Pourquoi croire en une religion si on sait que celle à laquelle on croira ne dépendra que de notre siècle et du lieu de notre naissance ?
Pourquoi se sentir différent d'un autre humain sur un critère de teinte de la peau et pas sur la teinte de ses cheveux ou sur la forme de son oreille ?
Pourquoi pensons nous que notre paradigme de l'univers est intéressant alors que nous savons que nous n'en avons compris que 5 % ?
Pourquoi y a t-il 75 % de la matière que nous ne comprenons pas dans l'univers alors qu'on observe les effets gravitationnels de la matière noire ?
Pourquoi comprendre l'énergie noire n'est-elle pas la plus grande quête de l'humanité ?
Pourquoi quand on cherche à comprendre les troubles cognitifs d'un enfant, quand on prétend mesurer son attention on mesure sa vitesse ?
Pourquoi si les microtubules produisent des phénomènes quantiques, les phénomènes quantiques ne compteraient-ils pas dans la conscience ?
Pourquoi sépare t-on la psychologie des phénomènes biologiques liés à l'état du corps alors qu'elle ne flotte manifestement pas à côté du cerveau ?
Pourquoi ne s'affole t-on pas de la disparition des abeilles si elles nous fournissent l'indispensable pollinisation de ce que nous mangeons tous les jours ?
Pourquoi mangeons nous tant de viande si nous savons que cet excès nuit à notre corps et que cela nuira à nos enfants?
Pourquoi serait-il cruel de manger un chaton et délicieux de manger un agneau ?
Pourquoi écoutons-nous des médias achetés par des personnes qui ont des intérêts opposés aux nôtres puisque nous le savons?
Pourquoi les phénomènes de foule seraient-ils finalement moins que la somme de leurs parties ?
Pourquoi séparer le quantique du classique, si l'observable n'est que la moyenne du quantique ?
Pourquoi la différence est-elle toujours si inquiétante ?
Pourquoi tous ces pourquois qui m'étouffent ?

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Edit du matin sur l'atavisme...

Ce matin,le Chum est partit de bonne heure, les grandes sont en voyage scolaire, je suis donc seule avec le Titi.
Mon petit garçon débarque dans ma chambre et avant même le bonjour du matin, avant que mon pied ne se pose par terre, la première question de la journée fuse dans l''air, il s'était précipité pour me la poser au réveil, probablement qu'elle l'a tenue une bonne partie de la nuit...
- "Maman.... Est ce que les noyaux des fruits sont vivants ?"
- Je réponds en me levant sur la différence entre un "être" vivant et une "cellule" vivante... Avant de dire bonjour avec un grand sourire à mon petit soleil.
- Nous nous retrouvons au petit déjeuner et je le vois, bien pensif... Je sais que les questions suivantes vont tomber...
Et bien sûr...
- "Les requins, est ce qu'ils respirent dans l'air comme les dauphins ?"
- "L'orque, c'est un dauphin ou une baleine ?"
- " Le carbone, il peut s'attacher à combien d'autres "choses" ?"
- " Tu crois que la maîtresse elle va aimer mon cadeau ? (il a décidé de lui sculpter dans un bout de bois un cadeau de fin d'année, un porte clé, ça fait plusieurs soirs qu'il le lime après ses devoirs mais il sait que d'autres ont "acheté" un petit truc et il a peur de la comparaison).


Mais qu'est ce que je fais là ?

Hummmm ?

Je trainais, je passais dans le coin, un truc me maaaannnque.... Vous !

Bon, on va faire un truc, je vais peut être revenir - tout doucement- mais à condition d'avoir le droit à la petite fleur, celle là *, qui veut dire que, ben, il y a des trucs dont je ne parlerai pas ici (serez obligés de me voir pour savoir ;-)).
Du genre, tu as commencé ton nouvea boulot ? = *

Mais d'abord, est qu'il y a encore du monde par ici ? Z'etes où ?
Que devenez vous ?

Si vous passez par là, faut me mettre une petite bafouille, sinon je vais vous refaire le syndrome de la folle au bois dormant !

Tili :-)

mercredi 30 octobre 2013

Sur la pointe des pieds...

Je m'en vais, de ce blog, sur la pointe des pieds, tout doucement, en l'abandonnant petit à petit.

Mais je ne suis pas encore prête dans ma tête à tout lâcher, à oser me dire que ma nouvelle vie n'aura plus de débats philosophiques, de combats d'arrière garde et de maladie rampante.

Aussi je vous lis, sur vos blogs, pas tous les jours mais régulièrement, je m'enquière de ce que vous faites, comme on s'enquière de vieux amis dont on a juste besoin qu'ils existent sans avoir forcément besoin de leur parler souvent.

J'ai du mal à écrire, mes mains sont douloureuses, mes pieds aussi d'ailleurs, au point de me réveiller la nuit pour m'obliger à marcher... J'ai peur et je suis en rage, je ne veux plus d'histoire de maladie, je n'en veux plus, j'ai fait ma part, c'est fini, fini...Par pitié, s'il y a un Dieu, qu'il fasse que ce soit fini...

Je m'en vais petit à petit de ce blog, parce que je ne veux plus me penser malade... Et aussi parce que je pense ma nouvelle vie incompatible avec cette tribune trop voyante.

Ma nouvelle vie professionnelle, où d'un coup j'ai été projetée vers l'avant, si vite que j'en ai le souffle coupé. Ou d'un coup je suis responsable de l'avenir de dizaines d'enfants, de la formation de professionnelles, de recherches passionnantes... Où j'en reviens à des années en arrière, à chercher du temps pour ma famille, tout en culpabilisant d'aimer autant mon travail et la recherche...

Mais qui, quoi, va remplacer ce contact avec vous ? Cette oreille d'humanité, ce souffle qui me gonfle de courage à chaque nouvelle épreuve ?

Si je suis encore là, c'est que je n'ai pas encore de réponse...

mardi 14 mai 2013

Fin du traitement

Ça y est, c'est officiel, mon Oncologue m'a arrêté complètement mon traitement hormonal pour le Cancer (en raison de l'apparition de douleurs, probablement veineuses, importantes dans les jambes et de maux de tête systématiques le matin)...

Ta dammmmmm !

Même avec plein de paroles rassurantes je sais que je vais avoir une petite période de flottement pendant 3 mois, le temps de constater que "rien ne repart".

Mais je positive à fond:
- Les douleurs diminuent déjà (mais je dois quand même aller faire un écho-doppler de contrôle).
- Ça va m'aider à arriver à perdre du poids.
- Ça veut dire que je m'en suis sortie, dans 3 mois on arrivera aux "5 ans" fatidiques...

Pfiouuuu, ça se fête au fond, non ?  Il va falloir que je marque le coup pour ma petite famille :-)

PS. J'ai apprécié, dans les informations de voir la déclaration de l'actrice A. Jolie sur sa décision d'une double ablation préventive. Vu les difficultés que j'ai eues à obtenir cet acte préventif en France, la culpabilité atroce qu'on voulu me faire porter certains médecins de l'institut Curie absolument indignes du genre "on ne le fait pas parce que ensuite les femmes se font abandonner par leur mari" quand j'ai persévéré dans ma démarche. Et au final le bonheur d'avoir pu bénéficier de cet acte préventif par un chirurgien formidable, je crois qu'on a du chemin à faire en France sur cette question.
Moi aussi je ne me sens pas moins "femme", moi aussi j'ai le bonheur de dire à mes enfants que j'ai tout fait pour rester à leurs côtés.
Et puis je n'ai plus à passer ma vie à surveiller le développement d'un cancer dans les seins, avec une crainte permanente qu'on voudrait imposer comme mode de vie à toutes les femmes quel que soit leurs choix personnels.
Et moi aussi je m'insurge contre le coût du dépistage génétique dû à un début de privatisation du vivant (du génome). Et aussi contre le temps d'attente et le blocage de certains médecins... Je rappelle que, avec un risque génétique qui avait été évalué à 80%, obtenir le test génétique m'a pris 2 ans à l'institut Curie...

jeudi 17 mai 2012

Mon autre vie

Après les enfants, le mari et la famille, après la neuropsychologie et la recherche, après le sport et les amis, vient le temps que je consacre à l'association Art Sport Entraide.
Beauuuuuucoup de temps pris sur des pauses, sur des soirées, sur des vacances, sur des nuits. Et tout ça pour quoi ?

