Ca fait longtemps que je me dis que je devrais raconter un mercredi, rien que pour m’en souvenir plus tard où pour comprendre pourquoi je me sens si fatiguée en dehors du simple fait de ne dormir que 4 heures par nuit...
Alors voilà, mes mercredi de Maman, qui doivent ressembler à ceux de beaucoup d’autres mères... Oui je sais le politicalli correcte serait de dire ici “parents” ou “mères et PERES” mais des pères, je n’en vois quasiment jamais aucun les mercredi alors je n’aurais pas cette hypocrisie là...
Chaque année en début d’année scolaire, il y a le redoutable moment où on aborde la question des activités extra-scolaires des enfants, ce moment où l’ambition démesurée des gnomes qui veulent tout faire, tout essayer se combine à la culpabilité naissante du Papa qui sais bien au fond de lui qu’il n’aura pas le temps de leur faire faire plus d’escalade ou de natation et qui voudrait bien compenser d’un moyen ou d’un autre et se heurte à la frayeur de la Maman qui elle sait qu’elle sera le chauffeur et plus et qu’elle est déjà fatiguée rien que d’y penser.
Alors on a réduit à une activité sportive par enfant... Ce qui fait trois, dont une , l’activité de M. qui est 2 fois par semaine (mardi et vendredi), donc 4 sorties sportives dans la semaine...
Et là dessus il y a toujours un imprévu et cette année cela a été la demande de mes fille d’être baptisées...
Oui je sais cela mérite un post entier et ceux qui nous connaissent ont tous bien rigolé. Enfin bref on a accepté leur démarche et donc rajouté d’un coup et l’éveil à la foi et la préparation au baptême posés comme condition par le corps religieux pour accepter la démarche des puces...
Ensuite il y a eu la dépression de ma puce M. et donc psychologue le mercredi.
Oui vous commencez à cerner mon programme du mercredi.
Vous ajoutez que mon chum est au Japon en ce moment donc maman toute seule devant l’ampleur de la tâche.
Mon mercredi commence la veille au soir, quand je prépare d’avance la table du petit déjeuner et les vêtements du plus petit pour essayer de gagner une demi-heure sur l’heure du lever...
Ce matin, donc, nous étions un redoutable mercredi.
A 7 heures pétantes, appel du petit loup qui avait son lit trempé... Il est dans l’acquisition de la propreté la nuit et il y a encore des petits accidents.
Donc douche du petit, défaire son lit, habiller le petit, et vite replonger 5 minutes dans mon lit avec le petit qui saute à côté et ses sœurs par le bruit des câlins attirés qui se précipitent.
C’est mignon tout plein environ 2 minutes, juste avant que S. ne se mette à hurler parce que M. lui a mis son pied sur sa joue et que Titi hurle à plein poumon qu’il ne veut pas de ses sœurs et essaye de les pousser donc nouveaux hurlements de S. et chouinerie de M.
Ya pas de doute faut que je me lève.
Je descends faire chauffer le lait, décongeler le pain, mettre la confiture sur la table, prendre mes médicaments, préparer le biberon de lait du petit, faire chauffer mon thé.
Mes puces ont la gentillesse d’en profiter pour donner à manger aux chats.
Puis les puces se mettent à table tandis que le Titi réclame un biberon câlin dans les bras de Maman. Ensuite nous rejoignions ses sœurs.
S. râle parce que le miel et trop épais mais refuse le miel liquide que j’ai posé à côté, elle racle consciencieusement sa tartine près du bord de la table si bien que le miel tombe sur sa chaise et le sol... Pendant que je râle en allant chercher l’éponge, Titi entreprends de se servir lui même du jus d’orange et renverse son verre...
Aller, fin du petit dej. faut vite aller s’habiller.
ARG j’avais oublié les draps pleins de pipi, vite je lance une machine et demandant aux puces de ne pas traîner. Quand je remonte, elles n’ont évidemment pas commencé à s’habiller.
Je leur propose une course avec moi, la première habillée à gagné... Cela accélère un peu le mouvement. Une fois habillée, je réalise que j’ai oublié un truc important du mercredi et j’enlève ma chemise de façon à prendre soins d’enfiler mon manchon sous mes vêtements.
