Encore une de mes questions métaphysiques tordues vous allez dire…
Mais quand même, il y a un truc qui m’interpelles dans notre belle société, c’est cette incroyable quête du bonheur.
Quand je bossais à l’hôpital je demandais toujours la liste des traitements pour les bilans neuropsy, il y en a un grand nombre qui empêchent de « penser » correctement malheureusement. J’ai toujours été hallucinée par les incroyables listes de traitements que certains doivent prendre. Mais pourquoi tous ces antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, etc… ? Ils sont rares les petits vieux qui n’ont pas leur stilnox ou leur prozac… Et que répondre à une personne qui prends 3 traitements du genre et se plaint de ralentissement et de troubles de la mémoire ?
Des fois je me demandes que faire face à cela.
Prenons un cas que j’ai eu quelques fois à traiter, la vieille dame, seule, très déprimée, diabétique avec des difficultés à se déplacer… Elle arrive à l’hôpital pour son diabète et devant sa désorientation temporo-spatiale et ses troubles mnésiques elle est envoyée en bilan neuropsy.
Traitements ? Longue liste avec entre autre l’antidépresseur et le somnifère prescrits par le généraliste.
Est elle déprimée ? Oui, sans aucun doute.
Essayons de voir le point de vue du généraliste. Elle est seule et déprimée, les risques de suicide sont importants, elle refuse d’aller dans une maison de retraite, son souhait est de rester chez elle, elle ne va pas dans des clubs de 3eme âge, n’a plus d’amis… J’imagine qu’il ne voit pas d’autre moyens de l’aider que cette prescription.
Essayons de voir le point de vue de la dame. Elle n’a pas d’énergie pour entamer des activités associatives, elle se sent terriblement seule, ses compagnons sont la dame qui vient 2 fois par semaine faire le ménage, son chat et sa télé, elle consulte souvent les médecins qui sont gentils avec elle et prends scrupuleusement tous les médicaments qui lui sont prescrits.
De mon point de vue… la question qui m’est posée est celle d’un début de maladie neuro-dégénérative. Bilan neuropsy fait et on arrive sur les inévitables troubles discrets genre troubles de la mémoire antérograde, ralentissement psychomoteur, légère désorientation spatio-temporelle… Conclusion on ne peux rien dire sur un seul bilan et il faudra la revoir pour savoir s’il y a une discrète évolution ou non, en espérant que le traitement de son humeur ne soit pas alourdis d’ici là.
Que puis je faire d’autre pour elle ?
J’en discutais récemment avec une collègue qui me demandais pourquoi je ne conseillais pas dans ce cas une psychothérapie à la place des médoc…
- Une psychothérapie pour quoi faire ? - Pour la sortir de son isolement - me dit elle.
Je reste perplexe.
Oui oui je sais je suis psy à la base je devrais savoir ces choses là. Mais il me semble que ce qui est en jeu est bien plus vaste qu’une dépression liée à l’isolement.
Ce n’est pas une guéguerre de « les traitements » contre « les paroles ». Au fond ce sont là les mêmes sortes de dépendances payantes et elles se surajoutent aisément qui plus est.
Va t-on en la faisant parler une fois par semaine la sortir de sa dépression ?
D’abord il va falloir qu’elle se déplace, avec des problème moteurs c’est déjà incertain, ensuite qu’elle paye pour cela, et enfin qu’elle surmonte la phobie des psy qu’ont souvent les personnes âgées pour qui les psy soignent les fous et donc pas eux… Tout cela est déjà bien peu probable et pour quel résultat ?
Pourquoi est elle déprimée ? Parcequ’elle est seule ou bien pour la raison pour laquelle elle est seule ? Parcequ’elle est vieille ou bien parcequ’elle fait le bilan de sa vie ? Parcequ’elle est malade ? Parcequ’elle manque d’un élément ?
Il me semble qu’il y a encore un élément constitutif des dépression qu’on a tendance à oublier, c’est le décalage avec les attentes. On attends un certain bonheur. Une image quasiment stéréotypée du bonheur. Et notre incapacité à ressembler à cette image crée un malaise épouvantable.