En ce moment on a réussit à obtenir une donation d'équipements de sport et on se consacre à trier tout ça et collaborer avec d'autres associations pour que cela serve à des actions sociales et solidaires dans des pays défavorisés. Par exemple on va équiper une école qui sort les enfants des rues au Niger en les appâtant avec le football, on équipe une école de foot dans le désert de l'Atacama et incite les gens à briser l'isolement des villages en les faisant participer à un festival sport et musique, on motive des jeunes désœuvrés de petits villages du Sénégal où le chômage et l'exode rural sont une plaie à s'organiser en équipes et on organise un tournois avec la participation de chefs d'entreprise de Dakar, on continue à essayer de lancer nos amis Aymara du désert de l'Atacama qui se sont regroupés en association locale et voudraient faire du tourisme solidaire chez eux, dans les villages de montagne,  etc. etc.

Bon je ne vous parle que des projets étrangers vu que c'est moi la responsable mais on fait aussi des tas de choses en France, comme aider les chômeurs a trouver du travail, faire faire des chansons contre le racisme et contre les drogues par des jeunes de quartier, accompagner des sorties sportives pour des personnes handicapées, etc. etc. etc. !

Ceci avec des moyens très très très limités.

Grosse question du moment, l'association n'a que des volontaires, mais on fait tellement de choses que c'est devenu ingérable de remplir les dossiers de demandes de subventions, organiser des levées de fonds etc etc. On aurait besoin d'embaucher quelqu'un pour toutes ces parties administratives. Mais on n'a pas de fonds pour ça. Ça tourne en rond quoi. En attendant la recette miracle, un petit nombre d'irréductibles continue de bosser les jours fériés et la nuit, pour les autres et c'est déjà pas mal ;-)

Si vous avez envie de rejoindre l'association, franchement, vous serez les bienvenus !

jeudi 14 octobre 2010

Cancer et syndrome de Lazare...

J'me sens toute pas bien.
Angoisses, passage de l'état d'excitation et de joie intense à l'irritation à la tristesse, troubles du sommeil... Pas de doutes, c'est une déprime. Faudrait pas que ça s'installe en dépression.

- Et pourquoi Madame ?

Ben... Je ne sais pas.
Vraiment, je ne sais pas.
Je me dis que tout va bien, je termine mon bilan de santé je suis absolument certaine que la semaine prochaine ce gentil Dr de Léon Bérard va me dire que tout va bien, je m'imagine sortant de l'hôpital en souriant et en me disant que je peux oublier le cancer pendant 1 an.

...Mise à part que je ne sais toujours pas pourquoi j'ai si mal à la hanche et que je suis toujours mutilée, que quand je dois montrer mon buste à des médecins, ils ouvrent la bouche et restent muets un moment... Mise à part le Lymphœdème qui ne partira pas, mis à part les cicatrices immenses, la vue qui a baissé, les odeurs fantôme, les sécheresses des muqueuses qui font que je n'arrive même plus à pleurer et que ma vie sexuelle est un défi, que ma langue est si sèche le matin que je dois boire avant de pouvoir parler, les sourcils qui n'ont pas repoussé comme avant, les cheveux qui ont changé de couleur et de nature, la raideur douloureuse matinale qui m'oblige à descendre les escaliers chaque matin, comme une petite vieille, en me tenant à la rampe et en descendant marche par marche, toujours la jambe droite en avant...

Mais c'est comme ça, c'est ma vie maintenant et elle est belle. Je fais le travail qui me plait, j'ai une belle famille aimante, des amis, tout ce qu'il faut vraiment. Tout ce qu'il faut pour être heureuse comme on dit alors quoi ?

Mais je n'arrive pas à me poser.
Je n'arrive pas à baisser les armes.
Je sais que je dois passer à autre chose, me reconstruire mais je ne me reconnais pas dans cette vie.
Je sais bien que c'est moi qui ai changé, mais en quoi ? Je me sens vide, vidée, je ne sais plus qui je suis.
Je ne me reconnais pas dans cette vie là, à l'ombre des pommiers dans cette belle maison cossue, je n'arrive pas à l'investir, nous n'avons pas encore de salon et les murs sont désespérément blancs, je ne me sens pas chez moi, je trouve tout ça très étrange. Je me vois à la sortie de l'école à attendre ces beaux enfants comme une comédienne qui joue le rôle de la gentille Maman. Je fais la cuisine, les enfants adorent ça et je trouve encore ça étrange. Je travaille dans mon bureau et envoie des mails professionnels, c'est aussi une autre personne...
J'ai l'impression d'être une actrice dans le rôle de ma vie.

Je me sentais, moi, heureuse dans le voyage, dans une vie de nomades, au fond du désert de l'Atacama dans ce village perché loin de tout, étrangement, si loin de tout c'est là que je me sentais bien. Je me sens moi dans la brousse Sénégalaise, au fond des bolons du Siné Saloum, je me sentais heureuse dans le bush Australien, sur l'océan Arctique, dans la jungle Malaisienne...

Au fond, je me sentais heureuse dans la fuite du quotidien, dans la nature sauvage et j'ai du mal à retrouver et à aimer une vie sédentaire.

Je rêve de déserts et de liberté, d'animaux sauvages et de soleils rougeoyants, d'amants rustiques et sans visages, d'océans immenses et de plongées en apnée sans jamais remonter, je rêve de mourir au milieu de la grande barrière de corail, dans cette lumière colorée et cette foison de vies aquatiques...
Je rêve que je suis ailleurs et surtout que je suis une autre.

Pourtant, cette vie est temporaire aussi, au fond, notre nomadisme n'est pas clos, nous ignorons où nous serons dans un an 1/2... Mais c'est comme ça, ce que je percevais excitant dans d'autres latitudes me pèse ici, ne pas savoir où nous serons demain augmente mon angoisse, je ne me donne pas la permission de me pauser ni de m'intégrer, j'ai peur de me faire des amis qu'il faudra encore quitter.

Mon homme ressent de l'angoisse aussi, même s'il ne l'exprime pas de la même façon, notre fils aussi semble perturbé, les filles, elles, sont infiniment heureuses ici. Elles adorent l'école, la maison, les pommiers, elles parlent de quand "elles iront à ce formidable collège ici où il y a un mur d'escalade dans le gymnase", elles ont des copains qui les adorent, des copines, un maître merveilleux qui les fait chanter en les accompagnant à la guitare tous les matins et leur apprends à jouer de la flute, le paradis...

Moi, j'ai enragé contre l'école qui a présenté quasiment la même liste que l'an dernier pour l'élection des parents d'élèves sans faire d'appel à candidature alors que je voulais me présenter, justement pour nous intégrer, pour nous intéresser à la vie du village, je me suis sentie exclue alors que j'avais manifesté mon envie de les rejoindre.

Enfin, c'est comme ça. Ils n'y ont pas pensé... Je me demande si je vais arriver à m'intégrer ici, c'est quand même un vase clos. Dans l'état de lutte contre la dépression où je me trouve, je ne vais certainement pas me battre pour me faire entendre, après tout, les gens ont bien le droit de vivre entre eux et de ne pas intégrer les nouveaux venus, c'est à nous, les étrangers, à faire des efforts.