Aller hop, tous habillés je range rapidement la table du petit déjeuner pendant que les filles cherchent des chaussettes, c’est pas croyable cette histoire de chaussettes toujours dépareillées dans cette maison...
Je fini d’habiller le petit et tous dans la voiture.
J’installe les 3 enfants.
Le pare brise est complètement recouvert d’une bonne couche de glace.
Je me maudit de ne pas y avoir pensé avant, met le chauffage à fond et sors racler la glace.
Ca y est on peut partir, go pour la première activité de la journée, la préparation au baptême.
Quand je pense que moi je les amène là... Enfin ça leur plaît puisqu’elles insistent.
Hop je dépose les jumelles au presbytère et Titi et moi on remonte dans la voiture, on a nos petites habitudes, le mercredi matin c’est le jour où nous faisons nos courses au magasin bio (ça y est Nadu va encore me traiter de “Granola” ;-)). Puis j’espère avoir le temps de passer à la poste vu que la veille le colis que j’attendais est arrivé pile poil pendant que j’étais à l'hôpital donc faut aller le chercher.
Impossible de se garer, nous ne ferons que le magasin bio je devrai aller à la poste demain. J’essaye de trouver un miel crémeux, facile à étaler pour S.
Nous retournons chercher les puces. Aujourd’hui pour la première fois je n’aurai pas à foncer ensuite pour amener M. chez la psy, ma puce a retrouvé le sourire et ça s’est fini la semaine précédente (ouf).
Nous rentrons à la maison. J’attends une copine et ses deux morpions, on fait ça de temps en temps, manger tous ensemble le mercredi, avec les 5 gnomes et de la malbouffe facile.
Ah ben non, coup de fil, elle est coincée car doit garder son neveux qui est trop grand pour apprécier se retrouver avec autant de petits, ce sera pour mercredi prochain.
Bon, alors j'enchaîne sur le repas.
Titi veut absolument étaler ses voitures dans le passage, S. râle parce qu’il a fait tomber sa construction en Kapla en passant et M. renchérit qu’il les embête tous le temps. Le temps que j’évite le pugilat général la viande brûle dans la poêle... sic...
Bon aller petits pois-carottes yaourts à la crème de marrons et fruits !
Fin du repas, je préparer moralement Titi au fait qu’il va aller au lit et M. et S. au fait qu’elle vont faire leurs devoirs. Titi hurle aussitôt “je ne veux pas faire dodo” et les filles râlent qu’elles n’ont jamais le temps de jouer.
Je leur donne un petit temps de jeu supplémentaire, le temps de ranger et nettoyer la table.
Titi proteste de plus belle, je désamorce la crise en faisant semblant de lui croquer les jambes et les fesses dans l’escalier s’il ne monte pas assez vite. Il rigole mais négocie quand même... “Rien qu’un tout tout petit dodo Maman”...
Je souris en lui répondant “mais oui mon chéri, un tout petit dodo”, je sais bien qu’une fois endormi il en a au moins pour 2 heures.
Il faut encore négocier qu’il ne passe pas 1/2 heure à traîner aux toilettes avant et vérifier où il a laissé son nounours indispensable pour dormir.
Skype sonne... C’est la Papa qui appelles du Japon...
Je redescends avec le petit qui serait trop déçu de ne pas avoir vu son Papa et le fait discuter en premier puis le remonte au lit pendant que les filles papotent avec leur père.
Je redescends, discute un petit peu moi aussi avec le chum qui est fatigué par ses 9h de décalage horaire.
Bon maintenant les devoirs.
S. m’annonce qu’elle n’a que de la lecture à faire mais qu’elle à oublié son livre de lecture à l’école...
Je soupire, OK, va chercher un livre que tu aimes dans ta chambre et lis le.
M. a une évaluation sur les additions le lendemain. Je vérifie si elle a tous bien compris, elle fait tout facilement, je lui dit qu’elle est une championne, elle veut avoir elle aussi le temps de lire un peu, elle est passionnée par la série “la cabane magique et en est au tomme 8”.