Que faire pour une vieille dame triste ? Lui donner des médocs ? En quelque sortes l’empêcher de mal penser, de « triste » penser. Il faut penser « gai » ou « neutre » ou pas du tout c’est mieux. La faire s’exprimer sur son mal être ? Dangereux, si son bilan est trop profond et négatif elle va passer à l’acte (la jolie métaphore pour le suicide). Faut il changer son référentiel du bonheur ? Peut être.
Si je pouvais je lui prescrirais tout ce qui fait le cliché attendu, une belle vie bien remplie, des enfants adorables et aimants, des petits enfants présents et demandeurs de calins, des amies avec qui ronchonner un coup et regarder les séries télé, une bonne santé, parce que c’est bien connu, il faut mourir très vieux et en bonne santé surtout…
Et si je pouvais plus encore je prescrirais à la société de moins penser à un bonheur préfabriqué à chacun de rester inventifs de son destin sans pilules et sans gourous fussent ils des psy bien pensants ou mal pensants comme moi ;-)
mardi 21 août 2007
mardi 22 mai 2007
pareil
jeudi 5 avril 2007
contraception hormonale, humeur, comportement et libido...
Un sujet qui dérange...
Je me dis qu'un jour j'aborderai un sujet qui dérange... la contraception hormonale et son influence sur le comportement des femmes...
Car, quand même, comment peut on modifier le comportement, l'humeur, la libido de millions de femmes sans les en informer ?
J'ai eu moi même affaire à un gynéco qui a prétendu devant moi que les hormones prises pour la contraception n'avaient aucune influence sur le comportement, qu'elles ne "pénétraient" pas dans le cerveau... Je lui ai demandé par quel miracle ? Il me dit "maintenant elles sont microdosées". Je lui réponds "et alors ? Ca veut dire quoi ? Elles doivent nécessairement être suffisamment dosées pour contrer le cycle normal non ?" Silence du prévenu... Puis il me demande ma profession "chercheuse, justement sur le fonctionnement cérébral et le comportement intéressant non?".
Il me dit, "vous n'avez qu'à mettre un stérilet hormonal". Je lui dis "allons bon, beaucoup de femmes s'en plaignent car cela leur réduit leur libido à néant, cela dit, ça doit être efficace effectivement comme contraception, empêcher la libido... personnellement à choisir je préférerait un stérilet au cuivre". Il me dit "pas question ça provoque des hémorragies, non je vous prescrit un stérilet hormonal vos copines c'est psychologique ce qu'elles racontent, l'effet des hormones est uniquement local". Je réponds "non monsieur, il y a forcément un passage cérébral, de plus que pensez vous, que le psychologique flotte à coté du cerveau ? Quant à m'imposer un mode de contraception dont je ne veut manifestement pas est ce déontologiquement correcte? Si vous voulez me convaincre, donnez moi des arguments scientifiquement valables" Il me dit, "je vois, vous êtes une stressée..." je réponds en riant "je vois, vous êtes aussi très compétent en psychologie… vous avez fait des études de psycho ? »… Le monsieur m’a fait son ordonnance de stérilet hormonal sans plus rien dire, j’ai salué poliment, il ne m’a jamais revue.
Je pense personnellement que la variation de l’humeur en fonction du cycle hormonal est normale… Mais de nos jours, tout doit être sous contrôle chimique, y compris nos humeurs, y compris (aux EU) la vivacité des enfants… mais je m’égare, hum.
-------------------------------------------------------------
Edit.
Ce texte a été lu un nombre considérable de fois. Comme je m'étais faite agressée dans les commentaires par un médecin, blessé dans son envie de toute puissance sur les femmes/patientes, je rajoute ici plusieurs liens sur des études scientifiques qui parlent des effets des hormones sur le comportement.
Sur le choix du partenaire sexuel:
Un article paru dans "science et avenir" : voici le résumé en français :
http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/fondamental/20080813.OBS7284/attirance__genetique__et_contraception.html
Qui dit que des femmes sous pilule vont être plus attirées par des hommes aux odeurs génétiquement proches, contrairement aux femmes qui ne sont pas sous pilule qui choisissent des hommes génétiquement plus éloignés. Une hypothèse d'explication pourrait être que sous pilule la femme est plus proche du comportement de "gestation" donc va se rapprocher du groupe proche "protecteur".