Enfin, bla bla bla et bla bla bla, tout ça pour dire quoi ?

Que quand on a frôlé la mort, quand on s'est battu, quand on arrive enfin à pouvoir déposer les armes, alors on voit l'immensité de tout ce qui est à rebâtir et on comprend qu'on n'est plus la même, qu'il va falloir se reconstruire une nouvelle peau. Et ça, ce n'est pas si facile.

C'est banal à dire mais douloureux à vivre et n'importe quel psy pourra faire le diagnostic de syndrome de Lazare ce qui n'allègera pas la bête pour autant.

Finalement, heureusement que j'ai écrit ce blog, il constitue un fil de ce que j'ai été et m'aide à m'identifier à présent.

Et puis, je crois que j'ai trouvé une aide pour la maison, ménage et garde d'enfants, elle va faire un essai de ménage mardi prochain, ça va beaucoup me soulager.

J'ai pris une décision, j'ai adhéré à Europe Ecologie, je ne les rejoins pas dans toutes leurs idées, mais ils me semblent les moins corrompus et les plus enthousiastes et après avoir fait le tour d'une planète en décrépitude on ne peut plus accepter de rester regarder le train passer, comme une vache, sans jamais rien faire soit même pour changer les choses.
Et puis ils sont très sympas.

Aller, va, c'est pas si grave, il faut juste serrer les dents et avancer, le reste va se faire tout seul, je vais prendre l'habitude de moi même, c'est juste une question de temps....


Cancer et syndrome de Lazare...

J'me sens toute pas bien.
Angoisses, passage de l'état d'excitation et de joie intense à l'irritation à la tristesse, troubles du sommeil... Pas de doutes, c'est une déprime. Faudrait pas que ça s'installe en dépression.

- Et pourquoi Madame ?

Ben... Je ne sais pas.
Vraiment, je ne sais pas.
Je me dis que tout va bien, je termine mon bilan de santé je suis absolument certaine que la semaine prochaine ce gentil Dr de Léon Bérard va me dire que tout va bien, je m'imagine sortant de l'hôpital en souriant et en me disant que je peux oublier le cancer pendant 1 an.

...Mise à part que je ne sais toujours pas pourquoi j'ai si mal à la hanche et que je suis toujours mutilée, que quand je dois montrer mon buste à des médecins, ils ouvrent la bouche et restent muets un moment... Mise à part le Lymphœdème qui ne partira pas, mis à part les cicatrices immenses, la vue qui a baissé, les odeurs fantôme, les sécheresses des muqueuses qui font que je n'arrive même plus à pleurer et que ma vie sexuelle est un défi, que ma langue est si sèche le matin que je dois boire avant de pouvoir parler, les sourcils qui n'ont pas repoussé comme avant, les cheveux qui ont changé de couleur et de nature, la raideur douloureuse matinale qui m'oblige à descendre les escaliers chaque matin, comme une petite vieille, en me tenant à la rampe et en descendant marche par marche, toujours la jambe droite en avant...

Mais c'est comme ça, c'est ma vie maintenant et elle est belle. Je fais le travail qui me plait, j'ai une belle famille aimante, des amis, tout ce qu'il faut vraiment. Tout ce qu'il faut pour être heureuse comme on dit alors quoi ?

Mais je n'arrive pas à me poser.
Je n'arrive pas à baisser les armes.
Je sais que je dois passer à autre chose, me reconstruire mais je ne me reconnais pas dans cette vie.
Je sais bien que c'est moi qui ai changé, mais en quoi ? Je me sens vide, vidée, je ne sais plus qui je suis.
Je ne me reconnais pas dans cette vie là, à l'ombre des pommiers dans cette belle maison cossue, je n'arrive pas à l'investir, nous n'avons pas encore de salon et les murs sont désespérément blancs, je ne me sens pas chez moi, je trouve tout ça très étrange. Je me vois à la sortie de l'école à attendre ces beaux enfants comme une comédienne qui joue le rôle de la gentille Maman. Je fais la cuisine, les enfants adorent ça et je trouve encore ça étrange. Je travaille dans mon bureau et envoie des mails professionnels, c'est aussi une autre personne...
J'ai l'impression d'être une actrice dans le rôle de ma vie.

Je me sentais, moi, heureuse dans le voyage, dans une vie de nomades, au fond du désert de l'Atacama dans ce village perché loin de tout, étrangement, si loin de tout c'est là que je me sentais bien. Je me sens moi dans la brousse Sénégalaise, au fond des bolons du Siné Saloum, je me sentais heureuse dans le bush Australien, sur l'océan Arctique, dans la jungle Malaisienne...

Au fond, je me sentais heureuse dans la fuite du quotidien, dans la nature sauvage et j'ai du mal à retrouver et à aimer une vie sédentaire.

Je rêve de déserts et de liberté, d'animaux sauvages et de soleils rougeoyants, d'amants rustiques et sans visages, d'océans immenses et de plongées en apnée sans jamais remonter, je rêve de mourir au milieu de la grande barrière de corail, dans cette lumière colorée et cette foison de vies aquatiques...
Je rêve que je suis ailleurs et surtout que je suis une autre.

Pourtant, cette vie est temporaire aussi, au fond, notre nomadisme n'est pas clos, nous ignorons où nous serons dans un an 1/2... Mais c'est comme ça, ce que je percevais excitant dans d'autres latitudes me pèse ici, ne pas savoir où nous serons demain augmente mon angoisse, je ne me donne pas la permission de me pauser ni de m'intégrer, j'ai peur de me faire des amis qu'il faudra encore quitter.

Mon homme ressent de l'angoisse aussi, même s'il ne l'exprime pas de la même façon, notre fils aussi semble perturbé, les filles, elles, sont infiniment heureuses ici. Elles adorent l'école, la maison, les pommiers, elles parlent de quand "elles iront à ce formidable collège ici où il y a un mur d'escalade dans le gymnase", elles ont des copains qui les adorent, des copines, un maître merveilleux qui les fait chanter en les accompagnant à la guitare tous les matins et leur apprends à jouer de la flute, le paradis...

Je me demande si je vais arriver à m'intégrer ici, c'est quand même un vase clos. Dans l'état de lutte contre la dépression où je me trouve, je ne vais certainement pas me battre pour me faire entendre, après tout, les gens ont bien le droit de vivre entre eux et de ne pas intégrer les nouveaux venus, c'est à nous, les étrangers, à faire des efforts.

Enfin, bla bla bla et bla bla bla, tout ça pour dire quoi ?

Que quand on a frôlé la mort, quand on s'est battu, quand on arrive enfin à pouvoir déposer les armes, alors on voit l'immensité de tout ce qui est à rebâtir et on comprend qu'on n'est plus la même, qu'il va falloir se reconstruire une nouvelle peau. Et ça, ce n'est pas si facile.

C'est banal à dire mais douloureux à vivre et n'importe quel psy pourra faire le diagnostic de syndrome de Lazare ce qui n'allègera pas la bête pour autant.

Finalement, heureusement que j'ai écrit ce blog, il constitue un fil de ce que j'ai été et m'aide à m'identifier à présent.

Et puis, je crois que j'ai trouvé une aide pour la maison, ménage et garde d'enfants, elle va faire un essai de ménage mardi prochain, ça va beaucoup me soulager.

J'ai pris une décision, j'ai adhéré à Europe Ecologie, je ne les rejoins pas dans toutes leurs idées, mais ils me semblent les moins corrompus et les plus enthousiastes et après avoir fait le tour d'une planète en décrépitude on ne peut plus accepter de rester regarder le train passer, comme une vache, sans jamais rien faire soit même pour changer les choses.
Et puis ils sont très sympas.

Aller, va, c'est pas si grave, il faut juste serrer les dents et avancer, le reste va se faire tout seul, je vais prendre l'habitude de moi même, c'est juste une question de temps....


vendredi 30 avril 2010

Le calme... Ca passera !