Je les laisse lire tranquillement et vais (enfin) me faire un petit café...
Puis je redescends m’occuper du linge, lancer une nouvelle machine, mettre l’alèse du petit à sécher sur le fil, finir de ranger la cuisine.
Petite pause sur mon ordi.
Titi se réveille grognon, il veut que je vienne mais ne veut pas sortir du lit. Je le laisse se décider, il va pleurer pendant 1/2 heure et se mettre à hurler quand je lui demande ce qu’il a.
Je descends rapidement prendre un anxiolytique que j’avais oublié de prendre, cela décuple sa colère.
Finalement il n’acceptera de descendre que si je le porte dans les escaliers. Je cède en espérant que mon bras ne gonflera pas.
Aller, faut prendre le goûter et se mettre en tenue, S. A 2 heures de Gym des poussines et Titi le baby gym. C’est bien sûr dans des salles qui se trouvent à l’opposé dans la ville...
Je vérifie que chacun ait sa bouteille d’eau et que M. a pris son livre, hop ranger le goûter, hop nettoyer la table, hop les chaussures, les pulls les anoracs, hop dans la voiture, hop soulever le petit pour le mettre dans le siège auto, hop l’attacher, hop vérifier que les filles ont enlevé leur anorac dans la voiture et se sont attachées et zou !
Mince on va être bien trop en avance !
Je propose aux enfants de faire un détours par le centre ville pour aller admirer les décorations de la ville et des boutiques. Enthousiasme général.
On s’amuse à regarder les décorations, M. remarque que les sapins sont des vrais, coupés, elle proteste contre la ville qui coupe des arbres...
Aller ça y est on peut aller à la gym.
Chance la prof de gym arrive en même temps que nous, je lui demandes si je peux lui laisser déjà S. de façon à ne pas avoir à sortir le petit de la voiture. Elle accepte gentiment du coup je peux repartir rapidement, il faut amener Titi à son cours.
Le cours de Titi est ce que je déteste le plus...
Une dizaine de gamins de 2-3 ans et un grand frère de 4-5 ans toléré à ce cours parce qu’il le fait en même temps que sa petit sœur et que ça arrange sa Maman. Gamin infernal qui bouscule constamment les plus petits et Maman qui laisse tout faire.
Aujourd’hui j’aurai la joie de voir enfin la prof de gym des petits les remettre en place.
Je déteste aussi ce cours parce que les parents sont priés de rester vu qu’il faut tenir les loupiots sur des agrais, trampoline, barres, leur faire faire des galipettes avant et arrière sur des plans inclinés etc...
Évidemment pour moi et mon lymphœdème c’est une horreur.
Mais le Chum avait dit qu’il irait régulièrement lui le faire faire au petit et ça titillé ma culpabilité de mère de ne pas faire faire quelque chose à Titi alors que, au même âge j’avais fait l’effort pour ses sœurs. Et évidemment le Chum ne peut pas y aller, et évidemment maintenant que c’est commencé c’est difficile de dire à Titi que non je ne l’y amènerai plus et oui je suis très faible devant mes enfants...
Bon et puis j’ai oublié mon manteau, il fait 3 degrés... Je sors, les enfants veulent courir dans la rue, je refuse leur demande d’attendre qu’on soit dans le stade pour cela, Titi hurle et tire sur mon bras pour que je le lâche.
Ils peuvent enfin courir, j’allonge le pas derrière, je réalise que j’ai mal dans la poitrine et essaye de vérifier rapidement si j’ai ma Ventoline dans mon sac. Oui, ouf...
On arrive à la salle, le temps que je me shoote avec ma Ventoline, Titi surexcité commence à monter sur les bancs.
Faut le calmer, je menace qu’on reparte.. Il se calme. Les deux enfants habituellement infernaux s’amusent à sauter des bancs par terre, dans un boucan d’enfers, tandis que la prof essaye de finir le cours précédent. Titi me fait remarquer que eux ils ont le droit et pas lui...
Bon aller c’est le cours. 10 gamins surexcités... vous n’avez pas besoin d’un films n’est ce pas...
