Depuis la rentrée, on cause de choses diverses, comme des activités associatives, de prévention pour moi, d'ablation, de temps qui passe trop vite, mais j'ai gardé pour moi mon plus gros soucis.
Aujourd'hui je vais décharger un peu puisque mon blog sert aussi à cela...
Ce sont mes petites puces, qui ont 7 ans me font soucis. En particulier ma petite M.
Depuis la rentrée elle s'est effondrée psyhologiquement. Elle est restée figée, devant sa feuille, n'a rien fait, rien écouté, rien écrit, elle pleure quand on l'interroge, elle est extrèmement lente, il faut lui répéter les consignes moins 10 fois avant qu'elle ne réagisse.A la maison c'est pareil.
Evidemment j'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'une dépression, je l'a amenée à une collègue très compétante, et ça commence à aller mieux. Les choses sortent... Ce qui a démolis ma petite puce, c'est l'accumulation du stress de ma maladie et le coup de grace a été le prolongement de ma radiothérapie cet été. Je devais la rejoindre chez ses grands parents fin juillet mais mes soins se sont prolongés jusqu'à fin Aout. Alors ma puce a eu peur. Une peur indicible, terrible, peur de ne pas revoir sa Maman... Le traumatisme est profond et il faudra du temps et de la patience pour retrouver sa joie de vivre.
Je me sens terriblement mal de cela. Lui ais je mal expliqué ? Je lui ai pourtant téléphoné très souvent, suis je pas assez douce, pas assez patiente, pas assez je ne sais quoi ?
Terrible sentiment d'une Maman qui sait que son enfant a souffert à cause de sa maladie à elle... Terrible faute que d'être la source de sa peine.
Je fais de mon mieux, je consacre à mes enfants le plus de temps possible, je les prends à midi pour que nous mangions ensemble, j'ai inventé une journée par semaine ou je ne prends qu'une des filles le midi pour qu'elles aient un moment privilégié avec moi, je suis là tous les jours à la sortie de l'école, à 16h30, je fais faire les devoirs, rattrappe les leçons non écoutées, les exercices non faits en classe, prends soins de les laisser jouer dans le jardin avant, fais des repas équilibrés avec des produits sains, invite leurs camarades, fais faire du sport... De façon surprenante (pour nous, quoi que quand je me relis, je le comprends) mes filles ont demandé à être baptisées. Nous avons accepté et je dois rajouter dans l'emplois du temps la préparation à cette cérémonie.
Je ne sais plus quoi faire pour réparer cette déchirure dans le coeur de mes enfants, cette fenêtre ouverte sur la mort possible de ceux quelles aiment et sur la leur aussi. Je me suis engagée dans une tâche impossible car je sais bien que la réparation n'aura pas lieu. L'acceptation, peut être...