Mais comment j'en suis arrivée là ?
Comment passe t-on de l'Afrique à l'exil en France, à la recherche , le couple, la maternité, au chômage au cancer pour finir en train de réaliser un rêve de tour du monde ?
C'est le problème quand on réalise un rêve, on a du mal à se réveiller. Quand j'appuie sur "pause " et il y en a quelques unes parmi vous qui me vantent les bienfaits de cette touche là, je regarde derrière moi et j'ai du mal à me ramasser, ça va trop vite... Mais c'était bien le but du tour du monde, réaliser un rêve, retrouver mes enfants et mon homme et prendre le temps de penser, de me reconstruire...
Alors je pense, je pense à mes parents, à tout ce qu'ils ont vécu eux aussi. Les vies humaines sont-elles donc comme cela, toutes pleines de surprises en terrasses de cascades ?

Le Chum dors paisiblement à mes côtés.
Les enfants se sont finalement endormis après plusieurs rappels à l'ordre d'arrêter les chuchotement et les rigolades... Ils sont tous les 3 ensembles dans la pièce d'à côté, le "salon" de la maisonnette d'hôtel. Ils adorent ça dormir ensemble mais ils font la foire au lieu de dormir jusqu'à qu'on finisse par trouver une menace qui vaille, excédés que nous sommes par les 50 demandes de faire silence et dormir qu'il faut faire chaque soir.
Mais je ne me rappelle que trop bien avoir été cette enfant qui dans la même situation chuchotait en riant alors je ne râle pas trop fort quand même. Je sais que ça leur passera en grandissant.

Je savoure ENFIN le calme de la pièce. Je n'ai pas sommeil, comme souvent. Hier j'ai passé une nuit de cauchemars alors ce soir je recule devant le sommeil. Mais ça viendra avec un peu de patience.
Je pense à moi, je n'ai pas avancé sur mes projets de recherche et j'aimerai avoir du temps pour le faire, mais le temps... Je pourrais m'y mettre la nuit, certes, mais la nuit en ce moment n'est propice qu'à trainer sur le web (quand je suis connectée), pas à me concentrer sur des choses sérieuses.
Ça viendra ça aussi, je dois être patiente encore.
Et puis, tout passera de toutes façons. "Tout" passe toujours.
Je crois que pour quand je serai morte je ferais noter sur l'urne funéraire (ou la tombe selon ce qui pollue le moins) dans laquelle on a la stupidité d'encore garder des cendres, le même épitaphe que Richard Burton :"Cela aussi passera" ! Je rejoins la pensée d'Héraclite en ce sens que seul le changement est permanent.

Ensuite les vivants doivent se libérer, je demanderai qu'on jette l'urne au fond de l'océan, loin des hommes...

Soit dit en passant j'ai adoré ce livre "Le collectionneur de mondes" qui raconte la vie de Richard Burton. Je me sens proche de cette façon de penser et en même temps il y a un gouffre qui nous sépare, une abysse. C'est le récit de l'aventure et des réflexions d'un homme, entendez d'un mâle. Et je suis une femme. J'aimerais entendre des carnets de voyages de femmes, j'en ai marre des réflexions qui ne sont faites que PAR les mâles et POUR les mâles.

vendredi 25 septembre 2009

En rémission... des péchés ?

Fin de mon RDV de contrôle, je suis sur le quai du RER.
Une dame s'approche de moi.
-"Pardon Madame, connaissez vous le quartier ?".
Moi -"Plus ou moins".
-"Savez vous si c'est bien par ici la sortie pour aller à l'Institut Curie?"
J'ai souris. Elle avait cette attitude commune des femmes qui font partie du "méchant club".
Moi -"Ah, vous aussi ! Moi j'en viens... Oui, c'est par là, sortie rue de l'Abée de l'Épée".
Elle m'a remercié, nous nous sommes souhaité bonne chance mutuellement et chacune a continué vers son destin.

Je suis restée seule avec mes pensées.
L'abée de l'épée... Un chemin logique ais je pensé et je voyais dans ma tête l'image d'un terrible prêtre envoyé de quelques violents dieux brandissant l'épée de Damoclès au dessus des pauvres malades.
Je regardais la femme qui s'éloignait vers son RDV, je ne lui ais pas dit. A quoi bon, je ne sais pas quelle est sa situation à elle. Et pourtant le mot me brûle les lèvres...

R E M I S S I O N !!!


Le médecin n'a pas dit "rémission COMPLETE" il a dit juste "rémission".
Et pourtant le bilan est limpide, pas une seule zone d'ombre. Peut être que le mot "complète" est juste un mot inventé par les patients ? Ou peut être que ce mot n'apparait dans le vocabulaire médical qu'à l'issue des 5 années règlementaires ?

Aujourd'hui, c'était ce médecin que j'aime bien, j'ai tendance à apprécier les personnages avec un franc parler et qui répondent aux questions combien même la réponse pourrait me déplaire ou m'effrayer.

Je lui ai demandé.
-"Ça fait 2 ans maintenant et il y a 2 ans vous m'aviez dit que la courbe de risque décrivait un nouveau pic à 2 ans puis ne faisait plus que décroitre, est-ce que ça veut dire que...?"
Le son de ma voix s'est éteint tandis que ma main dessinait ne courbe exponentielle décroissante.

Il a sourit.
"Oui, à présent vous êtes dans la partie de la courbe qui descend".

Je lui ai dit que je risquais de partir, il m'a donné un courrier explicatif sur mon état et la surveillance, courrier que je devrai traduire. Il m'a rassurée aussi, l'important sera de prendre le Tamoxifène, même si je ne fais pas de bilan avant un an ça n'est pas grave.

Je suis dans le RER à griffonner sur mes genoux. Je pense à ma Tante qui a des métastases pulmonaires, aux copines qui repartent dans la chimio ou qui n'en sont jamais sorties, à toutes ceux qui n'en n'ont pas réchappé. Je me sens coupable. Je sais que ça n'a pas de sens est-on coupable de survivre ? J'ai envie de pleurer, tant d'émotions, trop d'émotions... Quelle étrange vie, que c'est bon d'être vivante.

jeudi 10 septembre 2009

Frénésie de Vie

Ca fait plusieurs semaines que ça dure, maintenant.
J'ai trié, rangé et vidé ma cave (sans mettre mon manchon), trié et rangé toutes les chambres des enfants avec eux (toujours sans manchon), trié, rangé ma cuisine, mon salon, la salle de "jeux-bureau", maintenant je vais m'attaquer à ma chambre et à la salle de bain puis au garage... A cela s'ajoute un nettoyage frénétique de la maison.
C'est PO possible, je dois être enceinte !!!

Parallèlement j'ai relancé ma création d'entreprise, re-monté un dossier, pris moultes contacts, cherché moultes renseignements, essayé de comprendre les bases de la comptabilité, du cadre juridique, fait l'esquisse d'un budget prévisionnel, établis des tarifs et salaires, récupéré tous mes cours (dans la cave, c'était le motif du rangement à l'origine) et tous les tests Neuropsy que j'avais, pris des milliers de RDV !!!

Et sans oublier de me renseigner pour le départ aux US (dont on attend toujours la réponse des Américains qui sont empêtrés dans le surcout lié à mes antécédents de cancérologie, ça m'agace, c'est injuste mais c'est comme ça), prendre les informations importantes pour la scolarité des enfants, leur trouver un Pr. d'Anglais (les puces ont 2 cours par semaine en plus de l'école), vérifier les passeports et autres papiers administratifs, voir qu'il faut refaire le mien, lancer les démarches administratives, chercher des solutions pour la maison et les chats, essayer d'établir un budget des voyages, vérifié les vaccins de tout le monde, évidemment il faut en refaire, pris moults RDV chez le dentiste pour tous le monde etc. etc.