Ma puce s’installe gentiment dans un coin avec son livre.
Fin du cours, Titi est toujours aussi surexcité. Après une heure à crapahuter il a encore envie de grimper sur le banc... Sic. Je dois lui courir après et les supplier tous les deux de me laisser une minute pour aller aux toilettes... Heureusement que ma puce est là quand même.
Nous repartons chercher S. la nuit est en train de tomber, j’ai encore plus froid. Vite la voiture.
Nous arrivons en avance, le cours de S. n’est pas fini. Titi toujours survolté veut absolument jouer dans les escaliers tandis que j’essaye tant bien que mal d’avoir une conversation normale avec une maman que je croise souvent mais avec qui j’ai rarement l’occasion de parler.
Aller, S. a fini, nous pouvons rentrer à la maison, il est presque 7 heures et je n’ai rien préparé pour le repas...
Les puces se disputent pour savoir qui va ouvrir la porte de la maison, Titi hurle qu’il veut traverser la rue sans donner la main...
Les filles sont gentilles, elles proposent spontanément de prendre une douche rapide pendant que je préparer rapidement un repas, Titi en profite pour étaler tous les Kapla par terre pour faire des parkings pour ses voitures...
Repas du soir, les enfants sont fatigués et râleurs, moi je suis si fatiguée que j’en pleurerais mais je continue à faire bonne figure, je sais que les petits ne peuvent pas comprendre.
Repas rapide et je les fait monter se laver les dents, je leur promet 2 histoires s’ils se dépêchent.
Tous sur le grand lit des parents pour les histoires, moment de calme avant le lit...
Tournée des bisous. M. me réclame une tisane, que sinon elle aura du mal à dormir. Je râle que moi aussi je suis fatiguée qu’elle n’a qu’à fermer les yeux. Elle n’insiste pas.
Ouf, ils sont couchés, il est 20h30...
Je redescends relancer une machine de linge et débarrasser la table. Au passage je lance une casserole d’eau chaude et fais une tisane. J’ai des remords, M. a été tellement adorable toute la journée. Je remonte dans sa chambre avec une petite tisane...
Aller, il faut au moins enlever les voitures qui sont dans le passage pour éviter de tomber. Tiens des feuilles par terre. Oh, j’ai oublié d’arroser les plantes depuis plusieurs jours... Je m’occupe des plantes.
Je met la table du petit déjeuner de demain matin, je sors des chaussettes appariées j’ai oublié de préparer les vêtements du petit mais tant pis, par contre il faut que je préparer une alèse et des draps de rechange au cas où il y aurait encore un accident cette nuit.
La cuisine n’est pas impeccable, j’ai même laissé une casserole sale. Il y a des jouets par terre. Je n’ai plus de courage. Je me rappelles que demain, pour la première fois, j'aurai une aide de "l'aide aux mères" et je me dis lâchement qu'ils m'aideront à ranger.
Je m’assied devant l’ordinateur. Ma tisane est froide. J’ai reçu à relire les statuts de l’association “Valeurs Africaines” que nous sommes en train de fonder avec famille et amis au Sénégal. Je sais que mon père attends que je le fasse avec impatience alors je commence par cela.
Mon bras me fais mal... C’est le manchon qui serre ce qui veut dire que le bras à gonflé. Je m'en veux. Je me dis que si ma mère lis ces lignes ça va l'énerver de voir que je n'arrive pas à gérer ce bras et à baisser mon rythme. Je me sens si coupable de ce que les enfants ont dû encaisser à cause de ma maladie, je me dis que si je devais y passer que au moins ils aient eu une Maman normale.
Je sais c'est stupide comme raisonnement.
J’écris ces lignes pour raconter et me relaxer, je me sens très fatiguée, c'est un exploit de ne pas avoir crié dans la journée et je pense que c'est grâce aux anxiolytiques que j'y suis arrivée.
Quand je relis je me dis que oui, c’est un bon rythme mais j'ai souvent l'impression que les autres Mamans y arrivent sans problème, les autres Mamans, elles, elles ont souvent l'air gaies et dispo...
Alors pourquoi moi j’aurais du mal ?