Mais surtout la référence de l'article original par dans la revue scientifique "Proceedings of the Royal Sociaty" "MHC-correlated odeur préférences in humants and the use of oral contraceptives" S. Craig Roberts and coll., 2008. Proc. R. Soc B. 275, 2715-2722.
Pour la libido, les articles sur une possible relation entre les hormones sexuelles et le niveau d'intérêt sexuel sont pléthores. En gros on a une grande variabilité de la sensibilité des femmes à la prise d'hormones, certaines ayant un comportement sexuel "amélioré", d'autres "inhibé". De plus, comme dans tous les comportements complexes, (mais si, c'est complexe chez l'humain) on ne peut pas avoir de certitude bien que les expériences chez l'animal soient probantes. Une petite liste ?
Ott MA, Shew ML, Ofner S, Tu W, Fortenberry JD. The influence of hormonal
contraception on mood and sexual interest among adolescents. Arch Sex Behav. 2008. Aug;37(4):605-13.
Graham CA, Bancroft J, Doll HA, Greco T, Tanner A. Does oral
contraceptive-induced reduction in free testosterone adversely affect the
sexuality or mood of women? Psychoneuroendocrinology. 2007 Apr;32(3):246-55.
Davis AR, Castaño PM. Oral contraceptives and libido in women. Annu Rev Sex
Res. 2004;15:297-320. Review.
Enfin je ne rentrerai pas dans le sujet - trop douloureux pour moi- de la relation possible entre contraception orale et cancers hormonaux. Vous pouvez chercher vous même, il y a des choses que moi je m'interdit…
En conclusion: La pilule est une formidable méthode de contraception, mais cela n'interdit nullement une réflexion sur ses inconvénients et d'encourager à la recherche d'autres méthodes. Non, mais !
Je me dis qu'un jour j'aborderai un sujet qui dérange... la contraception hormonale et son influence sur le comportement des femmes...
Car, quand même, comment peut on modifier le comportement, l'humeur, la libido de millions de femmes sans les en informer ?
J'ai eu moi même affaire à un gynéco qui a prétendu devant moi que les hormones prises pour la contraception n'avaient aucune influence sur le comportement, qu'elles ne "pénétraient" pas dans le cerveau... Je lui ai demandé par quel miracle ? Il me dit "maintenant elles sont microdosées". Je lui réponds "et alors ? Ca veut dire quoi ? Elles doivent nécessairement être suffisamment dosées pour contrer le cycle normal non ?" Silence du prévenu... Puis il me demande ma profession "chercheuse, justement sur le fonctionnement cérébral et le comportement intéressant non?".
Il me dit, "vous n'avez qu'à mettre un stérilet hormonal". Je lui dis "allons bon, beaucoup de femmes s'en plaignent car cela leur réduit leur libido à néant, cela dit, ça doit être efficace effectivement comme contraception, empêcher la libido... personnellement à choisir je préférerait un stérilet au cuivre". Il me dit "pas question ça provoque des hémorragies, non je vous prescrit un stérilet hormonal vos copines c'est psychologique ce qu'elles racontent, l'effet des hormones est uniquement local". Je réponds "non monsieur, il y a forcément un passage cérébral, de plus que pensez vous, que le psychologique flotte à coté du cerveau ? Quant à m'imposer un mode de contraception dont je ne veut manifestement pas est ce déontologiquement correcte? Si vous voulez me convaincre, donnez moi des arguments scientifiquement valables" Il me dit, "je vois, vous êtes une stressée..." je réponds en riant "je vois, vous êtes aussi très compétent en psychologie… vous avez fait des études de psycho ? »… Le monsieur m’a fait son ordonnance de stérilet hormonal sans plus rien dire, j’ai salué poliment, il ne m’a jamais revue.
Je pense personnellement que la variation de l’humeur en fonction du cycle hormonal est normale… Mais de nos jours, tout doit être sous contrôle chimique, y compris nos humeurs, y compris (aux EU) la vivacité des enfants… mais je m’égare, hum.
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Edit.