Avec ça il y a mon association, Art Sport Entraide, je dois remettre le site à jour (un très gros boulot), je suis en pleine recherche de financements, il y a eu le forum des associations récemment aussi, nous devons préparer les circuits de tourisme solidaire et mon Chum serait partant pour explorer un somment de 5300 m et former les gens à l'accompagnement à côté du village où les Indiens nous ont demandé de les aider à organiser des trekking pour accompagner des petits groupes de touristes "engagés" (les indiens porterons jusqu'à un camp de base qu'il faut définir). Pour cela je cherche d'autres fonds, du matériel etc. etc.

Et bien sûr, je fais la cuisine, les courses, le ménage et récupère les enfants à 16h30. Et au milieu de tout ça j'ai mes RDV pour mon bilan de santé... Mais là je trouve que je suis plutôt en forme hein ;-)

QUI a dit que je suis hyperactive ??? Nooonnn je vous rassure, je n'ai aucun problème de concentration, la preuve je reste penchée sur mes dossiers quasiment tous les soirs jusqu'à 1h du matin, ça tient compagnie au Chum qui bosse tous les soirs sur ses grandes découvertes.
Non, pas hyperactive, juste complètement frénétique !!!

Vous comprenez, ça fait si longtemps que je n'avais pas vécu !!! J'ai une copine très fine mouche, qui m'a demandé hier si je comptais rattraper 3 ans en quelques semaines... Je crois que oui en fait, c'est de cela qu'il s'agit. Je ne sais pas si des gens qui n'ont pas vécu ça peuvent comprendre mais je vais tenter de l'expliquer.
Après avoir vécu des années "en apnée" sans "vivre" sans profiter, sans pouvoir faire des projets d'avenir, sans pouvoir bouger des cartons, sans travailler, sans faire fonctionner mon cerveau et brusquement me re-sentir "vivante", terriblement vivante !
Avec en toile de fond d'avoir compris que la vie est si courte...
Ma tante est re-gravement malade avec des vilaines métastases...
Moi j'ai la sensation d'un changement irrémédiable dans ma vie, plus jamais je ne pourrais vivre en "immortelle" la mort m'accompagne dans tous mes gestes, même quand j'embrasse tendrement mes enfants. Mais, loin de déprimer, je ressens au contraire une immense envie de croquer la vie, de réaliser tous mes rêves jusqu'à épuisement...

jeudi 27 août 2009

Etats d'âme

Demain (...)
Je suis une boule de stress, j'ai peur en fait.
J'essaye de me raisonner de me dire que cela ne change rien à mon corps, tout est déjà présent la seule différence c'est de savoir ou pas, pouvoir anticiper ou pas, pouvoir protéger mes filles, mes sœurs, ma mère, mes cousines... ou pas.

J'ai honte de tous mes projets, honte d'oser engager les gens que j'aime dans des aventures invraisemblables alors que peut être mon corps ne pourra pas, peut être qu'on devra tout annuler, peut être je vais mourir et les laisser avec ces rêves idiots. Déjà, les américains hésitent à nous recevoir depuis qu'ils ont appris mes antécédents de Cancer, l'assurance va leur coûter très très cher. Ça m'écœure d'être le centre du problème.

Je me dis que justement je laisserai des rêves des aventures communes, le goût de la vie... Et puis la voix acide en moi me dit que je ne laisserai pas d'économies à mes enfants, que je les laisserai avec juste des souvenirs et que leur vie sera plus dure.

Ma fille Maé m'à posé des questions ce matin, sur les résultats de demain. Je leur ai expliqué sobrement que c'était important de savoir "ce qu'il y a dans mon corps" pour pouvoir essayer d'empêcher la maladie de revenir. Elle ne comprenait pas: "Et pourquoi la maladie elle pourrait revenir puisque tu n'as plus de seins Maman?". Je leur ai expliqué le risque sur les ovaires, la question de l'ablation préventive, j'ai omis toutes les séquelles de cette intervention. Elles sont catégoriques "Si c'est ça qui va te sauver, tu dois faire cette opération, Maman".
J'ai promis de toujours faire mon maximum pour être un jour auprès d'elles quand elles deviendront elles même Maman...

Mais depuis la dernière opération où j'ai eu la sensation de frôler la mort, j'ai peur des opérations, peur des séquelles, je me pose la question du bénéfice à vivre plus longtemps dans des mauvaises conditions...

Je sais que c'est vaniteux de vouloir protéger mon mari et mes enfants. Mon mari surtout. Il m'accompagne et me soutient dans cette galère, et moi aussi je le soutient. Il a fait ses choix et je sais à quel point j'ai besoin de lui et de sa force tranquille, de son amour. Je suis rassurée qu'il ait pris sa journée, demain, pour être à mes côtés. Et merci aussi à mon amie qui a pris sa journée pour venir garder mes enfants. Vous êtes formidables.

mardi 10 mars 2009

Les petites graines bleues


Le fiston traîne sa gastro et moi je peine à récupérer. Ou alors je traîne mon angoisse de cette opération qui arrive, de cette mutilation à nouveau et reconstruction...
J’angoisse d’une journée entière sous anesthésie, j’angoisse de la perte définitive de sensibilité due à la section des nerf, de ce nouveau corps qu’il me faudra ré-apprivoiser et de cette épée de Damoclès qui ne semble pas mollir, de la douleur qu’il me faudra affronter...
Avec mon fils nous avons fait un gâteau avec des jolies graines bleues.
Le Titi de 3 ans est expert en remuage des pâtes à gâteaux et en léchage de fonds de plats.
Je le regardais tripoter ces minuscules graines bleues avec volupté et je me disais que grâce à cette plante je vais sans doute -presque- pas souffrir.
Enfin pas grâce aux graines, qui elles ne servent que dans mon gâteau, mais bien grâce à sa sève.
Plante qui sauve et qui sème la destruction en même temps, petites graines bleues si belles.
Nous nous sommes régalés ! J’avais pioché la recette ici.

Je rentre à l'hôpital dimanche prochain, pour 2 semaines...

La bonne nouvelle c'est aussi qu'ils ont enfin décidé qu'on pouvait enlever le P.A.C. (le Port A Cathéter) parce que ce gros rond sous la peau, qui sert à piquer pour la chimio, ils ne l'enlèvent pas tant qu'il y a un risque trop important d'y revenir. Et à chaque douche je le regarde, le touche, en me disant que s'il est là c'est que le risque est encore si grand. Plus de PAC, c'est une délivrance au niveau de l'angoisse que cela véhicule!

lundi 15 décembre 2008

ABLATION BILATERALE ET RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Voilà, on y est, je vais l’écrire ce texte, je le sens.

Je m’installe devant l’ordinateur, les enfants sont en train de prendre leur sommeil. Je me met mon disque préféré de Marc Farre (écouter ici et ).

Avertissement au lecteur.
Je vais parler ici de choses difficiles sur l’ablation des deux seins, la reconstruction, le cancer et donner une opinion qui m’est toute personnelle. Je sais que certains lecteurs, ou plutôt certaines lectrices sont dans des situations similaires, le cancer du sein touchera près d’une femme sur 9 actuellement, ou bien peuvent avoir une proche dans la situation. Je vous encourage à vous poser la question, avant de lire ce texte de si vous êtes prêts à l’entendre et à vous rappeler que les opinion émises ici me sont toutes personnelles et ne peuvent pas être généralisées....

Il y a 14 mois, j’apprenais que j’avais un cancer. Il y a 1 an on m’a pratiqué l’ablation totale d’un sein et on a alors constaté une tumeur monstrueuse s’étalant sur 8 cm et très agressive (de grade 3)... Il y a un an j’ai demandé l’ablation de l’autre sein.
En vain pendant des mois et des mois...
J’ai persisté, médecin après médecin, étalé mes arguments, recherché les preuves génétiques, expliqué ma peur...

Enfin, en septembre dernier j’ai pu rencontrer l’équipe de recherche génétique (eux aussi après 1 an de demande) qui ont évalué le risque que ce soit génétique à près de 80 %.
Et, pour la première fois, un médecin m’a dit que ma démarche d’ablation bilatérale était légitime et que oui, cela augmenterais mes chances de vivre sans un nouveau cancer, de vivre tout court.

A partir de là j’ai eu le droit de prendre un RDV chez un chirurgien reconstructeur et un psychiatre de l’institut qui me suit, car pour eux, l’encadrement psy est plus que recommandé et l’ablation est plus facilement accepté si elle s’accompagne d’une reconstruction simultanée...

Sans adhérer à ce système de pensée j’ai fais ces démarche et rencontré ces personnes.
D’abord le chirurgien.
Homme au demeurant très sympathique et intelligent. Il m’a expliqué les méthodes de reconstruction possible. Ma démarche de l’ablation était déjà complètement arrêtée, par contre je n’avais absolument pas pris le chemin de la reconstruction et ne m’étais pas renseignée sur les méthodes possibles. Ce chirurgien refusait de me faire l’ablation sans la reconstruction tout simplement car il considérait que ce n’était pas son travail. Pressée d’avoir cette ablation j’étais, je l’avoue, prête à accepter n’importe quoi en matière de reconstruction, mais cet homme intelligent à su aller au delà de mon apparente absence d’intérêt et m’à réellement informée.
Lui, pratiquait soit la prothèse en silicone, mais difficile sur une peau irradiée, soit la reconstruction en prenant du muscle.
J’ai tiqué sur les deux méthodes...
La première car mettre du silicone, un corps étranger qui a mauvaise réputation, cela ne m’enchantait guère. D’autant que le monsieur m’a bien expliqué que la chose restait plus froide que le corps, dure “comme une épaule” et ne s’affaissait jamais.

J’ai été catégorique “pas de silicone”, “pas de corps étranger” et puis je veux une poitrine qui s’affaisse quand je vieillirai, pas des obus ridicules à 80 ans... Ce n’est pas, oh lecteur attentif, un jugement général sur ce machin, c’est mon avis personnel que je n’arriverais pas, moi, Tili, à accepter dans mon corps une matière que je considère comme étrangère et dont la nocivité supposée me fait peur.

Donc le monsieur m’a exposé la seconde méthode qu’il pratiquait, la reconstruction avec du muscle. Il proposait de me prendre soit un morceau de muscle du dos, du grand dorsal, avec très peu de conséquences fonctionnelles disait-il, soit un bout de muscle de l’abdomen, le grand droit, pour le coup muscle plutôt utile à mon sens. Et puis pour une reconstruction bilatérale j'imagine que c'est un (ou deux) "gros morceaux" de muscle qu'il faut...

Mon dos, j’y tient, avec le différence de poids depuis la perte d’un sein, j’ai suffisamment mal au dos pour ne pas avoir envie de l’affaiblir et je ne veux pas d’une cicatrice dorsale, ais-je expliqué.
Le monsieur de m’expliquer alors, avec une infinie patience la méthode avec le muscle abdominal, enlevant 30% du muscle de chaque côté et réduisant mes chances de retrouver une activité physique et sportive normale...

Oui, oh lecteur, lectrice, tu as bien compris la logique de la chose, on prends du muscle, donc forcément un truc qu'on imagine volontiers utile quelque part, pour faire de l’esthétique...

Devant mon air dubitatif il sourit, patiemment et m’explique qu’il existe encore une autre technique, plus difficile mais qui lui ne sais pas la pratiquer, que avec cette technique on ne prends pas de muscle, juste de la graisse.

Il me propose de me donner l’adresse du chirurgien capable de pratiquer cette technique là. Je prends l’adresse mais veut quand même un RDV avec lui pour m’opérer, au cas où son collègue refuse, que je ne me fasse pas trimballer encore pendant un an.

Il refuse en souriant et insiste très fortement pour que je vois son collègue d’abord, avant de me décider...

Avec du recul, je repense à ce chirurgien et à cette entrevue. Je ne le remercierai jamais assez, il a été très bien et m’a rendu un grand service.

Je suis allée voir sans tarder le fameux chirurgien capable de me reconstruire une poitrine sans me laisser handicapée. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un RDV rapidement.

L’homme est à l’hôpital Henry Mondor, assez compliqué d’y aller en voiture et impossible de se garer quand on arrive...

J’arrive donc en retard à mon RDV après avoir tourné longtemps pour me garer et avoir erré dans les couloirs, il est là, à l’heure (lui) et m’attends avec le sourire.

Ca a été la rencontre de ma vie de cancéreuse qui m’a réconciliée avec le corps médical du secteur!
Un homme extraordinaire. Je lui ai raconté mon parcours. Il m’a donné raison sur bien des choses. Lui, ça ne le choque pas que je cherches à savoir où les soins me mènent et à quoi sert ce que l’on me fait ou me fait prendre, que je cherches à comprendre et à anticiper, il trouves cela juste normal et sain...
Chose incroyable pour moi, il me donne son e-mail pour si j’ai d’autres questions ! Alors qu’à l’autre institut mon Oncologue avait été choquée que j’ose lui envoyer un mail et m’avait dit que j’avais des manières trop “américaines”.
Un grand changement...
Il m’explique la méthode du DIEP.

Bon, alors je vais expliquer brièvement et renvoyer à une super association qui explique cela en détail. Donc pour celles qui voudraient tout savoir voir ICI.

En gros, il s’agit de me prendre la graisse (généreuse) de mon ventre avec des vaisseaux sanguins et de me regreffer cela bien modelé en une jolie paire de seins.
Avec de la peau du ventre, pour le côté où il y a eu l’ablation, et en conservant la peau extérieure pour le côté qui reste et dont il va m'ôter les glandes mammaires trop à risque de nouveau cancer. Certes il restera un petit risque de départ de cancer à partir de cette peau, mais, dit le chirurgien, le risque est faible et la peau étant visible, si cela arrivait cela se verrait facilement contrairement à un départ de cancer à l’intérieur de ma glande mammaire qui est suffisamment opaque pour avoir résisté à deux échographies avant qu’on ne voir la bête (et oui, 3 à 5 % des cancers sont dits “occultes” car ne se repèrent pas à l’imagerie, c’est une question de structure de certains seins et j’ai la malchance d’être dans ce lot).

Donc ce sont des organes vivants, je grossit, ils grossiront, maigris, ils maigriront, vieillit, ils s’affaisseront. Pas de corps étranger, pas de différence de température, pas de perte musculaire, aucune restriction sportive et il passera par la cicatrice de ma césarienne qu’il élargira. De plus, il pense que cela améliorera le problème lymphœdème sur mon bras gauche (je n'ai pas encore compris pourquoi mais lui demanderai de m'expliquer).

En gros, le monsieur il m’offre une reconstruction totale de mon buste, avec une abdominiplastie, ablation du sein à risque et reconstruction bilatérale, sans AUCUNE séquelle voir en diminuant les séquelles que j'ai actuellement...
Puis le monsieur, comme il est le seul dans la région à savoir faire cela, il ne pratique aucun dépassement d’honoraire parce que, dit il il aurait sinon l’impression de trahir le serment d’Hippocrate !

Inconvénients, très grosse chirurgie (7-8 heures d’anesthésie) et risque que la greffe des vaisseaux se bouche dans quel cas ben il faudrait m’enlever la construction...

Je suis sortie de là avec une date d’opération arrêtée au 9 mars, le Monsieur m’a totalement convaincue. Depuis mon esprit gamberge...