Ce texte a été lu un nombre considérable de fois. Comme je m'étais faite agressée dans les commentaires par un médecin, blessé dans son envie de toute puissance sur les femmes/patientes, je rajoute ici plusieurs liens sur des études scientifiques qui parlent des effets des hormones sur le comportement.
Sur le choix du partenaire sexuel:
Un article paru dans "science et avenir" : voici le résumé en français :
http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/fondamental/20080813.OBS7284/attirance__genetique__et_contraception.html
Qui dit que des femmes sous pilule vont être plus attirées par des hommes aux odeurs génétiquement proches, contrairement aux femmes qui ne sont pas sous pilule qui choisissent des hommes génétiquement plus éloignés. Une hypothèse d'explication pourrait être que sous pilule la femme est plus proche du comportement de "gestation" donc va se rapprocher du groupe proche "protecteur".
Mais surtout la référence de l'article original par dans la revue scientifique "Proceedings of the Royal Sociaty" "MHC-correlated odeur préférences in humants and the use of oral contraceptives" S. Craig Roberts and coll., 2008. Proc. R. Soc B. 275, 2715-2722.
Pour la libido, les articles sur une possible relation entre les hormones sexuelles et le niveau d'intérêt sexuel sont pléthores. En gros on a une grande variabilité de la sensibilité des femmes à la prise d'hormones, certaines ayant un comportement sexuel "amélioré", d'autres "inhibé". De plus, comme dans tous les comportements complexes, (mais si, c'est complexe chez l'humain) on ne peut pas avoir de certitude bien que les expériences chez l'animal soient probantes. Une petite liste ?
Ott MA, Shew ML, Ofner S, Tu W, Fortenberry JD. The influence of hormonal
contraception on mood and sexual interest among adolescents. Arch Sex Behav. 2008. Aug;37(4):605-13.
Graham CA, Bancroft J, Doll HA, Greco T, Tanner A. Does oral
contraceptive-induced reduction in free testosterone adversely affect the
sexuality or mood of women? Psychoneuroendocrinology. 2007 Apr;32(3):246-55.
Davis AR, Castaño PM. Oral contraceptives and libido in women. Annu Rev Sex
Res. 2004;15:297-320. Review.
Enfin je ne rentrerai pas dans le sujet - trop douloureux pour moi- de la relation possible entre contraception orale et cancers hormonaux. Vous pouvez chercher vous même, il y a des choses que moi je m'interdit…
En conclusion: La pilule est une formidable méthode de contraception, mais cela n'interdit nullement une réflexion sur ses inconvénients et d'encourager à la recherche d'autres méthodes. Non, mais !
mercredi 4 avril 2007
soupe aux orties

J'ai osé... avec les jeunes pousses du jardin. Délicieux ! Les enfants ont ADORE !
La recette des audacieux:
J’ai ramassé un bon saladier de jeunes pousses d’orties. J’ai enlevé les tiges, gardé uniquement les petites feuilles bien tendres. Je me suis faite piquer… Un conseil sur la main qui tient les orties, mettez 2 gants, un fin en dessous et un gant de cuisine épais au dessus… J’ai découpé les feuilles des tiges au ciseau.
J’ai bien bien rincé à l’eau chaude.
J’ai fait revenir dans une marmite avec un fond de beurre quelques pommes de terre (5-6 pommes de terre moyennes), 3 carottes, 1 oignon coupés en gros.
Puis j’ai ajouté les orties et couvert d’eau. Salé, poivré, 1 c à café de coriandre.
J’ai laissé cuire 1 heure environ puis j’ai ajouté un grand verre de lait et une briquette de crème fraîche allégée (1/4 l). Re-cuisson, à feu très doux environ 20 minutes.
Ensuite j’ai laissé refroidir et j’ai passé le tout au mixeur. Puis j’ai remis dans la marmite à feux très très doux le temps qu’on passe à table…
Nb1. J'ai lu quelque part que les orties absorbaient beaucoup les éléments du sol, alors si vous en ramassez attention à le faire dans un endroit qui ne reçoit pas de produits chimiques.
Nb2. Il parait que c'est bon avec des jeunes pousses mais mauvais quand les orties sont grandes.
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