Je suis passée d’un désintérêt pour la reconstruction mammaire à l’acceptation de 8 heures de chirurgie pour me refaire un buste, ce n’est pas banal !

Je reviens sur mon désintérêt pour la reconstruction...

Il y a un sentiment qui a prédominé pendant longtemps, c’est celui de l’urgence. L’urgence de SURVIVRE. Et tant qu’on n’avait pas accepté cette ablation de l’autre sein je ne pouvais pas penser à autre chose qu’à l’angoissante question de quoi faire pour augmenter mes chances de survivre... Dans ces condition l’aspect esthétique m’était totalement étranger.

En plus je ne considère pas vraiment les seins comme un attribut indispensable, une fois l’allaitement de mes enfants fini. A partir de là, il ne semble pas logique de faire le choix de souffrir à nouveau, prendre un risque opératoire pour de l’esthétique n’est ce pas ?

Il y a une personne qui m’a dit la phrase qui a fait mouche... “Qu’en pensent tes enfants?”.
De fait, mes filles m’ont dit toutes les deux qu’elles préféreraient que j’ai à nouveau des seins, qu’elles me trouveraient plus jolie.

Mes filles ont 7 ans. En dehors de leur avis de petite fille, il y a une chose qui me tracasse beaucoup, c’est ce que je vais leur laisser par rapport à l’image de leur propre corps de futures femmes et comment elles vont réagir quand, dans quelques années, leurs seins vont commencer à pointer. Et là je pense que ce que moi je vais faire ou ne pas faire sera capital dans leur perception des choses, d’autant qu’elles comprendront tôt ou tard qu’elles pourraient aussi être concernées par un cancer du sein...

J’ai été obligée, pour mes filles, de pousser mon raisonnement jusqu’au bout. Qu’est ce que leur Maman leur faisait passer comme message en pratiquant l’ablation de ses deux seins et en refusant une reconstruction ?

Aie !...
N’est ce pas...

Même si je voudrais croire que les seins ne sont que des glandes mammaires utiles uniquement à l’allaitement et sans rapport avec la beauté physique de la femme et sa sexualité, je ne me sens pas la malhonnêteté ni le droit de transmettre ce seul message là à mes filles.
Elle sont belles comme des soleils, elles ont des corps parfaits et bientôt elles auront des corps de femmes, je veux que, en grandissant, elles se sentent belles, sexuellement attirantes et sans peur panique de leurs poitrines.

Force est de constater que leur regard dépends du mien... Y compris dans leur peur du cancer la façon dont je vais me reconstruire à présent dans mon corps de femme va leur montrer le chemin.

Et moi, pourquoi je ne voulais pas de reconstruction ?
En dehors de la simple logique de faire passer l’esthétique après ma santé, à partir du moment où j’ai une formule qui ne m’insère pas de corps étranger et qui ne me prends pas mes muscles, pourquoi refuserais je ?

J’ai fais le chemin un peu plus loin. Celui de mon propre regard sur moi même. J’ai compris que mon refus tenais de l’abandon de mon corps de femme, de ma sensation d’être devenue irrémédiablement moche et sans attrait. Une façon de regarder mes cicatrices comme des témoins de ma guerre personnelle, avec cette fierté douloureuse d’être marquée à vie par la bataille.

J’ai pensé à mon chum qui m’aime infiniment, qui a tout traversé avec moi et qui attends patiemment que je redevienne sa FEMME.

Oui, j’ai fais mon chemin et je me suis dit que l’heure de la reconstruction a sonné...

Bon et puis le “détail” qui tue, mesdames, au prix de l’élargissement de ma cicatrice de césarienne d’une hanche à l’autre, j’aurai LE VENTRE PLAT A VIE !!!! :-D

mardi 12 août 2008

En quête de Bouffons

C'etait au coeur des vacances, entourée de l'amour de mon mari et de mes enfants... Nous nous sommes arrêtés sur une petite place, un lieu de pélérinage dont j'ignore encore l'histoire. Il y avait là un arbre magnifique, immense, rafraichissant, majestueux.

En un éclair l'angoisse de la mort m'a embrasée. Terrorisée, je me suis imaginée serrer ce tronc dans les bras et rester là à attendre le salut accrochée à cette bouée merveilleuse.
Une autre pensée m'a traversée l'esprit, celle de l'enfant capricieux qui ne veut pas quitter son jeu. Moi l'enfant qui ne veux pas quitter sa vie refusant d'aller avec la mort qui vient me chercher.
Mon coeur battait très fort et je lui ai parlé mentalement comme un parent console l'enfant apeuré.

-“N'ai pas peur, mon coeur, pensais-je, ton corps n'est que de la chair, à ta mort cette chair ira nourrir d'autres vies, des plantes des parasites, des arbres comme celui que tu voudrais embrasser et par le jeu de la vie cette énergie transformée vivra sous d'autres formes”.

Mon coeur à commencé à se calmer mais l'image m'est venue de ces tombes stériles où nous arrivons encore à polluer la terre de béton et refuser notre chair aux autres vies, à la crémation à la mode et que j'envisage qui pollue plus encore.
Ma pensée à voulu caresser encore ce coeur affolé.

-"Je demanderai à ce que cette chair soit rendue à la terre, sans béton, sans pollution, sans tralala".

Mon coeur se calme, ma pensée quitte le bel arbre et je songe à ces étranges émotions. Je nous vois, grains de poussière dans l'histoire, que nos vies sont dérisoires pourquoi les regretter ? Je pense à mon corps qui renouvelle presque toutes ses cellules en trois mois, me suis-je jamais inquiétée de ces cellules qui me quittent ? Pourquoi donc alors s'inquiéter d'un corps qui n'est rien de plus que cela des cellules mortes qui se séparent ? Non, je dois laisser les vivants gérer leurs émotions par l'enterrement qui les rassurera le mieux.
Je souris, je vois dans cette peur un instinct du vivant, un simple instinct utile à la survie de l'espèce, rien de plus.

Je souris avec indulgence à ce coeur enfant qui accepte enfin la raison.

Je savoure l'amertume de cette coupe qui m'offre la liberté absolue de regarder la vie en face.

Merci à cette étrange maladie où mon corps se rebelle contre lui même car je n'ai jamais plus progressé qu'en ces moments de peur, j'en viens à me demander ce que je pourrais bien faire de cette vie si elle avait la farce d'être finalement longue ?
Oh là, n'est ce pas là une pensé de Nietzsche que la souffrance est la seule cause des dépassements de l'homme ? Non je ne peux penser cela, je voudrais que l'amour soit lui aussi un moteur... Mais je vois pourtant.

Mais quelle étrange vie vivons nous donc. Vaine, égoiste, polluante, recherchant la possession d'objets, la gloire auprès des autres. Pourquoi donc ?
Nous pourrions posséder tous les objets du monde que cela ne changerait rien, la mort nous emportera et rendra ridicule cet amas de possessions dérisoires.
Nous n'aurons au passage que plus pollué le monde et détruit l'équilibre de vies fragile dans lequel nous laissons des enfants.

Je vois ces foules proclamer la gloire d'artistes puériles, où est donc la quête de beauté ?... On ne vends que des objets de profit, pourquoi faire ?

Je vois les puissants du monde attirer les regards par leur vanité. Que regardez vous donc ?

C'est dommage que la pratique des grands d'aimer et protéger un bouffon ait disparue, elle me semblait salvatrice. Je repense à Alexandre le Conquérant, du haut de sa puissance respectant l'étrange et cynique Diogène vivant dans une amphore... Qui autour de nous inspire le respect par sa simple pensée ? Où sont ces maîtres exemplaires ?

Et vous, Maîtres, où sont donc vos bouffons ?

vendredi 11 juillet 2008

Le grand vide

Envie de RIEN même pas de dormir. Degré zéro des émotions...
Je me dis "je dois déprimer, sûrement". Mais non, je ne me sens pas triste, il n'y a rien en particulier qui n'aille pas, je suis juste "vide" et fatiguée...

Vivement qu'un beau bébé vienne éclairer cette ambiance, aller mon neveux, décides toi !

lundi 2 juin 2008

Que sont les Vanités devenues ?


Il y a quelques mois, au début de la chimiothérapie j’écrivais cet article “carrefour des vanités”, on y voyait mon regard et toutes les vanités de l’être qui se veut immortel...
Après 6 chimiothérapie et une sérieuse remise en question, qu’en est-il ?

Je suis toujours vaniteuse... mais l’objet de ma vanité à profondément changé. Etrangement en perdant mon immortalité j’ai acquis une incroyable confiance en moi. Je crois que ce qui a changé c’est que le regard des autres n’est plus une crainte ou un enjeux.
Je ne suis ni gentille, ni méchante, ni belle, ni moche, ni intelligente, ni stupide, ni bonne mère, ni mauvaise mère, ni rien du tout en fait. Je me sens juste incroyablement humaine... Et vous tous aussi je vous sens seulement humains, jeunes ou vieux, d'où que vous soyez je nous vois très similaires.
J’ai cette vanité de ne me sentir au dessus ou en dessous de personne, les maîtres sont mes égaux et ceux qui se placent en dessous n’ont juste pas compris qu’ils sont pareils...

Ce que cette mortalité m’offre c’est une incroyable et profonde liberté !
Etrange processus, je le goûte sans avoir encore compris ce qui se passe, l’être mortel est profondément libre... pourquoi ?

vendredi 16 mai 2008

Prise en défauts

Ma'Cha a osé me Tagguer, MOI !
En plus c'est un truc terrrrible, je dois me trouver 6 défauts.
Comme si je pouvais avoir 6 défauts moi, ffffft.

Bon alors j'ai pioché dans mon entourage et (sous la menace) mon Chum a été gentiment volontaire pour me citer quelques "contres-qualités"...

Parait que je suis (parfois un tout petit peu) "Prise de tête"... Avec toujours des questions existentielles impossibles... Vous aviez remarqué ça vous ?

Et puis je suis sourde quand je lis... Quand je suis concentrée, en particulier quand je lis, le monde peut s'écrouler et mon chum hurler mon prénom, je n'entends RIEN !

Bien évidemment je suis aussi "Blog-addict"... dit mon chum adoré, mais bon sans ça vous ne me liriez pas !

Et un vrai problème, je ne supporte pas les pleurs des enfants... C'est viscéral, les pleurs d'enfants sont insupportables pour moi, cela me crée une dose de stress inimaginable.

Puis je suis un tout petit peu GOURMANDE... hummmm le chocolat, c'est trop booooonnnn.

Et pour finir, méfiez vous je suis opiniâtre.... Outch, si je suis convaincue de quelque chose je persévère quelque peu...

Voilà voilà... On m'a demandé 6 défauts, n'est ce pas, pas de préciser les pires ;-)
Puis avant qu'on s'entre-tue je refile la chose à mon Chum
(gnark gniark).

lundi 21 avril 2008

A regarder mon fils


Il pleut. tout à l’heure le petit rayon de soleil m’a permis de planter quelques graines de Kokopelli qui venaient d’arriver, tandis que le petit allait faire un tour de manège avec sa Mamie. Puis je me suis effondrée de fatigue, j’ai cherché le sommeil, vainement une fois de plus. Toutes ces petites douleurs que j’arrive à dominer en concentrant mon attention sur autre chose se mettent à hurler ensemble dès que mon corps se relâche, nulle position ne me permet le repos.
Je quitte le lit pour aller m’installer dans le fauteuil du salon, mon fils est dans la salle de jeux attenante, il joue avec des petites voitures.
Je reste là dans ce fauteuil sans rien faire, trop fatiguée même pour lire.
Cinq minutes plus tard une voiture apparaît sur le tapis du salon, puis une autre, une autre encore, un cheval, un nounours, mon fils trimbale subrepticement tout son barda pour s’installer devant moi.
Je ne dis rien, je regardes faire avec délice ce petit bout d’homme de 2 ans 1/2. Son jouet phare semble être cette grosse Cadillac grise que son grand père lui avait un jour déposé dans les mains en souriant. Elle fait le tour du propriétaire, monte le long du canapé en passant exactement à l’endroit où un bout de tissus touche par terre, c’est la route, elle roule le long du creux du canapé, il enlève consciencieusement tous les coussins pour que la route soit bien lisse, elle repasse par la même route pour descendre du canapé et va s’aligner le long d’un “pistolet-tournevis”. Chacune des autres voiturettes va suivre exactement le même parcours, avec les bruitages adaptés, avant d’aller s’aligner exactement à côté de la Cadillac. c’est important l’alignement, rien ne doit dépasser ! La Cadillac repars, elle passe sur des ponts, les coussins jetés par terre, puis elle se dirige tranquillement vers mon fauteuil et remonte le long de ma jambe, un nouveau pont, elle redescends par l’autre côté, “deux ponts“ précises t-il. Je ne dis rien, je le laisses continuer, je suis entièrement absorbée dans la contemplation du jeu de mon petit homme.
Plus tard, je m’allonge sur le canapé. Il me regardes et fonce dans la salle de jeux, il en revient avec un énorme coussin qu’il me fait mettre sous la tête. “Dodo Maman?” dit-il, puis il m’enlève mes chaussons et repars pour revenir avec un autre gros coussin qu’il me place sur les jambes, un plaid aussi et enfin tous les coussins qu’il a pu trouver se sont retrouvé sur Maman. Il regardes son œuvre satisfait. “Dodo Maman!” déclame t-il enfin. Je réclame mon bisou d’avant le dodo, un énorme bisou baveux atterrit quelque part vers mon œil et il re-part à son jeu.
Le petit cheval en plastique ramené de la foire devient tour à tour personnage qui “monte” dans la voiture faire un tour, enfant devant un Papa cheval en plastique, voiture, qui se gare dans le même alignement que les autres et enfin mur du garage de la Cadillac. J’ai bien trop chaud sous les oreillers, je tente de men débarrasser subrepticement. Il m’a vue, il vient se coller à moi. “Maman, y-est-ou Papa?”, son père est en congrès à Oxford pour une semaine, je ré-explique, Papa travaille, il va revenir dans quelques jours, tout à l’heure il te parlera au téléphone. Il réclame ses soeurs aussi puis retourne jouer. Tout a coup il revient vers moi “a-en-bon”. Je devines que ça sent bon, je viens de sortir du four le gâteau de Yaourt que Sa Mamie nous a fait. Moi je ne sens rien, ni goût ni odorat, c’est très étrange et désagréable comme sensation. Tu en veux du gâteau ? Oui bien sûr qu’il en veut. Le gâteau est chaud, je lui demandes d’attendre un peu. “A faud ateau ?” Me dit-il...
Ah mon bonhomme si tu veux manger du gâteau il faudra me le dire correctement, GATEAU. “AAATEAU”. Je lui met sa main sous ma gorge, GA, GA, vas y. “GAAAAATEAU”. “A faud GAAAAAteau”. Je vois qu’il est très motivé, je lui pince doucement la bouche, pas faud, CHaud, il essaye et finit par y arriver “A CHaud GAAAteau”. Bravo mon coeur il est tiède maintenant tu l’as bien mérité. Il mange son gâteau et je retourne sur le fauteuil. Maintenant les voitures prétendent toutes devoir se garer sur le repose pied de mon fauteuil, quitte à pousser les pieds de Maman qui gênent. Je proteste pour la forme, il rigole de bon cœur, non, c’est là Maman nul part ailleurs ne serait aussi bon que là tout contre sa Maman.